Déconstruction de la notion de « Projet »

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  • #25350

    ludou
    Participant

    pour rappel :

    Contrairement à une idée fortement répandue, il n’y aucune obligation légale à rédiger un projet pédagogique en suivant la méthodologie par objectifs. Le seul projet obligatoire étant le projet éducatif de l’organisateur. Ce qui est obligatoire c’est un document (et non un projet) défini par l’article R227-25 du CASF. Il dit simplement que ce document doit préciser :

    – la nature des activités pratiquées (et les conditions pour les pratiques sportives) ;
    – la répartition des temps d’activité et de repos (ici, pas besoin d’établir une journée-type) ;
    – les modalités de participation des mineurs ;
    – comment accueille-t-on les enfants avec un handicap ou un trouble de santé ;
    – le fonctionnement et la composition de l’équipe ;
    – les modalités d’évaluation de l’accueil (aucun type d’évaluation n’est préconisé) ;
    – les caractéristiques des locaux et des espaces.

    (article évaluer pour évoluer : une nécessité ?)

    #25495

    balthazaar
    Participant

    @matim
    Mais ça c’est si on part du postulat que c’est un outil figé. Or, là ou il devient intéressant c’est quand précisément il reste totalement adaptable et modifiable.

    Tu parles du projet pédagogique?
    En admettant que tes élus/organisateurs soient OK sur le principe du projet péda qui change toutes les 2 semaines, la DDCS l’est-elle aussi?

    Ou que dire d’un document écrit qui parle du comportement des personnes et qu’on utilise presque comme un contrat. En tout cas le document centralise un ensemble de règles (il perd tout son sens s’il est modifié tous les jours). Rien à voir avec une quelconque hiérarchie?

    Hm… le parallèle (avec la bombe atomique) est evidemment caricatural.
    En effet mais c’est plus pervers que ça. Ce n’est pas une personne qui utilise l’outil de la méthodo de projet qui va soudain se transformer en agent de la matrice. C’est plutôt du genre dix millions de personnes en situation précaire qui sont mis devant le choix (l’obligation?) d’utiliser la méthodo de projet ou d’accepter d’autres méthodes tout aussi dégueulasses.

    Autre chose pour moi la méthodo de projet c’est un élément qui pousse à l’innovation, je pense que les projets « adaptables et modifiables » sont la règle et non pas l’exception. Pas forcément parce que l’outil est adaptable et modifiable à la base, mais plutôt parce qu’il est utilisé par des gens qui ont l’obligation d’être adaptables et modifiables.

    Sinon Shaa, un « consensus mou » c’est pas un gros pléonasme ça ?
    Le consensus tout court c’est quand tout le monde est d’accord, le consensus mou c’est quand tout le monde ferme sa gueule et n’en pense pas moins.

    #25498

    Matim
    Participant


    Shaaa a écrit :
    L’outil en tant que tel, promu par les gestionnaires, est fondamentalement incompatible avec ce qu’est la relation humaine niant l’expérience entrain de se vivre et de se faire.

    Mais ça c’est si on part du postulat que c’est un outil figé. Or, là ou il devient intéressant c’est quand précisément il reste totalement adaptable et modifiable.
    Et pour ma part je n’ai aucun commanditaire sur mes methodes de travail, c’est un choix personnel, aucunement systématisé, et qui met à bas l’argument que le projet est là pour servir une hiérarchie ou un organisateur quelconque.


    Shaaa a écrit :Après, on peut accepter le consensus mou en disant que l’outil est neutre et qu’il n’est mauvais que par ses usages. M’en direz tant des armes et de la bombe atomique

    Hm… le parallèle est evidemment caricatural.
    Sinon Shaa, un « consensus mou » c’est pas un gros pléonasme ça ? :titille:
    Par définition c’est dur d’avoir un consensus radicalement tranché,tu crois pas ?
    Et oui, pour ma part je reste persuadé que c’est l’usager qui le fait devenir un outil dangereux ou utile, comme tout outil d’ailleurs..

    moilapa a écrit :
    Ce que je relève c’est l’utilisation de cette logique d’anéantissement de l’Autre accouplé à un discours « pour le bien des autres »
    //Qu’Est-ce qui fait chez toi que les violences que tu infliges jour après jour aux enfants qui te sont livrés, n’affecte en rien ta morale ? //Qu’Est-ce qui fait que la prise en compte de ces enfants en tant que personnes t’est impossible ?

    C’est toujours problématique et délicat de chercher à répondre à ce genre d’argumentation (qui n’en est finalement pas une) car on à le choix:
    Soit on rentre dans le jeu des affirmation ridicules et sans fondement, mais là j’ai peur de perdre: Penser à la place de l’autre, enfermer l’autre dans une case et le juger sans en connaitre ni ses valeurs, ni son fonctionnement au quotidien c’est pour ma part une capacité que j’ai du mal à maitriser.. et encore moins en lisant dans la boule de cristal du forum !
    Mme Irmoilapa tu te trompes loudement. Je peux dire ça ?

    Et cela devient encore plus difficile à suivre quand la prose tourne autour des malédictions souhaitées sur son interlocuteur et sa famille juste pour « imaginer que d’autres adultes fassent subir à leurs enfants ce que eux
    font subir aux enfants à leur merci. »
    …hm.. étrange comme discours ça, non ? (quoique pas si surprenant..). J’imagine que ce type de phrase c’est révélateur de rien du tout bien sur…
    Mais rassure toi sur ce point, ma progéniture va très bien et semble ravie d’être quotidiennement détruite par mes methodes et celles des animateurs du centre de loisirs qu’ils fréquentent. Ils sont même addicts ! cool , n’est il pas ? ;-)

    Soit on essaye d’expliquer à son interlocuteur qu’il se plante dans sa prédiction et qu’il devrait faire plus confiance à ceux qui se sont engagés dans l’animation et dans les loisirs des différents publics. Ces personnes n’ont pas forcement comme ambition commune et larvée la destruction massive des cerveaux et l’anéantissement de générations entières d’enfant.
    C’est juste une question de confiance dans les autres et aussi un peu de prise de recul. Juste une question de finesse , d’empathie et d’acceptation d’autres pratiques possibles Moilapa. Ne vois pas forcement tes congénères qu’a travers un prisme binaire.. 0 ou 1. Les nuances quoi, tu vois ? Et puis la richesse intellectuelle n’est elle pas issue précisément des différences ?

    Alors juste je peux te dire que tu es loooinn de ce que je vis au quotidien et de ce que je « fais subir aux autres », mais je suis également terriblement conscient qu’il est impossible de te demander, ne serait-ce que d’envisager, que tu puisses te tromper. C’est dommage.

    **

    #25514

    Shaaa
    Participant

    Au-delà de la notion (et on peut renvoyer à Sartre ou Castoriadis comme le faisait Solleana), il y a quand même une sacré tendance à renvoyer la méthodologie qui a un paquet de torts à ramener avec elle.

    L’outil en tant que tel, promu par les gestionnaires, est fondamentalement incompatible avec ce qu’est la relation humaine niant l’expérience entrain de se vivre et de se faire. Penser les valeurs et les finalités, c’est une chose. Réfléchir après coup sur ses pratiques, c’est une deuxième chose… mais elles peuvent se faire en étant totalement indépendantes d’une quelconque méthodologie de projet.

    Après, on peut accepter le consensus mou en disant que l’outil est neutre et qu’il n’est mauvais que par ses usages. M’en direz tant des armes et de la bombe atomique… :titille:

    Pour ton projet péda… Chiche ! :-D

    #25538

    Makh
    Participant

    Tu mélanges quand même la notion de projet et UNE méthodologie (certes prédominante) spécifique.

    Les textes parlent simplement d’un document élaboré par le directeur de l’accueil, en concertation avec l’équipe, qui contiendrait quelques thématiques comme l’organisation des temps d’activités et de repos, le fonctionnement logistique, etc.

    Si tu le souhaite je te ferais passer mon projet pour l’été qui arrive et je met au défi d’y trouver une quelconque trace de logique capitaliste, putain ça me ferait vraiment mal au cul.

    #25561

    moilapa
    Participant

    Oui, Matim : toujours ce même discours, qui fait que l’on ne
    peut supporter d’être agressé soit, quand la question des violences de ses
    propres pratiques qui violentent tous les jours d’autres que soit ne semble pas poser de
    problèmes existentiels…

    Et pour ma part aucune recherche de sainteté, de prétention évanlégique, humaniste,
    bienfaitrice…
    Quelqu’un qui arriverait ici en assumant :
    « Oui, je sais pertinemment que cet outil projet est un outil industriel qui fait de l’humain
    une marchandise, un objet » ne me poserait aucun problème.*

    Ce que je relève c’est l’utilisation de cette logique d’anéantissement de l’Autre accouplé à un discours « pour le bien des autres » (ici des enfants)
    quand il ne s’agit que de soi.

    aucun problème avec quelqu’un qui dirait :
    Dans cette soumission au pouvoir, je m’en prends à ce qu’il y a d’encore
    insoumis chez l’enfant, de pas encore dominé, et qui représente toute ma lâcheté…
    Mais il faut bien vivre : entre prendre en compte des personnes qui ne sont pas moi (de simples
    enfants) et moi, il n’y a pas photo : j’ai besoin d’argent, d’avoir un travail. Si on me demande d’utiliser
    un outil qui nie l’humanité de ces enfants, cela ne me pose aucun problème. »
    Je vous fait juste grâce d’un « pour le bonheur de ces petits anges »

    Qu’Est-ce qui fait chez toi que les violences que tu infliges jour après jour aux enfants qui
    te sont livrés, n’affecte en rien ta morale ? Qu’Est-ce qui fait que la prise en compte de ces enfants en tant
    que personnes t’est impossible ?
    Voilà ce qui m’intéresse ici…
    Il ne s’agit aucunement de dire que j’ai raison ou que je suis parfait : je n’ai aucune illusion
    sur moi, ce qui me permet d’en avoir aucune sur les autres… là différence, c’est que je prétends à rien
    (qu’à vouloir détruire peut être)

    C’est ce dont je parle s’agissant d’empathie : même quand il s’agit de penser l’autre,
    on pense à partir de soi !!!
    Je trouve ça fascinant…

    Sinon : cette idée qu’il n’y a pas de bons ou mauvais animateurs ?
    ‘au delà de demander aux premiers intéressés, les enfants, ce qu’il pense de cette pensée
    plus chiée que produite par le cerveau)

    Bien entendu qu’il y a des bons animateurs et d’autres mauvais.
    Juste : ce ne sont pas là des conditions permanentes, ni objectives (on a vu
    que de demander leur avis aux enfants donnera un autre point de vue)
    En prétendant ce genre de connerie, on voudrait évacuer le fait que les gens puissent
    avoir un avis, puissent éprouver (on en revient à cette idée de machine, d’objet)

    Comme il y a de bonnes et mauvaises personnes.
    Là aussi rien de permanant : on pourra trouver quelqu’un d’agréable compagnie au bistrot
    à 18 heures, qui pourra en rentrant chez elle tuer sa petite fille de 5 ans à coups de pieds et de poings,
    pour prendre un exemple récent… (ou plus exactement d’âchever la petite fille,
    après lui avoir tenu les bras pendant que sa gentille maman la torturée : une soirée comme une autre
    dans l’humanité…)
    Ces gens peuvent par ailleurs d’être de charmantes personnes… la petite
    fille elle aurait sans doute eu un avis plus nuancé..
    Il en va t de même évidemment des animateurs : quel abruti
    pourrait prétendre extirper l’humain de l’animateur ??????

    Ca me fait penser à une andouille sur un Bafa qui disait :
    « Ce n’est pas toi qu’on critique, c’est ce que tu… »
    – Mais bien entendu que c’est toi qu’on critique !!!! Comment pourrait-on
    séparer une personne de ses actes !!!!!
    Ce qui fait une personne, c’est ce qu’elle pense, ce qu’elle fait… ce tout.

    Quel discours de merde !

    Alors oui « bon ou mauvais » est un point de vue
    (j’ai par exemple immensément plus de respect pour les
    habitants de Sodome et Gomorrhe que pour ceux qui vont à la messe)
    mais ça ne diminue pas l’avis que je peux avoir.

    Ce discours de « il n’y a pas de mauvais ou de bons animateurs »,
    n’Est-ce pas une première « preuve » de ce que seraient ces animateurs mauvais, des minables ?
    L’avis des enfants étant un premier bon aperçu de ce que
    tous les animateurs ne se valent pas, comme de ce que toutes les
    personnes ne se valent pas (quel est le connard qui voudrait prétendre
    ça ?)

    #25567

    balthazaar
    Participant

    Pour citer à nouveau Franck Lepage, que j’ai découvert dans ce sujet :
    rationalisation des choix budgétaires -> gestion par objectifs -> méthodologie de projet.

    On peut considérer ça comme un aboutissement, mais si on continue, on se dirige peut-être vers :
    benchmarking -> aliénation complète (marx) -> pratique inhumaines.

    Pour continuer sur Lepage, il a bien exprimé le fait que le vocabulaire structure nos relations. Dans notre vie, si on veut aller à la plage avec notre famille, on ne démarche pas sa femme et ses enfants avec un document de projet pour leur exposer nos objectifs opérationnels, les moyens mis en œuvre, et une liste d’indicateurs tangibles et chiffrés de la qualité de notre action.
    On utilise ces méthodes et terminologies au travail et sans aucun doute ça transforme nos pratiques. Le projet n’est pas qu’un outil pour l’animateur. Il est aussi un outil pour les gens qui ont le pouvoir et/ou l’argent.

    Aussi Matim lorsque tu décris des gens qui agiraient selon leurs convictions, leurs compétences et leur public, tu oublies de décrire la relation hiérarchique. La méthodo de projet est le centre de l’institutionnalisation (et de la « rationalisation ») des comportements des directeurs, des animateurs, et des enfants.

    #25573

    Matim
    Participant

    Sur la forme,
    A nouveau je saisi mal ce besoin inné, chez moilapa, d’être agressif pour exprimer son opinion (à moins de ne pas en être conscient, s’est-il déjà interrogé à ce sujet ? lui qui aime la remise en question, c’est le moment..). Manifestement je ne suis pas le seul et a priori le pb se pose sur d’autres sujet de ce forum.
    Il est assez étrange de voir que, pour quelqu’un qui refuse l’enfermement, tout ce qui ne rentre pas dans sa façon de penser est systématiquement caricaturé, brocardé, balayé.
    C’est moche de prendre les autres (c’est à dire ceux qui ne pensent pas comme soi) pour des incultes, des cons et des incapables de penser). Il y a donc « les autres » et « soi ». Bien.
    Cette façon de faire décrédibilise en partie le discours, c’est dommage car je prends la peine de lire chaque intervention.
    Pire, et + dangereux, c’est cette capacité récurrente à penser et décider à la place de l’autre .. là c’est carrément pathologique.

    Pour ma part je suis conscient qu’on ne fait pas tous le même métier et qu’il est absurde de vouloir mettre tout le monde dans une case.
    Une personne comme Moilapa est-elle en capacité d’accepter qu’il puisse exister d’autre façon de penser que la sienne ?
    Est-elle en capacité d’accepter que d’autres puissent travailler sur cette planète sans forcement faire comme ELLE a l’habitude de faire ?
    Est elle aussi en capacité de comprendre qu’au quotidien on ne fait pas tous des bestioles en mousse ou des épées en rouleau de PVC ?

    Sur le projet,
    Là encore je me garderai bien rentrer dans ce faut débat neuneu-simpliste qui consiste à opposer les pro-projet et les anti-projet car il n’y a evidemment pas 2 cases.. 2 camps.
    Chaque animateur/ directeur ou organisateur dose à SA façon l’utilisation de cet outil. Au final il n’y adonc pas les cons-dangereux et les gentils-animateurs; il y a juste des personnes qui interagissent en fonction de leur conviction, de leur compétences et de leur public.

    Agiter le spectre des gamins traumatisés par un animateur manipulant la notion de projet c’est juste récréatif mais pas une seconde crédible. Suffit d’avoir une vie sociale, familiale, professionnelle pour s’en rendre compte au quotidien (et pas que sur un centre de quartier ou un forum de site internet..).

    Sans répéter ce que j’ai déjà exprimé sur ce fil (il y a 40 ou 50 pages..), il n’y a pas d’animateur bon ou mauvais, il y a des être humains qui sont ce qu’il font de cette notion de projet. La palette est donc large, les nuances infinies et au final le résultat n’est evidemment pas aussi caricatural que celui qu’on peut lire ici.

    A ceux qui s’interrogent encore, le projet n’est ni sale, ni dangereux, ni obligatoire ni incontournable. Il faut savoir l’utiliser pour qu’il reste au service de l’animateur et du public et non l’inverse. Les exemples de projets enfermants existent, oui, mais les prendre pour en faire une généralité c’est de la malhonnêteté intellectuelle..

    C’est bien cette généralité dans ce discours cloisonnant qui me dérange : c’est juste de l’intolérance, couplée à une incapacité à élargir le champ de ses œillères..
    J’imagine mal tenir le discours suivant qui consisterai à qualifier d’inculte ou d’incapable la personne qui n’arriverait pas à voir l’intérêt possible d’une méthodologie de projet.

    Sortez de vos cases, tout n’est pas blanc ou noir, tout n’est pas binaire bon ou mauvais, il y autant de façon de faire qu’il y a d’animateurs et c’est là la richesse de ce métier: les relations humaines et les partage de pratiques centrées sur les envies et besoins du public concerné.
    En cela il peut être tout a fait compatible avec l’action en train de se faire, il n’y a pas de filtre.

    Mais, aborder l’animation par cet unique prisme du projet , oui c’est ridicule et cloisonnant, mais utiliser cet outil une fois qu’on a compris le sens de son action et la demande du public (enfant, adulte.) alors il n’y a rien de « dangereux » , au contraire, cela permet d’éviter de s’enfermer dans une habitude de fonctionnement.
    Le projet, partagé, est un vecteur de communication et d’échange de pratique (échange indispensable au sein d’un équipe). L’erreur basique consisterai à croire que le projet est quelque chose de figé.

    **

    #25583

    moilapa
    Participant

    La grande majorité des animateurs qui utilise cet outil de contrôle
    qu’est la méthodologie de projet le fait pour une simple raison : parce qu’on leur a juste demandé !!!
    C’est aussi bête que ça !
    Ce qui fait que quand in situ on échange sur ce qu’est réellement cet outil,
    il est très facile pour eux de s’en débarrasser… Seront-ils ensuite suffisament
    armés pour continuer à penser lorsqu’ils se retrouveront à nouveau dans de l’animation
    façon sociocul, ça, c’est un autre problème. A commencer par celui de la lâcheté propre à chacun…

    Et il y a une petite minorité dont toute la vie professionnelle repose sur cette obscénité,
    cette absurdité qu’est la méthodologie de projet qui fait des rencontres humaines, de ce qui ne peut
    entrer dans des cases un « produit comme un autre »…
    Ces personnes ne peuvent viscéralement pas se débarasser de cette obsénité dans la façon de penser l’Autre,
    parce qu’il leur faudrait se débarrasser d’une partie d’eux-mêmes. Une partie de ce qu’ils sont.
    Il leur est impossible de reconnaître que ce qui a fait pour eux office de « pensée » ne soit qu’une énorme bêtise,
    que des années durant ils n’ont dit que des conneries avec aplomb… (et je désignerais l’éducation scolaire comme la
    cause de cette faculté à défendre la connerie coûte que coûte, pour plaire à ceux qui en ont
    passé commande, ces supérieurs hiérarchiques…

    Ces personnes-là (des gens comme Matim), sont paradoxalement les personnes les moins capables de comprendre
    ce qu’est cet outil, ses enjeux…
    On aura beau leur mettre le nez dans leur merdre, dire ce qu’est cette volonté de contrôle de l’Humain, de ce qu’il y a d’incontrôlable dans les rapports humains,
    liés des textes de penseurs, chercheurs… ils resteront piégés par leur propre égo.

    Cela ne sert à rien de leur dire ce qu’est la réalité de cet outil obscène, de ce qu’il y a d’immensément contradictoire à penser
    le rapport aux autres par le prisme de cet outil industriel, ils n’en démordront pas : comment remettre en cause cette foutaise
    sans se remettre en cause soi ???? Sur ce quoi une grande partie de ce que je suis repose !!!

    Peu importe que dans cette vision de l’Autre, l’enfant n’est qu’objet,
    marchandise, que l’on pèse, que l’on vérifie en bout de chaîne : aucune autre personne que soi
    n’a plus d’importance quand il s’agit d’égo…

    Avec comme ultime défense, qui elle n’est pas propre à notre
    domaine d’intervention, de prétendre « que l’on fait tous pareil, que l’on
    utilise tous ce prisme pour penser l’Autre…. Le justificatif ultime qui
    au passage permet de se dédouaner de ce que l’on fait…

    Ceux-là sont des salopards, quand la majorité des anim’ sont juste des suiveurs,
    font juste ce qu’on leur demande : appuie sur ce bouton…
    eux voient bien in situ la réalité de cet outil (et au passage
    son parfait « in productivisme », un comble pour un outil pensé pour l’industrie…

    Les êtres humains ne seraient pas (que) des marchandises ?

    Tout au plus faudrait-il espérer que ces personnes soient parents et qu’on leur
    donne à imaginer que d’autres adultes fassent subir à leurs enfants ce que eux
    font subir aux enfants à leur merci… et encore…

    Comment extraire de la pensée de ces gens que l’enfant n’est pas leur ennemi,
    l’objet à maîtriser, à calibrer ?

    #25598

    Shaaa
    Participant

    Le plus drôle étant ce passage :

    Elle comporte d’abord une dimension politique, en ce sens qu’elle va à l’encontre de l’esprit gestionnaire qui anime les instances qui entendent rationnaliser le financement de l’animation socio
    culturelle en soumettant ce secteur d’activité à une logique instrumentale. Elle revêt ensuite une
    composante théorique, étant donné qu’elle met en cause le schème de l’action rationnelle qui structure la formation professionnelle des animateurs, entraînés à planifier leurs actions à la manière de
    projets, dont ils sont appelés à expliciter les objectifs généraux et les objectifs opérationnels et à décl
    iner ces derniers en un ensemble de moyens. Enfin, la mise en œuvre du jeu de langage de l’action s
    ituée est un enjeu pratique parce qu’elle interroge nos manières les plus ordinaires de construire des ré
    cits, et donc la façon dont les animateurs s’y prennent habituellement pour parler de leurs activités. Il
    n’est pas facile de raconter les activités d’animation sous une forme qui fasse apparaître que leurs objec
    tifs sont l’un de leurs aboutissements ; que leur déroulement a progressivement donné forme à des sujets qui ont subi le développement d’une situation à la constitution de laquelle ils ont participé ; que
    l’environnement a été l’un des aspects de cette dynamique.

    Il correspond tout à fait à l’inanité des écrits que l’on retrouve en BP, DE ou CQP voire en BAFD avec des listes d’éléments, sans récits, sans contextes, inscrits dans des cases ou des tableaux départageant ‘objectifs généraux, opérationnels, moyens, évaluation’. Chose que bien formateurs, certificateurs regrettent ou déplorent même en jury… Changer d’outils ? Jamais ! :-D

    Et je crois que tu te trompes Matim sur la considération de l’outil car c’est bien lui (au-delà de ses usages) qui induit une vision rationnelle de l’action, ou une conception de « l’action planifiée » pour reprendre le terme de Terzi. En l’appliquant ou en y répondant, on suit une logique particulière qui nie et occulte l’expérience et l’action entrain de se faire.

    #25599

    Matim
    Participant

    Quel mépris des autres…
    moilapa a écrit :
    Trop intéressant pour juste laisser un lien et espérer la curiosité dans un
    milieu professionnel où cette qualité est quasi absente…
    A part chez toi bien sur… parmi les nombreuses autres de tes qualités j’imagine.

    ce milieu complètement cinglé
    où l’humain n’a pas sa place…
    A part dans ton fonctionnement bien sur…

    Et sinon la turgescence de l’ego c’est aussi une caractéristique des animateurs ? :roll:
    C’est moche cette façon de réduire les autres comme ça et de les considérer comme des incapables.

    ——
    Au delà de ces constats grossiers, et pour en revenir au sujet, le projet est, et reste, au service de l’animateur et des participants concernés, et pas l’inverse. On peut toujours se focaliser sur ces quelques exemples de dérives malsaines du projet « enfermant » et faire croire que c’est une généralité.. c’est un angle d’approche possible mais pas représentatif.

    Comme tout outil de travail il doit être utilisé après une phase d’apprentissage et de formation, sinon aucun intérêt pour personne si on ne le comprend pas, evidemment.
    Ce qui est assez rigolo c’est que finalement ce sont les mots qui dérangent- « méthodologie », « projet »- alors même que chacun d’entre vous/nous, utilisons cette notion de projet sans forcement la passer à l’écrit.
    Enfin, ce type d’outil (et j’y inclus les évaluations maléfiques qui « font peur ») est aussi un bon moyen de pouvoir transmettre des idées, une action et pouvoir les partager tout en vérifiant l’efficience des actes (je rejoints Makh dans ses propos).

    Un projet (et sa méthodologie) n’est pas figé et ce serait réducteur de vouloir le mettre dans une seule et unique case.

    Il s’agit incontestablement d’une description possible de certaines actions.
    Possible.Pas obligatoire ni systématique.
    Un outil ne devient intéressant que lorsque celui qui l’utilise en a compris le sens et le but, lorsque il l’utilise à bon escient.
    Sinon, oui, il peut être destructeur.

    **

    #25602

    Makh
    Participant


    moilapa a écrit :
    Qui de nous deux prétend éduquer ?

    Je ne prétends pas, je l’assume, toi aussi tu éduques.

    Quand au texte du sieur Terzi oui, soit.

    Mais rien de nouveau, d’ailleurs Moilapa il est moins critique que toi sur la notion de projet. Il explique juste que le raisonnement ne doit pas se faire à sens unique (entre la théorie et l’action), mais que les deux s’enrichissent mutuellement. J’en parlais déjà avec toi (dans ce même sujet je pense) quand je disais que le fait d’écrire permet non en partie de se fixer des « objectifs » (axe de travail commun) mais aussi et surtout de réfléchir à la cohérence de nos actions, chose que tu fais en permanence et de façon constructive, je trouve, pour qui souhaite passer outre les noms d’oiseaux.

    #25608

    moilapa
    Participant

    Trop intéressant pour juste laisser un lien et espérer la curiosité dans un
    milieu professionnel où cette qualité est quasi absente…

    Le regard de quelqu’un d’extérieur à l’animation sociocul,
    et qui a dû pas mal halluciner en observant ce milieu complètement cinglé
    où l’humain n’a pas sa place…

    Les  conceptions  instrumentales  de 
    l’action  reposent  sur  une  anthropologie  utilitariste.  C’est  dire  qu’elles  conçoivent  l’être  humain  en référence  à  l’idéal  normatif  d’un  individu  stratégique,  voué  à  considérer  son environnement comme un 
    ensemble de ressources à exploiter dans le seul but d’atteindre ses objectifs. 
    Il  s’agit  incontestablement  d’une  description  possible  de  certaines  actions.  Mais  force  est  de 
    constater  que  d’innombrables  activités  humaines  échappent  à  ce  modèle.  Plus  généralement  encore, 
    bien peu d’actions se réduisent à la stricte mise en œuvre d’une  telle  rationalité  froide  et  calculatrice. 
    Pour  le  dire  autrement,  la  conception  instrumentale  de  l’action  ignore  des  caractéristiques 
    fondamentales de l’agir humain, et en particulier ce qui en fait la valeur aux yeux de ceux qui agissent.

    Chacune des andouilles qui a à la bouche ces termes de projets,
    d’évaluation et autres conneries se reconnaîtra aisément :
    Je pense que ce chercheur a dû beaucoup rire en entendant des andouilles
    essayer de lui expliquer ce qu’il y avait là de « penser », essayer de défendre des
    concepts et outils totalement inaccessibles à leurs capacités intellectuelles :

    Comme j’ai tenté de le suggérer, ceux qui adoptent cette manière  de  concevoir  l’action  pour 
    décrire  les  activités  d’animation  confèrent  à  ces  dernières  les  attributs  d’activités  rationnelles.  De  la 
    sorte,  ils  les  font  entrer  dans  le  monde  des  actions  stratégiques,  dignes  de  retenir  l’attention  des 
    gestionnaires.  Mais  l’acquisition  de  cette  notoriété  a  un  coût.  Réduire  la  description  des  activités 
    d’animation à un agir rationnel et stratégique, c’est ignorer tout ce qui, en elles, échappe à la rhétorique 
    des objectifs et des moyens pour les réaliser. C’est finalement laisser tomber l’essentiel de ce qui fait le 
    sens des animations pour tous ceux qui y prennent part. 

    Au delà du discours réaliste des gestionnaires dont le seul soucis (logique dans leur logique) est de rendre
    compte aux différents financeurs de la rentabilité des fonds distribués, quel n’a pas dû être son effarement en écoutant des directeurs ou animateurs du sociocul…

    J’aime bien son allusion aux meubles Ikea : je trouve que c’est une bonne
    image pour parler de cette animation : des bougres qui font avec leurs moyens
    (les animateurs) pour faire rentrer dans des outils pensés pour l’industrie ce qui ne peut l’être :
    toute la complexité et l’indéfinissable, le chaos, « linmaîtrisable » que sont les rencontres humaines…

    Cet animateur, ce paumés qui n’a comme seule pensée un plan Ikea pour tenter de décrypter toute la complexité de l’humanité, et d’essayer de la réduire
    à des statistiques, des bilans exhaustifs qui se voudraient avoir sens…

    Tout ceci revient à dire que la plasticité est une qualité essentielle des actions que nous 
    entendons  mener  à  bien.  Ainsi,  l’action  en  train  de  se  faire  n’est  pas  pilotée  par  un  but  final.  Plus précisément,  si  les  actions  sont  dotées  d’un  objectif,  celui‐ci n’est pas tant défini en amont de l’action, qu’il  est  accompli à son terme. Autrement dit, l’objectif n’est pas à envisager comme un  projet,  mais  au  contraire  comme  l’une  des  réalisations  de  l’action,  qui  prend  forme  et  gagne  en  consistance  à  mesure 
    que  nous  agissons.  C’est  dire  que,  si  nous  entendons  rendre  compte  de  la  dynamique  des  actions  en 
    train  de  se  faire,  nous  devons  remettre  les  objectifs  à  leur  place.  Nous  devons  les  faire  apparaître  non 
    non pas tant à l’origine de l’action que comme l’un de ses aboutissements. Ce qui implique que nous renoncions  à  la  rhétorique  du  projet  et,  plus  largement,  aux  récits  linaires  que  nous  organisons  en 
    référence à la visée d’un point final qui apparaît comme donné d’avance

    #25609

    Shaaa
    Participant

    Et un petit nouveau pas facilement trouvable sur le projet et ses tendances gestionnaires par Cédric Terzi.

    Texte issu des journées romandes de l’animation : http://www.anim.ch/?page=611

    http://cyberlearn.hes-so.ch/pluginfile.php/327552/mod_resource/content/0/cedric_terzi_evaluation_texteintegral.pdf

    #27847

    moilapa
    Participant

    Qui de nous deux prétend éduquer ?
    Y’a t-il pensée plus politique que celle de
    prétendre éduquer l’Autre !
    N’Est-ce pas le summum s’agissant de prétention
    à savoir à la place de l’Autre ?

    Qui est celui qui prétend savoir ?
    Moi qui n’attend rien des enfants, et surtout
    pas de les « éduquer » ?
    Ou toi et tes valeurs à la con qui te semblent
    si belles qu’il faille les imposer aux gamins ?

    #27916

    Makh
    Participant


    moilapa a écrit :
    Non. Parce qu’il ne s’agit pas de convaincre :
    j’ai trop de mépris pour ces gens qui déclarent
    leur « altruisme »…

    Tu prendrais le temps de discuter si tu ne voulais pas convaincre. La seule chose qui t’intéresse c’est une tribune, l’idée que ton avis soit lu et assimilé. Tu es totalement dans une démarche politique, tu sais ce qui est bon pour les autres, tu sais ce qui est bon pour les enfants, tu sais.

    #27923

    moilapa
    Participant

    Non. Parce qu’il ne s’agit pas de convaincre :
    j’ai trop de mépris pour ces gens qui déclarent
    leur « altruisme »…

    Il s’agit juste de ne pas laisser librement
    s’étendre ce discours à vomir « je fais de l’animation
    pour le bonheur des enfants » qui pouvait
    être de mise ici « à une époque », et que l’on
    revoit « surgir » de temps en temps…

    Le vrai intérêt étant « sur le terrain » où là
    les gens ne peuvent pas fuir…

    #27951

    Makh
    Participant


    moilapa a écrit :
    Sur cet altruisme que les crétins voudraient
    dénué de plaisir pour celui qui donne :
    façon « je fais de l’animation pour le bonheur
    des enfants » (le bonheur des enfants ça
    serait que tu finisses sous un bus)
    Cette « gratuité du don » : faire de l’animation pour
    les autres et non pour soi ! Se prétendre
    « absent » de ces actions, de ces plaisirs…

    « le souci de l’autre » : émission de radio de
    France Inter « sur les épaules de Darwin »
    de ce samedi (27 décembre)
    http://www.franceinter.fr/emission-sur-les-epaules-de-darwin

    Evidemment que l’altruisme est source de
    plaisir, que l’on puisse tirer de la satisfaction
    pour soi quand on fait de l’animation enfants…
    Et que l’on fait de l’animation avant tout
    pour soi !!!
    Ce qui n’empêche en rien que l’on puisse apporter
    à l’Autre. Au contraire : ces sacs à merde qui
    prétendent n’être là que « pour le bonheur
    des enfants », sont potentiellement cette
    violence séculaire envers les enfants :
    comment prétendre prendre en compte
    l’Autre, sa singularité, si l’on prétend dés
    le départ ne pas se prendre en compte soi ?
    Dans cette chosification de l’enfant, cette
    glorification d’un enfant qui n’existe pas,
    Saint, ange…
    Ce discours nauséeux cache un égocentrisme
    malsain, où l’on espère briller dans le regard
    des autres, en tant que Mère Thérésa de
    l’animation… où l’on arrive à se faire croire
    à soi même sa sainteté, sa béatitude :
    Ces animateurs puent la merde…

    C’est la société qui pue la merde, les gens n’ont moralement pas le droit d’être l’objet principal de leurs actions, ils doivent, leur dit-on dès leur plus tendre enfance, se greffer à un idéal plus grand, qui la religion, qui l’humanité, qui la république, qui les trois à la fois, etc.

    Il suffit de tenir ce discours avec des gens face à toi pour se rendre compte que la plupart sont en réalité d’accord avec cette vision des choses, ils sont même souvent intéressés de savoir quel « vide » ils essaient de combler et pourquoi ils ont choisit ce type de boulot plutôt qu’un autre.

    On dirait que tu hurles sur un aveugle en lui intimant de « regarder la réalité en face ». Je pense que tout le monde y gagnerait si tu t’astreignais à lui décrire le paysage.

    #27958

    crevette76
    Keymaster


    moilapa a écrit :
    « le souci de l’autre » : émission de radio de
    France Inter « sur les épaules de Darwin »
    de ce samedi (27 décembre)
    http://www.franceinter.fr/emission-sur-les-epaules-de-darwin%5B/quote%5D
    pour les paresseux ou ceux qui ne trouvent pas

    #27959

    moilapa
    Participant

    Sur cet altruisme que les crétins voudraient
    dénué de plaisir pour celui qui donne :
    façon « je fais de l’animation pour le bonheur
    des enfants » (le bonheur des enfants ça
    serait que tu finisses sous un bus)
    Cette « gratuité du don » : faire de l’animation pour
    les autres et non pour soi ! Se prétendre
    « absent » de ces actions, de ces plaisirs…

    « le souci de l’autre » : émission de radio de
    France Inter « sur les épaules de Darwin »
    de ce samedi (27 décembre)
    http://www.franceinter.fr/emission-sur-les-epaules-de-darwin

    Evidemment que l’altruisme est source de
    plaisir, que l’on puisse tirer de la satisfaction
    pour soi quand on fait de l’animation enfants…
    Et que l’on fait de l’animation avant tout
    pour soi !!!
    Ce qui n’empêche en rien que l’on puisse apporter
    à l’Autre. Au contraire : ces sacs à merde qui
    prétendent n’être là que « pour le bonheur
    des enfants », sont potentiellement cette
    violence séculaire envers les enfants :
    comment prétendre prendre en compte
    l’Autre, sa singularité, si l’on prétend dés
    le départ ne pas se prendre en compte soi ?
    Dans cette chosification de l’enfant, cette
    glorification d’un enfant qui n’existe pas,
    Saint, ange…
    Ce discours nauséeux cache un égocentrisme
    malsain, où l’on espère briller dans le regard
    des autres, en tant que Mère Thérésa de
    l’animation… où l’on arrive à se faire croire
    à soi même sa sainteté, sa béatitude :
    Ces animateurs puent la merde…

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