une journée comme une autre en claé

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  • #118917

    moilapa
    Participant

    Hors temps claé, à 3 heures, je vais dans la salle des instit’ pour discuter avec la maîtresse. Pour ne pas qu’il y ait interférence entre ce qui est fait en classe autour de la souris et notre construction. J’apprends à cette occasion que la maîtresse ne leur a rien demandées.
    Je ne crois pas que les 4 filles aient voulu me duper en me disant que « la maîtresse avait demandé. » C’est juste que ces enfants n’imaginent même pas avoir voix au chapitre, que leur avis, leur demande puisse être prise en compte. Il leur semblait impensable que ce soit une de leurs idées qui soit le déclancheur de quelque chose. Et que donc en disant que ça venait d’un adulte…
    C’est plus le constat d’un échec de ce qu’est l’animation où les enfants, quoi qu’en disent les projets pédagogiques, ne sont que ballotés dans ces temps d’animation, spectateurs juste bons à consommer les idées mises en place par les adultes trop souvent incompétants.
    Le point de vue de la maîtresse est « légèrement » différent de celui des gamines : là, la question n’est pas de savoir si les rideaux des mini fenêtres de la chambre d’amis seront roses, mais de l’espace minimum nécessaire, des impératifs…
    La maîtresse est finallement anthousiaste. Parce qu’il y a bien par contre projet en classe de faire une plus grande cage, mais pour l’instant elle ne savait comment s’y prendre… en fait, je crois que c’est une aubaine pour elle.

    La maîtresse m’invite en classe (et les 4 gamines sont toutes contentes de me voir débarquer : ce sont elles les déclancheurs de tout ça). Je fais connaissance avec la bestiole et l’on discute avec la classe, pour savoir ce dont il faut tenir compte pour construire cette cabane.

    Atelier suivant : cette fois, je me consacre au groupe. J’installe une table dans la cour. Des 4 enfants du début, on passe à une vingtaine, dont certains ne sont pas de la classe.

    Tout de suite, gros gros « clash » avec la commandeuse qui n’accepte pas les autres (et qui n’accepte pas que lui échappe ce rôle central au sein de sa cour de courtisanes obéissantes) Et elle a un ton qui me donne envie de l’étrangler.

    – puisque c’est ça, je m’en vais.

    Et elle part, ses courtisanes sur ses talons, elles aussi avec un visage offusqué, comme celui de leur princesse.

    Je dis juste « d’accord » et avec les autres enfant on commence : on a récupéré une grande table qui devait partir à la poubelle. On a aussi récupérer de grandes plaques de plexiglass apportées par un papa qui travaille à Tisséo (le métro et les bus d’ici). Il travaille plus particulièrement à la « com » et ces grandes plaques servent à tout ce qui est l’affichage.

    La princesse (et ses sbires) revient au bout de 2 minutes, puisque le monde continue visiblement de tourner sans elle. Le projet leur tient trop à coeur pour en être éloignées.
    Pour ne pas perdre la face, elle lance un « Oui, mais c’est nous qui avons eu l’idée ».
    On convient que c’est bien elle 4 qui ont l’idée. Mais que d’autres peuvent très bien participer à tout ça : que plus il y aura de monde, plus il y aura des idées trop bien pour la cabane.
    Mais je sens bien que tout ça n’est pas réglé. La commandeuse notamment s’en prend à plusieurs reprise à une fille qu’elle n’aime visiblement pas.
    Là, cette fois, c’est moi qui pose les choses : tout le monde a sa place dans la construction. Et si quelqu’un prétend en faire partir une autre, c’est ce quelqu’un qui n’a rien à faire ici. C’est bien compris ?

    Il n’y a toujours pas de plannification : chacun donne son idée. Et ça avance pas très vite. Je propose alors que l’on vote pour savoir si on garde l’idée de l’ascenceur ou de l’escalier.
    C’est l’ascenceur qui gagne (merde) . On est très loin d’avoir la solution…
    Alors on passe à la découpe du plexis, le premier « mur ».
    Et là on se rend compte qu’il est très difficile de découper du plexi, même avec une scie sauteuse équipée d’une lame spéciale plexi : le plexi se fendille, la lame fait fondre le plexi juste derrière la découpe, comme si on avait rien découpé… bref on galère.

    Pendant ce temps, on décide aussi de faire des groupes de travail : y’a de plus en plus d’enfants, et j’aimerais bien que chacun ait réellement quelque chose à faire : certains vont travailler sur la chambre d’amis : cartons, bois, papier… ils font je ne sais quoi dans leur coin. D’autres commencent à découper les petits bouts de bois qui vont devenir le labyrinthe et le pont suspendu (à la scie à main) D’autres plantent des clous dans le bois en attendant de savoir à quoi ça va pouvoir servir…

    D’autres pensent à comment faire la partie « parc accrobranche »

    D’autres encore ne veulent pas faire : ils veulent « juste regarder ». En fait, vis à vis de ces spectateurs, je multiplie les « rebonds » sur les idées des enfants aussi loufoques soient elles; Pour l’instant rien n’est impossible. Chacun y va de son petit rêve.

    Au fur et à mesure que viennent les idées, les difficultés, on cherche les solutions. On maîtrise mieux la découpe du plexi et l’on place (halélouia !!!) la première plaque sur le bois : pistolet à colle (y ‘en a un qui s’est brûlé) et vis (les trous ont été fait à la perceuse, ce qui a attiré d’autres enfants encore, les grands du foot qui sont juste passés pour pouvoir tenir la perceuse : c’est juste un exploit qu’ils aient conssenti 5 mn à quitter leur terrain)

    Fin de cette deuxième séance, avec deux ou trois matériaux que je dois trouver pour la fois prochaine. Il faut aussi réfléchir à un problème de taille : on ne peut pas juste se contenter de faire une cage « façon aquarium ». Il faut trouver un système pour pouvoir très fréquemment nettoyer la cage : or elle est trop profonde pour les bras des enfants : il faut donc qu’un des 4 « murs » en plexyglace soit amovible ! Pour balayer les litières sales. Et réfléchir à un système pour que l’on puisse ouvir la cage sans que la souris se carapate !
    Chacun va réfléchir…
    Je sais déjà qu’un groupe s’est organisé pour se retrouver lors des récré où je ne suis pas pour « faire des plans ». En réaction au groupe de la princesse d’où ils ont été refoulés.

    #118918

    moilapa
    Participant

    Et plus spécialement, un exemple concret où cette méthodologie de projet serait parfaitement incongrue : 4 filles de l’un des CM1 (que je ne connais pas vraiment) viennent me voir jeudi dernier et me disent que la maîtresse leur a demandé de construire une maison pour la gerbille (j’apprends que la gerbille est une sorte de souris que la classe vient d’adopter dans une cage trop petite où déjà elle s’ennuie)

    Comme je suis déjà en train de participer à une animation, je leur propose que l’on commence la construction le lendemain. Je leur demande juste de réfléchir à ce qu’elles veulent faire, peut être à travers un dessin, d’aller au bureau utiliser internet pour voir ce qu’elles pourraient glaner comme info sur internet, voir ce que chacune peut apporter à l’idée de cette maison (je ne sais pas si elles y sont allés, j’ai oublié de leur demander, mais elles sont pleines d’idées, d’éléments d’informations…)

    Le lendemain, elles arrivent toutes excitées et je les ai juste oubliées. Ce qui est finallement une bonne chose : je n’ai rien prévu, rien planifié. Je n’ai même pas réfléchi à comment réaliser cette maison, avec quels matériaux, en tenant compte de quels impératifs. Cet oubli dicte donc ce que va être cette construction.
    Je leur dis que je l’ai oubliées mais qu’on va faire quand même.
    Je lance l’activité que j’avais prévue, j’explique aux enfants comment la gérer durant mon absence et je vais avec les 4 gamines dans la salle du matériel. En moins de cinq minutes, on a sorti toutes sortes de bidules, de machin, bois, scie, marteau, clous, boîte de camenbert, rouleau de carton… « Prenez ce qui vous semble intéressant ».
    Et je les installe sur une table à 5 m de moi, dans la cour.
    Et je retourne à mon animation du jour.

    Au bout de 10 minutes, je me tourne vers elle pour voir où elles en sont. Elles sont en train de découper à la scie une planche : ce sera le plancher de la cabane.
    En fait, une seule gamine découpe et les autres regardent.
    Et les autres, elles font pas ?
    – J’ai peur qu’elles se fassent mal avec la scie.
    Et les autres ne disent rien, comme si ce ton de mère de famille était tout à fait normal au sein de ce groupe visiblement mené à la baguette par cette « commandeuse » ( mon futur objectif ?…)
    Je repars juste en disant : « Alors elles servent à rien, à part te regarder… Vous avez pas envie de faire, vous aussi ? ».
    Je ne vais pas m’immiscer dans les rapports sans doute complexes qui réunissent ces copines. Mais je ne vais pas me gêner pour faire quelques remarques çi et là.

    Fin de ce premier jour : une planche découpée et deux liteaux. Et quelques idées d’escaliers, d’étage, quelques réflexions comme : « si on fait la cage en bois, on verra pas la souris » ou « faut pas que le sol soit en bois, sinon au bout de quelques temps, à cause du pipi et du caca ça va sentire mauvais (dixit internet)

    Donc : il n’y a au départ aucune méthodologie. Aucune direction. Aucun « listing ». Juste une demande de la maîtresse. Ni projet autre que celui de construire une maison pour la souris.

    #12911

    moilapa
    Participant
    #118919

    moilapa
    Participant

    Je vais donner un exemple où « l’idéologie projet » n’est pas nécessaire (ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est jamais nécessaire, mais qu’elle ne peut être un passage obligé (imposée) comme c’est le cas aujourd’hui quand on veut faire quelque chose en animation)
    (non seulement ici elle ne s’impose pas, mais toute planification en amont, toute étude, réflexion, préparation de quelque sorte que ce soit avant la confrontation avec les enfants, aurait été une erreur, une erreur de compréhension de ce qui est en jeu dans ce cas-là, cette « prise de pouvoir » des enfants »)

    Qu’il n’est pas nécessaire d’écrire un projet, qu’il n’est même pas forcément nécessaire de penser « projet » pour mener à bien quelque chose, pour donner du sens, pour qu’il y ait une « valeur ajoutée » à un temps d’animation, quelque chose de bénéfique pour les enfants.
    Que par exemple cette idée « d’activisme » ne veut rien dire. Que peut importe que l’animateur ait ou non une vision de ce qu’il va faire, de pourquoi il va le faire. Du moment que le temps lui est riche de quelque chose.

    Situation : je suis sur un claé sur Toulouse.
    Il existe donc un projet politique de la mairie vis à vis de ces Claé. Comme il en existait deux ou trois ans plus tôt avec la mairie de droite précédente.
    Plus un autre projet politique pour l’organisme qui a délégation de pouvoir pour organiser ces temps, qui a pris une part des marchés de l’organsime précédent (politique oblige)
    Et un projet pédagogique rédigé par la direction (deux personnes très intéressantes)
    Sans oublier pour certains des 16 animateurs différents projets (spectacle de fin d’année, projet autour de l’environnement…)

    Mais je m’en bas le steack (à l’exception des projets de mes collègues)

    J’ai par contre une idée de ce que doit être ce temps de récréation qui appartient aux enfants (je l’ai déjà expliqué longuement sur le post « quelques interrogations sur les claé » et sur d’autres posts)

    En un mois de présence, j’ai mis en place toutes sortes d’animations : grand jeu, spectacle, animations manuelles (fabrication de peluches, de voitures, de petshop, de carnets secrets, de bijoux pour la fête des maîtresses…) , jeux, surprises, réalisation de films, jeux de danse sur la Wii, construction d’un circuit pour les voiturettes à friction, ateliers cirque (trapèze, grosse boule, fil d’équilibre, diabolo, bolas…) cabane au milieu de la cour, Giga-ball dans la plaine devant l’école, corde à sauter géante… Que ce soit des propositions de ma part ou des « rebonds » à partir d’idées explicitement ou pas exprimées par les enfants.
    Et autant d’idées à venir. Comme le passage de diplôme d’animateurs des grands qui sont en train d’apprendre des animations pour ensuite les mener dans la cour des petits…

    Avec pour seule idée que durant ces temps vécus en commun, les enfants ont pris du plaisir, se sont amusés en groupe, que se sont mélangés des « tribus » de la cour de l’école qui ne partageaient pas forcément de jeux sans cet élément fédérateur.

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