Repenser l’éduc pop

20 sujets de 1 à 20 (sur un total de 33)
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  • #863014
    XXYYZZ
    @xxyyzz

    Merci pour ta réponse courte , mais claire Simon.
    c’est un article que j’avais déjà posté il y a longtemps.
    J’ai modifié quelques mots , mais , j’ai oublié de modifier la date.
    bien sur je voulais parler de 2020 .
    Puisque je suis là .Où en est l’association ??
    le forum est très peu fréquenté. Le reste??

    #863012
    XXYYZZ
    @xxyyzz
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines et 2 jours par XXYYZZ.
    #861852
    Simon
    @simon

    Un seul mot : Wahou

    #861367
    XXYYZZ
    @xxyyzz

    Avé à tous. je déterre ce sujet en début de vacances scolaires.

    Le vieux militant dépassé, croulant, mais sincère, que je suis, va se lâcher grave

    Mes propos, complètement idiots, concernent surtout les séjours de vacances et un peu les accueils de loisirs, qui se déroulent pendant les vacances scolaires.
    Je ne parle pas des périscolaire, des mercredis jeunesses et encore moins de l’animation professionnelle..

    J’ai été animateur de colo en 1963(à l’époque on disait moniteur) jusqu’à 1969.

    J’ai recommencé à sévir en 1977 comme assistant sanitaire puis directeur jusqu’en 2008. .Environ une grosse quarantaine de direction essentiellement des colos.. Pauvre de moi ! Plus environ 70 stages BAFA BAFD encadrés ou dirigés
    Lorsque j’étais moniteur nous devions être disponible 24 h sur 24, 6 jours sur 7. Comme directeur c’était encore « mieux » Horreur !!!

    Mais miracle personne n’est mort d’épuisement, (même si les colos n’avaient pas lieu à Lourdes) les accidents étaient rares et tout le monde, moi le premier acceptait cela sans rechigner.
    Naturellement l’organisation mise en place permettait de nous aménager des temps de repos, dans la journée, le soir, la nuit.
    Sur les séjours que j’ai dirigés à Maurice il n’y avait pas de congé, mais chacun prenait un moment ou même une journée pour se reposer ou faire ses achats personnels. LE BON SENS PREVALAIT
    Quel esclavagiste je faisais !

    Actuellement cela ne serai plus possible. De plus en plus d’animateurs refuseraient. Et pourtant tout le monde était satisfait. Bien sur tout le monde était prévenu avant le séjour.

    Les réunions du soir étaient conviviales. Apres le travail il y avait un moment plus détente et collation , 5ème )ou autres.
    J’ai toujours connu une bonne ambiance dans les colos aux quelles j’ai participé, aussi bien pour le travail que pour la détente.

    Ceci en étant animateur, adjoint ou directeur.

    Surtout fait important, l’immense majorité des enfants étaient satisfait.

    Bien sur il y a eu des relations amoureuses ou sexuelles entre animateurs et animatrices. Plutôt que de faire une chasse effrénée j’en ai discuté avec les personnes intéressées afin que cela ne se répercute pas sur le boulot

    Aujourd’hui, depuis la requête d’un syndicat, à coté de la plaque, qui ignore ce qu’est une colonie de vacances (pardon un ACM, comme souvent on change l’étiquette de la bouteille sans changer le contenu), il faut un temps de repos obligatoire. Ceci approuvé par des instances officielles composées de « rond de cuir bureaucrate ».
    .
    Finis les équipes soudées, les réunions sympathiques, bref toute une ambiance que de nombreux animateurs et directeurs ont connu qui est en train de disparaître. Chacun fait ses heures puis basta.
    C’est la mort de tout un univers
    Cela a malheureusement une incidence sur les enfants, car, les enfants qui ont besoin d’un adulte pour leur sécurité affective voient plusieurs personnes en face d’eux. Cela entraîne aussi une ambiance plus scolaire ou pensionnat.. Ceci aggravé par les directives officielles et certains organismes. Les dernières réformes accentuent l’aspect éducatif des ACM. On oublie que les enfants sont en vacances et qu’ils doivent s’amuser.

    Permettez-moi de citer Jacques Chauvin .Dans son excellent livre : les colonies de vacances il a écrit.
    Moins d’école et plus de vacances.

    Plus loin
    les enfants sont en vacances et quand on est en vacances, on est plus à l’école. Quel scoop !
    Plus loin encore, je trouve une phrase qui m’a marqué car je la trouve particulièrement vrai :

    « Les vacances sont l’occasion de pratiquer des activités tant ludiques que culturelles ou sportives, selon ses souhaits, ses envies, de la découvertes d’activités nouvelles à la pratique, plus ou moins intensive de son ou de ses passe-temps. »
    je rajoute : »un vrai animateur ne doit pas imposer une activité à l’enfant , si celui ci n’en a pas envie.
    il peux proposer , suggérer, mais pas obliger.

    Ensuite les directeurs ont de mois en moins de liberté pour recruter une équipe.
    La discrimination par rapport au sexe de la personne recrutée est une idiotie.
    L’argument légal ne tiens pas. Un paragraphe parle d’exception qui peut très bien s’appliquer aux équipes des ACM.

    Je prétends :
    Une équipe mixte permet une meilleure qualité des ACM.
    Lorsque je recrutais une équipe, j’ai eu la chance de n’avoir jamais été obligé de passer par des annonces. Mais j’ai toujours dit haut et fort que je cherchais une équipe mixte. Il m’est arrivé de refuser une personne car j’avais trop de filles ou trop de garçons dans l’équipe.

    Naturellement je n’allais pas jusqu’à chercher la parité absolue. C’est idiot. Les compétences de la personne comptaient aussi..
    Toit aussi idiot l’argument que j’ai lu dans l’article sur planetanim : 5 idées reçues sur la mixité.
    Les garçons viennent de Mars et les files de Venus.
    Franchement s’il n’y a que ça pour justifier le contenu de l’article c’est du n’importe quoi.

    Il vaut mieux une équipe mixte pour la vie collective et quotidienne, et pour la confidentialité. Certains enfants préféreront se confier à un animateur homme ou à une animatrice femme.
    Je vois surtout l’intérêt des enfants. Quelle remarque bizarre !

    Voila j’ai terminé de donner ce que j’appelle mes avis. Peux être que d’autres vont réagir, ou pas. Dans quel sens ? Mystère et boulle de gomme. De touts façon chacun son avis.

    Il ne me reste plus qu’a souhaiter à tout le monde une et heureuse année 2014.
    Qu’elle vous apporte joie, bonheur, et ce que vous désirez pour vous vos proches. Je n’inclus pas la santé dans mes vœux, car hier une personne m’a expliqué que la santé n’est importante que pour les petits vieux. Vous être tous moins vieux que moi, et je ne suis pas si petit que ça donc pas acte.

    Ah j’ai failli oublier.
    Je vous souhaite aussi de bons ACM avec des animateurs qui ne travaillent que 7 heures par jour, des séjours touts éducatifs et pas ludiques et une équipe non mixte.

    Bye

    #31076
    Shaaa
    @shaaa

    Allez, je participe au débat ! :-D Et contrairement à toi, Makh, ça m’intéresse bigrement que les mots soient polysémiques, ou aient diverses définitions (cf. le sport), car cela invite au débat, à la confrontation d’idées et surtout à l’explicitation de son point de vue, de ses expériences qui ont fait qu’on pense « ça » aujourd’hui et peut-être autre chose demain… Bref. (Au passage, j’ai bien lu tes précisions sur tes pratiques et je reste curieux… :roll:)

    De mon côté, je crois qu’il ne s’agit pas de « repenser l’éducation populaire » mais surtout de « repenser l’éducation » tout simplement… et bien plus radicalement. :-D

    Notre société est (très) profondément scolarisée notamment parce qu’une forme d’éducation domine, étend son emprise et cultive son hégémonie : la forme scolaire (de la socialisation, en général) dixit Guy Vincent. Je vous renvoie surtout vers le beaucoup moins célèbre Ivan Illich et sa « Société sans école » de 1971, très mal traduit de « Deschooling society », dont les critiques et les propositions (et les mises en garde) me paraissent bigrement d’actualité…

    Cette conception scolarisée de l’éducation s’est imposée comme la norme à l’aune de laquelle on juge voire on occulte les autres formes possibles, les autres apprentissages réalisés en son sein (non reconnu comme apprendre à bavarder avec son voisin sans se faire pincer…) ou en dehors. Le premier duquel : vous avez appris à parler avant l’école mais elle vous réapprendra le « parler académique ». C’est bien elle qui construit une hiérarchisation social des savoirs en plus de définir leur légitimité (sociale) pour être « bien éduqué ». De manière plus ironique, que ce soit les « criminels en col blanc » (qu’on oublie trop souvent) ou ceux, moins riches, ils ont tous développé des savoirs qui ne seront pas forcément reconnus : frauder, planquer, gérer un réseau souterrain, manipuler…

    Et, c’est ça qui est intéressant, c’est que vous évoquez finalement ce « type » d’apprentissages contre ou en dehors de l’institution. Comme dirait l’autre, Schugurensky (en fait), c’est la partie immergée de l’iceberg et l’école, qui a tant de visibilité (et de conséquences sur la suite) n’est qu’une bien maigre partie de ce que nous savons (sans compter sur ce que nous savons et que nous savons pas… :-D)

    Sinon, pour penser d’autres formes d’éducations, d’autres apprentissages mais aussi si « l’éducation à l’émancipation » est possible ; débat philosophique Ô combien intéressant.

    Sur « l’informel », il y a une note de synthèse (désolé pour les 40 pages) qui se veut un état des savoirs sur la question :
    http://rfp.revues.org/516

    Sinon, plus court, un vieil article de P. Perrenoud où il évoque le « curriculum caché », un des premiers concepts (anglosaxons) pour mettre en lumière ces apprentissages cachés de l’institution scolaire (mais pas que) :
    http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/perrenoud/php_main/php_1993/1993_21.html

    Côté « émancipation », je pense à Rancière avec Jacotot, là de suite, mais il y en a certainement d’autres :
    http://www.cnt-f.org/nautreecole/?Emancipation-et-education

    Après… pour mettre à mal cette forme scolaire, ce ne sont pas les éducation non-formelle qui s’en chargeront. Pour donner, encore un peu, de grain à moudre à balthazar, le travail de Christian Laval est tout à fait intéressant autour de la transformation de l’école vers un modèle entrepreneurial au grand bonheur des compétences dont « La nouvelle école capitaliste ».

    #31096
    balthazaar
    @balthazaar

    @Makh
    Vous êtes là a piailler justement parce que vous avez reçu une éducation conséquente, parce que vous avez eu accès à la lecture, qu’on vous a laissé du temps pour discuter, échanger, entendre et émettre des avis.
    C’est fort probable, oui. Pourtant ce qui me fait réagir aujourd’hui (et que quand je parle avec mes collègues et mes amis je me sens seul) ne vient surtout pas de l’école ni de l’animation.

    Le système éducatif se transforme, il tend à devenir quelque chose qui ne me plait pas. C’est contre ça que je réagis. C’est très bien que ce système évolue et qu’il se transforme, mais pas en ce machin immonde où on multiplie le nombre d’adultes mal formés, pas philosophes pour un sou. Pas en ce truc débile ou des élus, sous prétexte qu’ils ont un mandat, se prennent pour des chefs d’entreprise (et demandent que « les enfants » produisent ceci ou cela). Pas en cette pyramide hallucinante où les enfants sont à la merci des animateurs qui sont eux-mêmes assujettis à leurs responsables.

    L’ensemble de mes réflexions fait que je trouve ça dingue (bien que cohérent avec le reste) lorsque des sénateurs proposent que l’école devienne obligatoire. Je ne peux pas me contenter d’un vague « l’éducation fait de bonnes choses ».

    La construction intellectuelle, affective, morale, physique… d’une personne, biensûr que c’est bien, biensûr qu’on ne peut pas la faire seul et qu’on a besoin des autres.
    Évidemment que les institutions ont joué un rôle pour chacun de nous. Rôle positif ou négatif.

    Et si je me rends compte que ce que j’appréciais est en train de disparaître, écrasé par des principes et un fonctionnement que je n’approuve pas du tout, c’est bien normal de réagir, de chercher à analyser, à me défendre.

    Je ne sais pas trop où réfléchir plus en avant. Est-ce qu’on peut dire qu’éduquer, c’est contrôler la construction (affective, physique, morale, intellectuelle…) d’une personne?

    Et vous pouvez cracher dessus tant que vous voulez, l’éduc pop c’est probablement la seule chose qui reste de pas trop pourrie dans notre société, non seulement je la défend mais je la revendique.
    Voilà qui est un vibrant réquisitoire en faveur de l’interprétation à la Lepage de l’éducation populaire.
    En effet si c’est de ça que tu parles, je trouve aussi qu’il faut défendre ce que font ces gens. Ils n’ont rien à voir avec l’animation pour enfants, ceci dit… Mis à part éventuellement ce dont on est en train de parler, à savoir le regard critique sur l’éducation.

    #31112
    Makh
    @makh

    EvaLutine a écrit :
    Ca met mal à l’aise ce que tu écris.

    Un mélange de supériorité, de haine, de mépris envers les gens…alors que tu défends « l’éducation populaire ».

    Paradoxal, non ? Tu ne sais pas trop où tu te situes en fait, non ? Tu ne t’assumes pas.

    Tu fais ça ni pour le plaisir, ni pour l’argent ?

    Personne n’est désintéressé dans la vie. Tu te voiles la face. Tu cherches à te prouver que tu es une mère Theresa ? C’est malsain, ton attitude.

    Enfin, tu défends un fonctionnement respectueux des gens mais tyu les embauche en CEE, si j’ai bien deviné.

    Tu es totalement incohérent. Il y a un fossé entre tes discours et tes actions.

    Non, il y a un fossé entre mes actions et ce que je suis. Il y a un fossé entre mes discours et ce que je suis, mais il n’y a aucun fossé entre mes discours et mes actions.

    Effectivement je méprise les gens, les Hommes en général, mais je ne me sors pas du lot, je m’assume comme le sale connard égoïste que je suis et que nous sommes tous. Ce qui ne m’empêche pas de donner le change en société et d’agir comme un type bien, c’est la puissance de la volonté, autant s’en servir, si ça peut aider à s’endormir en paix.

    Dans un premier travail sur soi de « déconstruction ».

    C’est justement dans une logique de déconstruction, et non de destruction, que je ne renoncerai pas à l’éducation.
    Elle à fait de moi ce que je suis et je ne suis pas suicidaire au point de me renier de façon fondamentale. Mon éducation est constitutive de ma personne, en cela je la prend comme telle, avec tout ce qu’elle peut avoir de haïssable mais aussi avec ce qu’elle comporte de libérateur.

    On influe obligatoirement sur les gens qui nous entourent, on fait naitre des idées chez eux, même sans rien dire, juste en agissant. On a même parfois plus d’influence sur les autres du simple fait qu’on ne leur dit rien, et dieu sait que je donnerai cher pour que ça ne soit pas le cas. Alors je ne compte pas fermer bêtement les yeux et faire semblant de ne pas voir cette influence, de la laisser s’instiller chez les gens autour de moi comme si je n’étais pas au courant. J’en prend ma part, on m’a éduqué, on m’éduque et on m’éduquera toujours, mais moi aussi j’éduque, et quitte à le faire et à le savoir je le ferais du moins mal que je peux.

    #31122
    moilapa
    @moilapa

    Bin non ; sur le coup je trouve ça plutôt
    intéressant…

    S’agissant de la référence scolaire dont j’abuse,
    , elle est de fait dans cette « éducation populaire »
    qui s’est (voudrait s’être) construite en
    creux.
    Elle l’est, à partir du moment où l’on fait
    le choix de ce terme « éducation ».
    Elle l’est de part les deux histoires
    parallèles. Elle l’est dés l’idée même
    à la naissance de cette éducation populaire.
    Et elle ne s’en est jamais affranchie

    Comme elle est de fait quand on parle d’éducation
    familiale : elle est forcément présente.
    Parce que des logiques s’entrechoquent,
    des cultures, des « visions du monde »…
    Des visions de l’Autre.
    Avec lesquels l’enfant se doit de jongler.

    Même quand je suis en camping, en
    animation enfants, l’école est présente
    dans ma réflexion : ne serait-ce que par
    des détails comme la position assise,
    le fait de devoir « finir », le fait de ne pouvoir
    aller et venir, d’attendre quelque chose
    de l’enfant…

    Sinon :
    Il est pourtant si simple de renoncer à
    ce terme « d’éducation », de renoncer à cette
    logique d’éducation.
    De juste dire qu’il n’y a pas de passerelles
    à chercher entre par exemple l’équipe
    enseignante et l’équipe d’animation sur un claé,
    mais une rupture justement. En aidant le
    môme à comprendre ces différences. Dans des
    logiques qui ne devraient pas pouvoir s’accorder,
    bosser ensemble, dans un même but.
    En proposant aux mômes une autre possibilité
    du rapport à l’autre qui ne soit pas « comptable »…

    En faisant juste que ces temps qui se prétendent
    loisirs soient réellement des temps de
    loisirs…

    Ce qui fait :
    Si il doit y avoir nécessité d’éducation
    s’agissant d’animation sociocul, elle l’est
    pour les adultes.
    Dans un premier travail sur soi de « déconstruction ».

    #31125
    Import
    @import

    Ca met mal à l’aise ce que tu écris.

    Un mélange de supériorité, de haine, de mépris envers les gens…alors que tu défends « l’éducation populaire ».

    Paradoxal, non ? Tu ne sais pas trop où tu te situes en fait, non ? Tu ne t’assumes pas.

    Tu fais ça ni pour le plaisir, ni pour l’argent ?

    Personne n’est désintéressé dans la vie. Tu te voiles la face. Tu cherches à te prouver que tu es une mère Theresa ? C’est malsain, ton attitude.

    Enfin, tu défends un fonctionnement respectueux des gens mais tyu les embauche en CEE, si j’ai bien deviné.

    Tu es totalement incohérent. Il y a un fossé entre tes discours et tes actions.

    #31129
    Makh
    @makh

    ludou a écrit :

    Quant à l’argument du « vous, vous êtes éduqués (vous savez lire et écrire…) donc vous ne pouvez pas comprendre que l’éducation n’est pas nocive », il est quand même assez drôle je t’avoue.

    Drôle je ne sais pas, stupide oui certainement, et grammaticalement incorrect de surcroit. Ce que je dis c’est « vous êtes éduqués, vous avez donc loisir de débattre, d’échanger », ni plus ni moins.

    De plus je n’essaie pas de définir l’éducation populaire, la définition « historique » a déjà été donnée plus haut, elle ne m’intéresse guère. J’explique en quoi elle reste une valeur réelle.

    Sinon pour te répondre, je n’ai jamais dit qu’on pouvait aider quelqu’un à s’émanciper, pour cause je ne le pense pas, c’est son choix. En revanche on peut mettre en place des systèmes plus propice à la réflexion, à l’échange, à l’expression de volontés individuelles. Et je rebondis donc sur l’intervention de Shaaa, « Qu’est ce que tu fais ? » :

    Eh bien pas grand chose à vrai dire, j’essaie de placer ma barre de contraintes (logistiques, sécuritaires, administratives) au minimum, j’essaie de laisser faire les adultes pour qu’à leur tour ils laissent faire les enfants. J’essaie d’avoir des échanges informels avec le plus grand nombre, juste pour qu’ils puissent s’exprimer. J’essaie de m’arranger pour que les gens aient le temps, le temps de discuter, le temps de faire les choses. Je fais tampon aussi, entre les gens présent sur l’ACM et l’employeur. J’essaie de donner aux animateurs la volonté de bannir toute forme d’autorité partant du fait que c’est forcément un échec. J’essaie de prendre les enfants comme des individus à part entière, et même si (culture oblige) je n’y arrive pas entièrement, je me mord la joue pour ne pas qu’ils le ressentent. J’essaie de laisser les adultes aller jusqu’au bout de ce que j’estime être des erreurs, sans que cela m’empêche d’en parler si ils en expriment le besoin. J’essaie de théoriser tout ce que devrait être un adulte éduquant, pour jouer le meilleur rôle possible. J’essaie de faire des petits aménagements à droite à gauche afin que chacun sur le centre ait la possibilité de trouver sa place, et de l’assumer sans se sentir en décalage. En bref je passe une partie de mon temps sur de l’administratif pour être sur de répondre au contrat (tacite ou non) que j’ai passé avec mon employeur, et le reste à vivre avec tout le monde sur le centre.

    Pour répondre à Moilapa maintenant, je n’y trouve aucun plaisir particulier (au contraire depuis quelques années), je ne le fais pas parce que j’aime les enfants (je les déteste autant que les adultes), je ne le fais pas pour l’argent. Je le fais parce que ça m’occupe et je le fais parce que je le fais bien. J’aime l’idée de voir que les théories que l’on met en place sont visibles au quotidien, j’aime voir que ça fonctionne et que ça me donne raison quant au mépris que j’ai face à tous les fonctionnements institutionnels. J’aime voir les enfants et les adultes déambuler dans le centre, sans pression, j’aime les voir échanger les uns avec les autres comme des pairs. J’aime la façon dont ils me répondent quand je les croise seuls ou en petits groupes dans des endroits improbables, avec cet aplomb qui me prouve, s’il le fallait encore, que si l’être humain à énormément de mal à s’empêcher d’enchaîner ses congénères il n’a en revanche aucun problème pour s’en affranchir lorsqu’on le lui permet. J’aime le fait que mes « bureaux » ressemblent à des halls de gare, que tout le monde y aille et y vienne sans ambages. J’aime le fait que mes absences ne soient généralement pas remarquée, ou uniquement par ceux qui m’apprécient vraiment. Mais tout cela je ne l’aime que de façon très pragmatique, j’aime le fait de voir fonctionner une théorie, car dans la pratique je ne l’aime pas plus que ça. C’est dur de se sentir inutile, c’est difficile de ne pas avoir la position paternaliste habituelle du directeur, c’est dur de s’affranchir du contrôle, de sentir que tout nous échappe, alors que c’est pertinemment ce que l’on recherche. C’est dur et c’est usant, stressant, fatiguant, le seul plaisir que j’y trouve est purement intellectuel. C’est une façon de confirmer à mes yeux le fait que l’éducation n’est pas forcément restrictive mais qu’elle peut aussi, si tout le monde s’y met, fait des efforts pour aller contre nature, être bénéfique, source d’expression, de liberté et de découverte.

    Pour continuer avec Moilapa, je voulais revenir cinq minutes sur son parcours scolaire, j’entends bien que tu n’as rien appris à l’école, mais pourquoi ne parle tu que d’elle ? Je parle « éducation populaire », tu me réponds « école », évidemment qu’on va dans le mur. Ton éducation tu l’as trouvé ailleurs, hors des institutions, tu l’as trouvé comme tu le dis chez Céline, chez Pergolèse, chez Stirner et tous les autres. Si cela n’est pas populaire, je ne sais pas ce que c’est alors.

    Et pour finir avec toi, je voudrais revenir sur cette molle réflexion dont tu m’affubles :

    « Parce que élevé dans un système, nourrie
    par ce système, on ne pourrait voir ce que le
    système aurait de pourrie, à détruire ?
     »
    Au contraire, et c’est justement là que tu ne m’as pas compris, je déteste le système et ses institutions, et au vu de ton travail, de ce que tu laisses transparaitre de ton quotidien à travers ce forum, je peux t’assurer que je le déteste autant que toi mais qu’en plus je le supporte très probablement moins bien que toi. Je hais ce système.
    Mais dans toute la haine que je lui voue, si il ne doit être qu’une seule chose que je lui rend c’est bien la possibilité qu’il m’a laissé d’appréhender toute sa laideur. Je pense qu’il aurait pu être plus coercitif, plus lobotomisant. Alors ça ne m’empêcherait pas une seule seconde d’appuyer sur le bouton [OFF] si j’en avait un jour l’occasion, mais je lui reconnais au moins ça, d’avoir produit des personnes qui n’hésiteraient pas une seule seconde à le détruire.

    Et pour Michmuch, non je ne vois pas de contradiction.

    #31135
    michmuch
    @michmuch

    Makh a écrit :
    Conneries sur conneries.

    Tu peux préciser quelles sont les conneries?

    L’éducation c’est la lumière, c’est l’émancipation, c’est ce qui nous permet de nous libérer d’une partie de nos chaines, celles qu’on peut ôter tout au moins (…)

    Je ne compte pas apprendre quoi que ce soit à qui que ce soit, mais je ne compte pas non plus cracher sur la possibilité qu’on m’offre de mettre en place des systèmes pédagogiques alternatifs en ACM

    Y’a pas contradiction dans ton discours?

    Je ne compte pas apprendre quoi que ce soit à qui que ce soit, mais je ne compte pas non plus cracher sur la possibilité qu’on m’offre de mettre en place des systèmes pédagogiques alternatifs en ACM, pas pour prouver quoi que ce soit, pas pour transmettre je ne sais quelle pensée, pas pour offrir aux enfants une vision temporaire d’un monde qui n’existera jamais, pour aucune autre connerie idéaliste d’ailleurs, pas parce que c’est la meilleure façon de fonctionner, juste parce que c’est la seule. Et vous pouvez cracher dessus tant que vous voulez, l’éduc pop c’est probablement la seule chose qui reste de pas trop pourrie dans notre société, non seulement je la défend mais je la revendique.

    C’est bien du charabia idéologique de l’éduc’ pop’… pas de doute tu peux t’engager comme militant…

    #31136
    moilapa
    @moilapa

    Il peut exister pourtant des raisons saines de
    de faire ce métier d’animation, comme l’argent.
    Comme le plaisir : même si le plaisir est déjà la
    principale raison de faire ce métier : mais
    ce plaisir nécessite forcément la violence pour
    les enfants : c’est ce qu’est l’animation
    sociocul aujourd’hui.
    Cette violence est partout, et tous nous
    cohabitons parfaitement avec, au jour
    le jour, parce que c’est pas nous la victime,
    parce qu’après tout « moi même j’en suis
    pas mort », parce que…

    C’est juste très agaçant que toutes sortes
    de fils de putes viennent tenir des discours
    sur la prise en compte de l’enfant, sur la
    richesse sociale de ce métier, les bienfaits
    de cette formidable éducation populaire
    (qui n’a jamais eu que pour but dés sa naissance
    de contrôler les enfants et le peuple)
    tous ces discours pseudo scientifiques,
    prétendument pensés : le même
    système où l’on dirait : bien oui, je jouis
    jour après jour d’une situation où l’enfant
    se doit d’être violenté pour que je puisse
    jouir »… cela me ferait moins rebondir…

    Si l’école (la société) m’a appris à lire,
    ce n’est pas pour mon bien mais pour
    son bénéfice à elle.
    Elle ne m’a pas appris à aimer lire. Ca, c’est
    Celine qui s’en ai chargé. Tous éléments
    extérieurs à l’école.

    Je ne dois rien de ce qui fait ma culture aujourd’hui
    à l’école :
    C’est pas les cours de musique qui m’ont
    fait aimer le Stabat Mater de Pergolèse,
    j’ai toujours refusé de faire le moindre
    travail dans ces cours.
    Ce ne sont pas cours d’anglais qui m’ont
    permis de me débrouiller en anglais, j’ai
    toujours refusé de faire le moindre geste,
    d’y écrire le moindre mot. c’est
    le fait que certains auteurs anglo-saxons
    ne soient pas traduit en France.
    Ce n’est pas l’école qui m’a permis non plus
    de parler hollandais.

    Ce ne sont pas les cours de dessins qui
    m’ont permis aujourd’hui d’avoir le niveau
    que j’ai dans ce domaine : ces cours n’y sont
    absolument pour rien.

    Si j’ai appris à penser, à douter, c’est pas à l’école,
    c’est pas l’école qui m’a fait découvrir parmi
    les philosophes célèbres celui qui explique
    parfaitement en quoi l’humanité doit finir,
    en quoi il faut vouloir la fin de l’être humain…

    Je ne dois à rien à l’école… si ce n’est une
    « vigilance de nécessité de haine permanente » :
    c’est la seule chose que l’école puisse revendiquer
    dans mon cas : cette haine qui fait en
    grande partie ce que je suis.

    L’école a participé de ce que je suis, mais
    en me construisant « contre » : comme la prison
    fait partie de ce qui ont mis les pieds.

    (par école, j’entends la classe, l’institution,
    et non la cour d’école qui elle a réellement
    fait ce que je suis, ce que je sais)

    (de la même façon que rien de ce qui fait
    l’animateur que je suis aujourd’hui, dans aucun
    domaine, n’est « d’origine institutionelle » :
    il ne s’agit que de rencontres et de démarches
    personnelles.
    Ou alors ici encore en creux : tout ce que je
    vomis est cet « institutionnel » (pour ramasser
    le propos)

    L’école a besoin de violence, de totalitarisme
    pour juste exister : sans contrainte, il
    n’y a pas d’éducation possible…
    Et surtout : cette école n’est pas en premier
    lieu une question d’éducation !!!!
    C’est très naîf que de penser ça : l’école
    a pour but avant tout de niveler, de soumettre,
    de standardiser. L’éducation n’y est que
    annexe. Sinon, comment expliquer que
    l’école aujourd’hui est avant tout une formidable
    machine à reproduire les inégalités, une
    machine qui broient une majorité au bénéfice
    d’une infime minorité. Que le profil gagnant,
    en dehors des données socioculturelles,
    est le profil de l’être docile et obéissant,
    que ce « meilleur » est avant tout celui qui
    s’est au mieux faire ce que l’on attend de lui ???

    Quand à l’animation sociocul, au lieu
    au pire de prendre cette école comme
    miroir négatif, elle s’en nourrit, elle lui
    tend le cul avec délectation…
    Rien, absolument rien, ne nécessite de penser
    éducation durant ces temps de loisirs : le
    fait que certains font très bien sans le
    prouve. Cela suffit juste à la démonstration.

    Il en va de même des autres formes
    d’éducation pour ma petite personne: de la famille, les
    associations en tous genres, sportives pour
    les pires, , des regroupements
    d’enfants, etc…

    #31139
    moilapa
    @moilapa

    Combien ta réflexion est molle…

    Parce que élevé dans un système, nourrie
    par ce système, on ne pourrait voir ce que le
    système aurait de pourrie, à détruire ?
    Ca fonctionne pour tout système, toute
    organisation humaine ?
    T’es vraiment le dernier des blaireaux…
    Ma jouissance avant tout, peu importe si
    le système violente jour après jours
    les plus faibles autour de moi…

    On devrait aussi « séparer » les « dispositifs
    et les utilisateurs » , avec je ne sais quelle baguette magique…

    Mais bougre d’idiot, l’un n’existe pas sans
    l’autre : une organisation humaine sans
    les humains qui la compose ? c’est comme pour le communisme
    en ex URSS : on peut y voir un mode
    d’organisation humain intéressant , sauf que ce n’est
    pas adapté à ce qu’est l’humain : tu mets
    des êtres fragiles (des enfants) dans un
    système où ils sont à la merci de gens comme
    toi, dans un huis-clos, et ces enfants souffriront
    de ce que des gens comme toi se complaisent
    eux dans cette organisation, arrivent à en
    jouir…
    Ce n’est pas comme si on pouvait laisser
    à cette éducation populaire le doute de
    la nouveauté : ça fait des décennies qu’on
    y massacre les mômes, et que des adultes
    viennent y jouir, mettre en vie tel ou tel
    fantasme, tel ou tel revanche. Ou juste
    obéir, parce que « après tout moi j’en suis
    pas mort »…

    Essaie à minima d’oublier ta petite personne
    malsaine, regarde à minima les violences
    que tu imposes aux mômes autour de toi :
    voilà ce qu’est l’éducation populaire. Voilà
    ce qu’est le système éducatif aujourd’hui
    dans notre pays.

    Par contre oui on peut aller bosser au sein
    même de ses organisations : avec l’envie
    de mordre.
    Avec l’idée de changer quoi que ce soit ?
    C’est tout autant stupide : c’est en nous,
    c’est ce que nous sommes : tu offres des
    enfants à la merci d’adultes dans un huis clos
    où l’on a pas de compte à rendre
    : ces adultes en viendront à violenter les
    enfants…
    Tout au plus limiter ces violences en un
    moment donné, en un lieu donné… pour
    quel résultat ? Pourquoi vouloir un résultat ?
    Et prétendre changer ce que nous sommes
    intrinsèquement !

    Alors pour ma part, aucun idéalisme, aucun
    espoir à la con, volonté politique, « conneire
    idéaliste » comme tu le dis…
    Mais quitte à avoir comme tout un
    chacun cette propension à faire du mal
    à l’autre, autant se la jouer Zorro
    (et se faire du bien à l’égo) en se tournant
    vers ces adultes, en utilisant ses contradictions. Le
    plaisir n’en est que plus grand. Quel
    plaisir à s’en prendre de toute façon à
    des êtres qui ne se défendront pas ?

    connerie idéaliste d’ailleurs, pas parce que c’est la meilleure façon de fonctionner, juste parce que c’est la seule. Et vous pouvez cracher dessus tant que vous voulez, l’éduc pop c’est probablement la seule chose qui reste de pas trop pourrie dans notre société
    Il n’y a rien de bon dans ces centres de loisirs,
    ces colos, parce qu’il y a cette idée de
    l’enfant ennemi, de l’enfant à forcément éduquer.
    Et non ce n’est pas le « seul » : il suffit juste
    de remplacer toutes ces organisations de
    « loisirs » par un système de garderie. Avec
    des gens qui n’attendent rien de ses enfants.
    Qui n’ont aucune raison profonde d’aller
    vers ses mômes… ça serait déjà pas mal…
    Resterait alors la question du huis-clos,
    l’absence de regard extérieur… « faut bien
    qu’il y ait des barrières, sinon ces connards
    de mômes pourraient s’échapper…
    Le regard extérieur permanent qui rend
    plus difficile l’expression de toute pulsion.

    Sinon, oui, il existe des temps et des
    organisations où adultes et enfants peuvent
    partager du temps sans qu’il y ait entre
    eux cette volonté de maîtriser l’autre :
    il faut juste commencer par se se débarasser de cette idée
    d’éducation. Ce n’est pas parce que tu
    n’en as jamais l’expérience que cela
    n’existe pas (très enfantin comme façon
    de penser)
    Faire que ce soit le choix de l’enfant de
    venir et d’y rester.
    Ne serait-ce que ces deux « règles » simplissimes…

    Mais ce n’est pas dans des systèmes où
    l’on pense « rendement, production,
    éducation… que tu les trouveras…

    Tant qu’il y a une attente, quelque qu’elle
    soit, ces regroupements d’enfants seront
    violence, fête aux pulsions.
    Je vais t’éduquer connard, parce que j’estime
    que tu dois être éduqué. Parce qu’On m’a
    dit de t’éduquer… Parce que je voix la
    vérité, où la seule possibilité…

    C’est du côté des temps de loisirs qu’il
    faut chercher… vrais temps de loisirs…

    S’agissant du loisir de l’adulte on y arrive
    bien… pourquoi pas pour ces connards de
    mômes ?

    Sinon, juste : il ne s’agit pas de dire que
    l’on peut se débarasser de toute éducation.
    On ne parle ici que de temps de loisirs de
    l’enfant !!!
    Il y a des temps d’éducation : et ces temps
    sont violences : il n’y a pas d’éducation
    sans contrainte, cela n’existe pas. Et
    sans doute que l’homme est fait de telle
    sorte que l’éducation est nécessaire (bien
    que , mais ce n’est pas mon propos ici)

    Mais juste : pourquoi ne pas foutre la
    paix -juste foutre la paix- à ces mômes durant
    leurs maigres temps de loisirs ?
    Juste ça…
    Personne ne m’a encore expliqué pourquoi
    sur ses temps de loisirs à lui il y aurait
    nécessité à ce que des connards viennent
    pour l’éduquer…

    #31141
    Shaaa
    @shaaa

    Je ne compte pas apprendre quoi que ce soit à qui que ce soit, mais je ne compte pas non plus cracher sur la possibilité qu’on m’offre de mettre en place des systèmes pédagogiques alternatifs en ACM, pas pour prouver quoi que ce soit, pas pour transmettre je ne sais quelle pensée, pas pour offrir aux enfants une vision temporaire d’un monde qui n’existera jamais, pour aucune autre connerie idéaliste d’ailleurs, pas parce que c’est la meilleure façon de fonctionner, juste parce que c’est la seule. Et vous pouvez cracher dessus tant que vous voulez, l’éduc pop c’est probablement la seule chose qui reste de pas trop pourrie dans notre société, non seulement je la défend mais je la revendique.

    Qu’est-ce que tu fais alors ? quels sont ces systèmes pédagogiques alternatifs ?

    #31142
    ludou
    @ludou

    pas trop pourrie ? Ah…

    évidemment je ne partage pas cette réflexion. Qu’il y ait des îlots où quelques personnes arrivent un peu plus à se défaire des griffes de l’éducation populaire, sans doute. Que l’éducation se résume à ces gens, on en est extrêmement loin. D’ailleurs, s’en revendiquent-ils ?

    A chaque fois que quelqu’un essaye de définir l’éducation populaire, on retombe sur les mêmes phrases-bateau et simplistes, les mêmes références (Condorcet en tête de cortège). Dans les présentations idéalisées (et donc non historiques), les mots sont choisis, ils plaisent. Ils plaisent particulièrement aux personnes en rupture avec l’école d’ailleurs, et ça, ça ne fait évidemment pas plaisir à entendre car ça pourrait aller dans le sens d’une grande manipulation généralisée, d’une récupération (je ne juge pas les intentions individuelles ici). On voit en fait un fouillis de pratiques et de concepts partagés par beaucoup.

    L’émancipation ne peut pas venir des autres. On ne peut pas aider quelqu’un à s’émanciper, cette idée en elle-même est contradictoire. La seule chose qu’on peut faire, c’est d’éviter un maximum d’engluer les gamins, les anims, les dirlos dans des alternances de concepts/pratiques qui n’ont de sens que pour justifier qu’on fait bien (souvent pour s’en convaincre soi-même).

    En même temps, si on enlève l’étiquette « éduc pop » (entendue une quarantaine de fois par jour ces 3 derniers jours, dans un contexte d’éducation à l’environnement), que reste-t-il aux animateurs et directeurs pour penser ? Que leur reste-t-il pour échanger avec les parents et les institutions ?

    Ce n’est pas une accusation, c’est un constat. Nos prédécesseurs (parents, grands-parents, etc.) ont une grande part de responsabilité dans la situation actuelle. Nous avons la nôtre en faisant perdurer des visions tronquées de la situation.

    Les machines à broyer de l’humain que sont les fédés et les grosses assos ont très bien compris comment obtenir de l’investissement des jeunes. La valorisation de leurs actions, de leur implication dans les programmes qu’elles (les fédés) décident de mettre en place, c’est un moyen parfait pour s’attirer les bonnes grâces (des jeunes et du pouvoir). Elles ont le temps d’exploiter l’énergie et la bonne volonté de la jeunesse. Ils ne se rendront compte (et encore, pas toujours) qu’ils ont été dupés que bien plus tard… A moins qu’ils restent dans ces fonctionnements et remplacent les chefs de ces fédés pour à leur tour expliquer aux autres comment bien vivre, comment donner du sens à sa jeunesse.

    Quant à l’argument du « vous, vous êtes éduqués (vous savez lire et écrire…) donc vous ne pouvez pas comprendre que l’éducation n’est pas nocive », il est quand même assez drôle je t’avoue.

    #31144
    Makh
    @makh

    Conneries sur conneries.

    Vous êtes là a piailler justement parce que vous avez reçu une éducation conséquente, parce que vous avez eu accès à la lecture, qu’on vous a laissé du temps pour discuter, échanger, entendre et émettre des avis. Vous en êtes là parce que tout au long de votre vie, des gens ont fait germer des idées en vous, directement (vous les avez croisés, en classe, en famille, en vacances, etc.) ou indirectement (vous les avez lu, entendu à la radio, vu à la télé, etc.). Vous utilisez un forum pour échanger qui est une des bases de l’éducation populaire. Et malgré tout, ânes bâtés que vous êtes, vous voudriez vous faire croire par je ne sais quel biais malsain que l’éducation est nécessairement nocive ?
    L’éducation c’est la lumière, c’est l’émancipation, c’est ce qui nous permet de nous libérer d’une partie de nos chaines, celles qu’on peut ôter tout au moins, et celles contre lesquelles on ne peut rien, elle a au moins le mérite de les mettre en lumière. « Nul n’est plus esclave que celui qui se croit libre ».

    Il ne faut pas confondre les dispositifs et les utilisateurs, la volonté est une chose, la pratique une autre, et la rencontre des deux une troisième. Méfiance vis à vis de la salle de classe, espoir face aux forums, débats, universités populaires, mais j’attends de voir ce qui s’y trouve réellement, le ventre est toujours fécond, mais ne s’y trouve pas que des bêtes immonde.

    Je ne compte pas apprendre quoi que ce soit à qui que ce soit, mais je ne compte pas non plus cracher sur la possibilité qu’on m’offre de mettre en place des systèmes pédagogiques alternatifs en ACM, pas pour prouver quoi que ce soit, pas pour transmettre je ne sais quelle pensée, pas pour offrir aux enfants une vision temporaire d’un monde qui n’existera jamais, pour aucune autre connerie idéaliste d’ailleurs, pas parce que c’est la meilleure façon de fonctionner, juste parce que c’est la seule. Et vous pouvez cracher dessus tant que vous voulez, l’éduc pop c’est probablement la seule chose qui reste de pas trop pourrie dans notre société, non seulement je la défend mais je la revendique.

    #31159
    balthazaar
    @balthazaar

    @moilapa, @michmuch
    Malentendu. Quand je parle d’éducation populaire en tant que méthode, je ne pense pas à l’animation. En tout cas sûrement pas l’animation pour enfants. Je pense plutôt à des événements du genre conférence-débat sur la fabrication des purins végétaux.

    L’animation pour enfants ne correspond globalement pas du tout à de l’éducation du peuple par le peuple, ce n’est pas de l’éducation populaire. Il y a des gens qui s’accrochent à cette expression dans le domaine de l’animation pour enfants, probablement parce que ça leur sert de faire-valoir.

    Si un jour on regardait les choses en face, on n’aurait plus de projet éducatif mais un décret sur l’orientation générale de de l’encadrement civique. On ne serait plus animateur mais encadrant civique. On oublierait le contrat d’engagement éducatif, on aurait un contrat d’encadrant civique volontaire.

    Et j’écris encadrant civique parce que le terme « policier » existe déjà et qu’il a une signification légèrement différente, bien que les missions au final soient assez semblables.


    @michmuch

    Ce qui est marrant dans ton propos, c’est que tu fais la différence entre Educ pop au sens noble, fédé, éduc pop institutionnelle, éduc pop en tant que méthode… Tout ceci montre bien l’objet ectoplasmique qu’est l’éduc pop… L’éduc pop c’est l’éduc pop, il n’y a pas la Vrai, la Fausse ou la Méthode… Il y a l’éduc pop et ce pourquoi elle a été créée.
    Je me vois comme quelqu’un de banal faisant partie du peuple. Le sens noble de l’éducation populaire pour moi ça n’est certainement pas les fédés, l’histoire, l’administration ni rien. Je suis d’accord avec toutes les interventions de moilapa ainsi qu’avec ce que tu viens d’écrire.
    Les fédés, l’histoire et l’animation, ça c’est le sens galvaudé, dégénéré de l’éducation populaire.

    Si vous pensez que l’expression éducation populaire est trop liée aux ensembles d’institutions qui existent aujourd’hui en france et qui ont pour but de contrôler les enfants et les jeunes gens sur leurs temps de loisirs, ça ne me dérange pas d’utiliser une autre expression.

    Pour moi, écrire sur un forum et lire les messages des autres, ça c’est de l’éducation populaire. Si ça vous gêne, ça ne me dérange pas d’utiliser une autre expression.

    La méthode éduc pop, c’est quoi? l’éducation nouvelle? alors si c’est cela on peut en parler… on peut parler du comment l’éducation nouvelle et les fédés ont construit le projet libéral/capitaliste qui est en place aujourd’hui…
    Je fais la même analyse. A ceci près que je ne dirais pas « ont construit » mais « sont en train de construire ».

    Par méthode j’entendais ni plus ni moins que s’enrichir intellectuellement les uns les autres. Ce que je suis en train de faire en vous lisant, j’apprends bien plus de choses (et beaucoup plus intéressantes) que si je regardais la télé.

    Regarde la réforme des rythmes scolaires, ne serait-il pas urgent de permettre à des enfants de jouer, plutôt que de les faire chier avec des activités socio-éducatives?
    Oh que si! Ne me lance pas là-dessus ha ha ha! Dans le sujet sur les tap j’avais fait une petite analyse sémantique : tous les « experts » qui vantaient la réforme utilisaient un vocabulaire de contremaître : performance, rendement, efficacité, travail…


    @moilapa

    En plus de la littérature traitant spécifiquement de cette « éducation populaire », il est peut être intéressant de se pencher sur les ouvrages parlant de l’histoire des vacances en France.
    Sachant que plus haut je disais que selon moi l’expression « éducation populaire » est galvaudée en france, je pense même qu’il serait forcément plus intéressant de se pencher sur ce qui parle d’autre chose que « l’éducation populaire ».
    L’histoire des vacances, l’histoire du travail des enfants, l’histoire de l’esclavage, l’histoire de la piraterie, l’histoire de l’école, etc.

    Cette fameuse « éducation populaire » n’a jamais autre chose que d’aider les gouvernants à maîtriser ce peuple…
    Oui, voilà. Et c’est précisément pour ça que je suggérais de différencier la méthode (le sens réel de « éducation du peuple par le peuple ») et les institutions (l’animation pour enfants).
    On garde la méthode, c’est à dire tout ce qui permet aux gens de communiquer entre eux, de s’informer entre eux, d’avoir conscience au mieux des instruments du pouvoir pour pouvoir au mieux s’en défaire.
    On laisse tomber les institutions qui se prétendent d’éducation populaire (et qui n’en sont pas à mon avis), ou mieux : on révèle leur hypocrisie.

    Si vous avez 1h20 devant vous, vous devriez voir cette vidéo : Francis Dupuis-Déri, histoire du mot « démocratie ». Si cette personne voit juste, et s’il en va de même pour « éducation populaire »… on a tout intérêt à savoir ce que ça signifie et à comprendre comment on nous en prive.

    #31165
    moilapa
    @moilapa

    En plus de la littérature traitant spécifiquement
    de cette « éducation populaire », il est peut
    être intéressant de se pencher sur les
    ouvrages parlant de l’histoire des vacances
    en France.
    Cette peur face à ces ouvriers, ce peuple
    qui allait obtenir des vacances ! du loisir !
    De l’oisiveté ! Ce que ça allait forcément
    amener de libérations incontrôlées de
    toutes sortes de pulsions… forcément. Et
    de ce qu’il fallait faire pour occuper « sainement »
    ce peuple hors du temps travail, l’encadrer…

    Le même discours servi pour justifier
    la nécessité de contrôle des enfants
    pendant leurs loisirs, justifier la nécessité
    de l’éducation dans le loisir (ce qui n’a
    proprement aucun sens : et ce qui fait qu’il
    ne s’agit plus de loisirs : que ce soit les
    colos, les centres aérés et autres formes
    de « débilisation » de l’enfant…

    Tout ça pour cette seule idée de
    « contrôle de connard de peuple »…

    Si il avait s’agit de réellement agir pour
    les citoyens et la société, s’agissant
    par exemple de l’enfance,
    tous ces trou du cul
    auraient lutter à changer l’école, changer
    l’idée même de ce que pourrait être l’éducation…
    Au lieu de ça, ils ont fait métier d’aller faire
    chier les gosses sur leurs maigres
    temps de loisirs : je vais t’éduquer connard,
    parce que j’estime que tu dois être éduquer.
    Parce que moi je sais ce qui bien pour toi…

    Tous ces trous du cul, bizarrement, ne
    parlent pas de leurs loisirs à eux, de
    ce que l’on pourrait estimer nécessité
    d’éducation… l’éducation, c’est bon ici
    pour les autres…

    Il y a quelque chose de logique à ce que les
    mêmes sacàmerde qui défendent « l’animation
    socio cul » défendent cette « éducation
    populaire »…

    Cette fameuse « éducation populaire » n’a
    jamais autre chose que d’aider les gouvernants
    à maîtriser ce peuple…

    A quoi servent tous ces trous du cul d’animateurs,
    partout en France, si ce n’est à participer
    à ce contrôle ?

    #31170
    XXYYZZ
    @xxyyzz

    Avé à tous :-)
    Comme j’ai un peu la flemme je me contente de donner quelques textes d’auteur sur l’Education Populaire.
    Bien sur je suis d’accord avec ces textes.

    L’ Education Populaire est le développement de la pensée critique du plus nombre. Ardoino

    L’ensemble des moyens qui permettent de donner à tous les Hommes l’instruction et la formation nécessaires afin qu’ils deviennent des citoyens aptes à participer activement à la vie du pays. Cacéres

    L’Education populaire n’est pas seulement l’éducation pour tous, c’est la possibilité, pour tous, de poursuivre, au delà de l’école, et durant toute leur existence, le développement de leur culture intellectuelle, esthétique, professionnelle, civique et morale. Plan Langevin-Vallon

    La culture doit être considérée comme l’ensemble des traits distinctifs spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les Arts et lettres, les modes de vie, les façons de vivre ensemble, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. UNESCO

    Qu’on m’entende bien ! Il ne s’agit pas de distribuer une culture au rabais, qu’on aurait baptisé populaire pour en marquer la pauvreté, mais au contraire de créer, pour de larges masses, dans l’ordre de l’esprit, l’instrument de leur libération et de leur dignité. Léo Lagrange

    Et je vais au vent devant toi, comme une feuille qui sait où les portes s’ouvrent. Paul Celan

    Ensuite reste comment et avec quels moyens, appliquer ces belles phrases. :oops: :hammer:

    Au sujet des grandes fédérations, je pense qu’il est difficile de généraliser. Malgré un fond commun, les pratiques sont très différentes suivant les associations, les petits groupes, les personnes .

    Allez bye :coucoub:

    #31177
    michmuch
    @michmuch

    balthazaar a écrit :
    Tu as l’air de trouver inutile politique et idéologies, je ne suis pas de cet avis.

    Je ne trouve pas inutile Politique et Idéologie… Je dénonce le faire de ne faire que cela. Et dans le cas de CrééTaColo, c’est cela que je dénonce. Ne faire que du politique, du discours hors sol, de l’incantation…

    Ce qui est marrant dans ton propos, c’est que tu fais la différence entre Educ pop au sens noble, fédé, éduc pop institutionnelle, éduc pop en tant que méthode… Tout ceci montre bien l’objet ectoplasmique qu’est l’éduc pop… L’éduc pop c’est l’éduc pop, il n’y a pas la Vrai, la Fausse ou la Méthode… Il y a l’éduc pop et ce pourquoi elle a été créée.

    Pour ce qui est de la méthode, c’est quoi la méthode? Soit on revient à ce que je dis, c’est à dire faire de la pédagogie et mettre au travail en même temps les valeurs, les savoirs et la pratique (autrement dit : le politique, la science et le comment on fait), soit on parle simplement de méthode et cela relève du même délire que de faire uniquement du politique… La méthode éduc pop, c’est quoi? l’éducation nouvelle? alors si c’est cela on peut en parler… on peut parler du comment l’éducation nouvelle et les fédés ont construit le projet libéral/capitaliste qui est en place aujourd’hui…

    Vous pouvez toujours essayer de défendre l’éduc pop en la découpant entre vrai et fausse, le problème reste.. C’est l’educ pop le problème…

    balthazaar a écrit :
    Si on gère des gens comme du bétail en suivant des recettes, on fait peut-être du loisir, mais probablement pas de l’éducation populaire.

    Pourtant les fédés ne font ni de l’éduc pop, ni du loisir…
    Peut faudrait-il déjà que nous fassions du loisir, que l’animation fasse du jeu. Regarde la réforme des rythmes scolaires, ne serait-il pas urgent de permettre à des enfants de jouer, plutôt que de les faire chier avec des activités socio-éducatives? Étrangement, les fédés s’accordent toutes pour dire qu’il y a une place pour des activités éducatives dans ces temps…C’est quoi alors la différence entre une activités scolaires organisées par un enseignant et une activité socio-éducatives organisées par un animateur? Entre le paternalisme scolaire, le paternalisme de l’éduc pop et la famille, quelle est la place de l’enfant? du jeu? du loisir? On peut dire tout ce qu’on veut mais école et éduc pop sont les deux mains d’un même Père.

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