Repenser l’éduc pop

13 sujets de 21 à 33 (sur un total de 33)
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    Messages
  • #31178
    moilapa
    @moilapa

    L’éducation de qui ? Par qui ?

    Du « peuple » ? Par des gens forcément
    au dessus de ce « peuple » ?

    Et qu’en dit ce « peuple » ?

    Et durant quel temps ? Bien évidemment
    les temps de loisirs de ce « peuple », qui,
    comme les enfants, se doit d’être encadré
    car potentiellement dangereux : cf l’histoire
    de cette idée « d’éducation populaire »…

    Si l’on s’en réfère encore à l’histoire de cette
    « éducation populaire », on voit que le « peuple »
    n’en veut pas de cette « éducation » forcée
    durant ses temps de loisirs : cf l’histoire
    des vacances familiales, celle du « loisir
    social »…

    L’éducation populaire repose sur ces deux
    idées premières : celle de la nécessité de
    contrôle et de celle de penser à la place
    du « peuple » (ce qui est pour son bien…)

    #31181
    balthazaar
    @balthazaar

    @ Michmuch, c’est intéressant, je vois qu’on n’a pas la même approche, tu connais probablement mieux « le milieu de l’éducation populaire française » que moi.

    Tu as l’air de trouver inutile politique et idéologies, je ne suis pas de cet avis. Participons-y, ne serait-ce que dans un souci démocratique. Nous devons encourager l’intelligence des individus. La médiocrité intellectuelle est la meilleure arme de nos dirigeants pour nous réduire en esclavage, ne leur laissons pas cette chance. N’encourageons pas la stupidité.

    D’ailleurs c’est une bonne façon de juger si on fait de l’éducation populaire (au sens noble) ou si on gère du bétail. Si on s’enrichit intellectuellement, on fait probablement de l’éducation populaire. Si on gère des gens comme du bétail en suivant des recettes, on fait peut-être du loisir, mais probablement pas de l’éducation populaire.

    Je suis d’accord avec ce que tu dis sur les « fédérations de l’éducation populaire ». Le fait que l’éduc pop soit une duperie. Et pourtant je pense que nous devrions faire la part des choses entre l’éducation populaire « institutionnalisée » et l’éducation populaire en tant que méthode.

    L’éducation populaire institutionnalisée comme ensemble de structures associatives, politiques, administratives organisant les loisirs des enfants. On appelle ça éducation populaire alors que ça n’en est pas. Ou plutôt c’est devenu l’éducation du peuple comme tu l’écris toi-même (la main paternaliste…)

    L’éducation populaire en tant que méthode n’a rien à voir. L’éducation par le peuple sans contrôle de la part du pouvoir politique.

    #31201
    michmuch
    @michmuch

    @ CréeTaColo

    Evidemment en lisant le titre puis les docs, je ne pouvais que réagir…
    Autant le dire de suite, je partage l’idée de constuire avec… les jeunes et les enfants, je partage l’idée que les colos ne sont pas du business, mais le document que j’ai dans les mains me donnent l’impression de l’avoir lu maintes et maintes fois… la lecture critique que j’en fais, n’a pas pour vocation la critique simple mais bien de poser les difficultés et problèmes afin d’avancer, de débattre et de construire…

    Je vais prendre le document dans l’ordre :
    Aux origines…
    « Nous nous refusons ainsi à considérer les séjours de vacances comme de simples objets de consommation. C’est en nous opposant à l’idée d’un « business » des colonies de vacances que avons pris la décision de créer notre propre structure »
    Poser comme préalable à la création de votre projet ce que n’est pas une colonie de vacances est une entrée en matière assez peu positive… Cela donne l’impression que vous savez ce que vous ne voulez pas mais pas ce que vous voulez…
    La suite est encore meilleur puisque votre ambition est l’éducation populaire…S’il y a bien un objet mou, flou et ectoplasmique, c’est bien l’éduc pop… Il serait intéressant d’étudier et de déconstruire cette notion. D’ailleurs par la suite, vous parlez d’animation, d’éducation, de formation, de moyens pédagogiques… Comme si tous ces termes étaient synonymes ou proches…
    Faut-il rappeler que ce que vous dénoncez a été mis en place par l’éduc’ pop’. Le business des colos, la consommation dans les colos a été mis en place par les fédés d’éduc pop… Fédé d’éduc pop qui sont bien plus des officines des partis politiques que des institutions permettant l’émancipation des personnes… Un exemple : la ligue de l’enseignement, Grande fédé d’éduc pop défenseure de la laïcité, mais surtout officine franc mac’ du PS, qu’a-t-elle fait dans les années 90 ? elle crée la société Vacances pour Tous Internationnal et ainsi vend du séjour catalogue… Autre exemple, l’UFCV avait fait de même dans les années 80 (crée un agence de voyage)…

    Etre acteur de l’éduc pop :
    « L’éducation populaire est une forme d’éducation consistant à former l’individu tout au long de sa vie pour lui permettre de devenir un citoyen responsable, une personne épanouie, et capable de faire ses propres choix. »
    L’éduc’ pop’ serait une forme d’éducation permettant de devenir citoyen… L’école dit la même chose…
    L’éduc’ pop’ serait différente de l’école par les moyens pédagogiques novateurs utilisés… Ah bon ? C’est nouveau… Freinet et Oury n’ont pas travaillé à l’école et ont travaillé dans l’éduc’ pop’ ?
    L’animation est une branche de l’éduc pop ? Ah bon ? C’est l’éduc’ pop qui a enfanté de l’animation… Ca c’est l’histoire que les fédés essaient de nous faire croire… Elles oublient aussi de nous expliquer leurs liens avec Vichy… Elles vont chercher Condorcet et oublie Comte. Qd il faut repenser leurs actions dans les années 80 avec la crise des banlieues, c’est Tigano du club med qui travaillent avec elles… Ne soyez pas naïf… L’éduc pop est une coquille vide et fourre-tout, elle a en fait pour vocation de maintenir le contrôle sur les populations ouvrière… C’est ce que dit clairement Bloc-Lainé dans sa thèse. Lisez les « enfants modèles » de Thorez (le fils pas le père) pour comprendre ce qui est mis en place dans les colos pour maintenir la main (paternaliste) sur le bon peuple ouvrier…

    Votre paragraphe est un programme politique, idéologique… Grosso modo, c’est du baratin. Et pourtant, je suis convaincu qu’il y a une vraie idée et des pratiques dans ce que vous faites… Mais rien n’apparaît. Vous dites : « L’éducation populaire se différencie de l’éducation « traditionnelle » dans le sens où elle tente toujours de lier la pratique à la théorie en mettant en place des moyens pédagogiques novateurs pour que la transmission des savoirs se fasse naturellement. »…
    Vous confondez les concepts : Ce n’est pas l’éduc pop qui lie théorie et pratique mais la pédagogie (précisément : La pédagogie mets au travail de manière concomitante et par la même personne les valeurs, les savoirs et la pratique… ). L’éduc pop ne s’oppose pas à la pédagogie traditionnelle et surtout pas dans l’animation (cf les travaux de Houssaye)… Ce que j’imagine c’est que vous souhaitez vous opposer à la péda traditionnelle en mettant au travail vos valeurs, vos savoirs et vos pratiques… En gros la pédagogie est une action politique… L’éduc pop est un baratin politicard… Agir et non blablater…

    Et le grand problème de votre texte, c’est qu’il n’y a pas de pédagogie. Vous n’expliquer pas ce que vous faites et sur quels savoirs vous vous appuyez… Vous parlez politique (comme des politiques, à ce titre l’article de Ouest-var.net est éclairant… Tous les politiques vous soutiennent FCPE, PS, etc..) mais vous ne parlez pas action, pédagogie, savoirs, etc… Vous ne faites référence à personne à aucun auteur, vous n’êtes que dans le discours, dans l’incantation.

    Il serait intéressant de vous rapprocher d’autre association qui travaille sur des idées connexes. Je pense notamment à Cités d’enfants, je pense à la Maison de Courcelles. Il serait intéressant de lire ce que des pédagogues des colos ont construits : J. Houssaye, J-M Bataille mais aussi les précurseurs, l’histoire des colos avant l’éduc pop… Et oui, ce n’est pas l’éduc pop qui a inventé les colos… D’ailleurs les colos existent dans d’autres pays et sans éduc’ pop’, notamment aux états unis et au canada…

    Défendre le métier d’animateur :
    « Nous considérons que l’association doit apporter à tous, animateurs et directeurs, des outils pour progresser dans leurs engagements. C’est pour cela que chacun des acteurs de l’animation qui travaille à nos cotés aura accès à des formations théoriques, pratiques et à un véritable processus de formation continue. »
    Ca c’est une belle phrase pour un programme politique. Mais concrètement ? Formations ? OK mais où ? À l’UFCV, la Ligue, l’IFAC ? C’est pas ces fédés qui vont vous aider à penser, construire et débattre avec des jeunes… Elles défendent la position inverse, pensée spéculative sur les personnes, projet, objectif éducatif et tout le tintouin… À la fac ? Quelle fac ? Avec quelle contenu ?
    En gros des formations théoriques/pratiques pédagogiques, il n’y en a pas… donc c’est une incantation…
    Défendre le métier d’animateur OK, alors il faut rompre avec l’éduc pop… C’est à dire rompre avec les fédés qui font que l’animateur est toujours une sous-personne sous-qualifié et sous-payé et ce qu’explique l’éduc pop pour justifier de cela c’est la l’animateur quand il agit est militant et qu’il s’est engagé… Comme dans les ordres… d’où CEE, formations hors fac, non reconnus par l’EN, centre de formation géré par les fédés, etc…
    Educ’ pop’, engagement, militantisme, CEE, formation au rabais, sont liés et permettre de maintenir la main paternaliste de l’educ’ pop’ sur les bons soldats… euh pardon, les bons militants qui diffusent la bonne parole.

    Comment expliquez-vous que la filière animation de la FPT n’a pas de cadre A ? comment expliquez-vous que le « PS » au pouvoir n’a pas modifier les textes actuels sur le CEE ? Comment expliquer que la réforme des rythmes scolaires est piloter par l’EN ? Comment expliquez-vous que les communes vendent leurs séjours de vacances par marchés publiques et donc concurrence ? Tout ceci a été mis en place avec l’aval, l’accord de l’éduc’ pop’… Alors défendre le métier d’animateur oui… mais faudrait-il qu’il y est un métier d’animateur et qu’il existe clairement… J’aimerai bien savoir quelle définition donne du métier d’animateur M. Vuillemot (maire), J-Y Lenendre (FCPE), et C. Dimek (conseiller municipal) ? J’aimerai surtout savoir combien sont payés les animateurs travaillant dans leurs accueils de loisirs, combien d’heures ils font et quel est le ratio de titulaire…

    Allez… Votre idée est belle, mais vos références ne sont pas les bonnes… Revenez sur le plancher des vaches, faites de la pédagogie, pas de l’idéologie… Votre projet marchera, mais rapprochez-vous d’autre, de pédagogues qui travaillent ces questions… N’allez pas vous brûlez les ailes, l’éduc’ pop est un leurre, construisez, agissez, écrivez, débattons…

    Merci d’avoir mis votre « projet », votre idée en débat…
    Le conflit, le débat est le point d’entrée de toute démarche pédagogique…

    #31268
    Makh
    @makh

    balthazaar a écrit :

    La fameuse citation historique :
    « L’Education du peuple par le peuple » ne veut pas dire grand chose

    C’est sûrement un genre de slogan anarchiste. Il faut être vraiment très pressé pour ne pas comprendre que ça signifie que le pouvoir politique ne contrôle pas le contenu de l’éducation populaire.

    A partir du moment où dans nos structures on fait faire aux enfants ce que les élus ont souhaité, on n’est pas dans une démarche d’éducation populaire. On est dans une démarche d’éducation contrôlée par des institutions.

    Généralement on l’attribue à Condorcet.

    Pour ce qui est des velléités anarchiques tu te trompes en partie, à l’origine c’était plus une volonté de complément que de scission. Avec aussi la notion très importante que cette éducation doit durer « tout au long de la vie », là où l’état se désintéressait lui de la plupart des adolescents et des adultes.
    Ce n’était donc pas une action ayant pour logique la reprise en main d’un domaine qui ne devait pas échoir à l’état mais plus pour palier à l’absence de celui-ci. On n’est pas dans l’anarchisme au sens propre même si, clairement, beaucoup de penseurs libertaires se retrouvent dans l’idée d’éducation populaire, pour les raisons évidentes que tu mentionnes.

    #31271
    balthazaar
    @balthazaar

    @XXYYZZ
    Je sais que certains membres des différentes DDCS ou DDCSJS on écrit ACMCE ( Accueil Collectif de Mineurs à Caractères Educatif).
    il aurait fallu rajouter Ludique

    Ah! J’ai une citation de Jacques Attali pour toi! Le 5 septembre sur france 2 à ce soir où jamais il a déclaré :

    [il faudrait qu’on apprenne] à compter surtout sur soi-même.
    (…)
    Au lieu d’attendre que sa vie soit dictée par les autres il vaut mieux essayer de chercher au fond de soi-même pour quoi on est fait, qu’est-ce qu’on a envie de faire.
    On ne vit qu’une fois, en principe, et donc autant trouver la meilleure place dans le monde, et ça c’est pas l’état qui va nous la donner.
    (…)
    Il faut que les professeurs d’abord (parce que c’est d’eux que ça dépend d’abord) aident les gens à (…) devenir eux-mêmes, à se trouver, à savoir comment ils vont réussir, ce pour quoi ils sont faits.
    En prenant vraiment conscience qu’on ne vit qu’une fois et qu’il faut vraiment trouver ce pour quoi on est fait.

    Une contradictrice :
    L’état doit se lancer dans le développement personnel, en fait, il doit aider les gens à ouvrir leurs chakras?

    J.A. :
    Oui, absolument. (…) Biensûr que oui. Et ne riez pas parce que si vous étiez enseignant, vous sauriez que c’est l’essentiel de votre métier. Et si vous ne le faisiez pas, vous échouez.

    Tout ceci est bien gentil quand on parle d’artistes, de dirigeants glorieux, etc. Tout ceci devient absolument cynique quand on pense qu’en france la moitié des travailleurs sont ouvriers ou employés. Le rôle du professeur auprès de la moitié de ses élèves? éleveur?

    Le fait de laisser certains choix aux enfants fait aussi partie de l’éducation. C’est l’apprentissage de la liberté.
    Laisser certains choix n’est pas l’apprentissage de la liberté, c’est l’apprentissage de la contrainte.

    La fameuse citation historique :
    « L’Education du peuple par le peuple » ne veut pas dire grand chose

    C’est sûrement un genre de slogan anarchiste. Il faut être vraiment très pressé pour ne pas comprendre que ça signifie que le pouvoir politique ne contrôle pas le contenu de l’éducation populaire.

    A partir du moment où dans nos structures on fait faire aux enfants ce que les élus ont souhaité, on n’est pas dans une démarche d’éducation populaire. On est dans une démarche d’éducation contrôlée par des institutions.

    #31288
    crevette76
    @crevette76

    Si on parle de salaire décent on ne peut parler de CEE. Surtout lorsque dans le même paragraphe on parle de professionnalisation.
    Le CEE est une alternative occasionnelle au bénévolat, pas un contrat pro proposant un salaire.

    Je serais curieuse de savoir ce qui est voté concernant la rémunération des animateurs partant de ce postulat.

    #31290
    XXYYZZ
    @xxyyzz

    Avé à tous

    A mon sens il est clair que les Accueil Collectifs de Mineurs sont avant tout des eux où les enfants s’amusent en pratiquant des activités.
    Comme l’ bien écrit J.Chauvin dans l’excellent livre Les colonies de vacances :

    « les enfants sont en vacances et quand on est en vacances, on est plus à l’école.  »

    Certains vont penser que c’est tout con, mais c’est tellement vrai!!!

    Ou encore
    « Les vacances sont l’occasion de pratiquer des activités tant ludiques que culturelles ou sportives, selon ses souhaits, ses envies, de la découverte d’activités nouvelles, à la pratique plus ou moins intensive de son ou de ses passe-temps. »

    Ici je rejouterai :‘ la possibilité de ne rien faire.

    Je sais que certains membres des différentes DDCS ou DDCSJS on écrit ACMCE ( Accueil Collectif de Mineurs à Caractères Educatif).
    il aurait fallu rajouter Ludique

    Cependant l’aspect éducatif ne doit pas être absent des ACM.
    En particulier sur l’aspect vie collective. C’est l’occasion de faire prendre conscience aux enfants qu’il n’es pas seul, que l’avis des autres compte et que tous ses souhaits ne sont pas toujours possibles. Ceci à l’occasion d’événements ou de faits qui peuvent se produire.
    Cela peux être aussi, en fonction de l’âge et des enfants l’occasion de sensibiliser à certaines choses : ex: pour les petits la tenue à table, la rangement des vêtements, les notions de sécurité.
    certaines activités ludiques peuvent aussi permettent de développer des compétences physiques et intellectuelles.

    Le fait de laisser certains choix aux enfants fait aussi partie de l’éducation. C’est l’apprentissage de la liberté.
    Evidement la façon dont cela est transmis reste le plus important.
    L’animateur est là, présent, il propose, suggère, régule, mais laisse la liberté à l’enfant .

    Ensuite au sujet de l’Education Populaire; bien on peux donner de nombreuses définitions et tout le monde ne sera pas d’accord.

    La fameuse citation historique :
     » L’Education du peuple par le peuple » ne veut pas dire grand chose

    A mon humble avis, l’Education Populaire c’est favoriser la possibilité pour que les enfants et les autres puissent avoir leurs propres avis et faire leurs propres choix.

    Quant à l’aspect salaire des animateurs ( je parle ici des animateurs temporaires des ACM. ( l’animation professionnelle c’et autre chose).Il est clair que tout est relatif. Une même somme paraît correcte pour certains et très faible pour d’autres. Un message sur l’un des forums me pousse à dire que l’animateur doit être au courant de son indemnité, des conditions de travail AVANT le début du séjour. Cela me semble élémentaire.

    Allez bye

    #31291
    balthazaar
    @balthazaar

    Oui c’est fort possible. Je suis un peu claqué et j’ai une fâcheuse habitude à être très (trop?) attentif au langage.

    #31292
    moilapa
    @moilapa

    Tu es un peu dans le procès d’intention, non ?
    En extrapolant sur les « pourquoi », non ?

    #31297
    balthazaar
    @balthazaar

    @creetacolo
    Je vais copier en bleu les citations de votre site web.

    Notre objectif à tous est de proposer des séjours de qualité aux enfants et adolescents
    S’il s’agit de proposer d’une façon différente, je vous suggère de l’ajouter dans cette phrase. A moins qu’il s’agisse d’un produit qui a vocation à être plus concurrentiel que les autres.

    Ces séjours sont ainsi le reflet de leurs attentes, et non un espace de consommation.
    La phrase me semble ambiguë. On a trop pris l’habitude d’opposer « participation » et « consommation ».

    C’est intéressant. Je commence à penser depuis quelques temps que de nombreux acteurs du milieu prétendument de « formation » et autres « éducatifs » à base de « participatif » (ou « actif ») ont en réalité gagné en rendement ou en productivité lorsqu’ils sont passés aux méthodes dites participatives. (et qu’ils n’ont en rien gagné en qualité)

    Plutôt que tout préparer moi-même, je fais faire une partie par les participants. Par exemple je pense que beaucoup d’entre nous connaissent les formations où les participants se mettent en petit groupe, réfléchissent à un problème, et font ensuite un compte-rendu aux autres participants sur un paper-board.

    De toute évidence cette méthode flatte l’égo des participants qui se sentent intelligents et cela leur plait. Le formateur, lui, n’a pas eu à préparer pendant de longues heures ses contenus. Et pourtant, s’agit-il réellement d’éducation populaire? Le formateur est missionné par une institution pour contrôler le contenu de sa formation… pas très populaire, tout ça.

    À mon avis, on peut participer en consommant. Un séjour qui est le reflet des attentes de ses organisateurs, c’est très bien. Tant qu’ils payent il reste une relation marchande et on sait qu’au bout d’un moment, l’addiction à la monnaie fait tout dérailler. C’est triste, c’est ça qui arrive à tous les autres.

    Voilà pourquoi je vous suggèrerais, si vous voulez réellement vous sortir d’une démarche de consommation, de présenter un modèle économique qui le permette.

    Notre fonctionnement rend compte de notre démarche globale: des adolescents participent à la gouvernance de l’association, que ce soit au sein du conseil d’administration ou par leur présence au sein du bureau.
    Et il faudra vous méfier du pouvoir de l’argent : il a tendance à tirer la qualité vers le bas. On réduit les coûts petit à petit, et on fait petit à petit des concessions sur « la qualité ». Ainsi ce qui ressemble à un aveu d’impuissance : Ainsi, avant chaque séjour, le conseil d’administration votera les rémunérations de l’ensemble de l’équipe. Comme dans les autres associations, non? Et ce vote sera basé sur les données budgétaires?

    Offrir un salaire décent à nos animateurs est pour nous une priorité.

    Chaque fois que j’en parle avec des responsables associatifs qui font du contrat d’engagement éducatif à 30 euros par jour, ils estiment que c’est décent. Pas moi. Et vous?

    Nos séjours sont proposés à moindre coût et nous favorisons une réelle mixité sociale
    Comment ça, vous « favorisez une réelle mixité sociale »?

    L’éducation populaire est une forme d’éducation consistant à former l’individu tout au long de sa vie
    Je trouve que vous confondez avec la formation continue. Je décrirais plutôt l’éducation populaire comme l’ensemble des activités éducatives non institutionnelles (non contrôlées par un pouvoir central).
    Je pense que chaque moment de la vie est éducatif, peut-être qu’on peut limiter les actions d’éducation populaire à des événements ayant pour but explicite de former ou d’informer des gens dans l’objectif de créer du droit.

    Aussi les colonies de vacances me laissent dubitatif car je pense qu’il s’agit de divertissement totalement apolitique.

    L’éducation populaire se différencie de l’éducation « traditionnelle » dans le sens où elle tente toujours de lier la pratique à la théorie en mettant en place des moyens pédagogiques novateurs pour que la transmission des savoirs se fasse naturellement. Il s’agit d’ailleurs plus de transmission de savoir-être que de savoirs purs.
    Là encore il me semble qu’il y a une mégarde. L’éducation populaire s’oppose à mon avis à l’éducation institutionnalisée.
    L’éducation que vous nommez traditionnelle pourrait être appelée passive, par opposition aux méthodes d’éducation active, les méthodes laissant beaucoup de place à la pratique.

    Les moyens pédagogiques « novateurs » existent depuis bien longtemps. L’école moderne (qui privilégie les méthodes actives) est toute récentes. Quand je dis « bien longtemps », c’est qu’à mon avis, dans toutes les armées du monde par exemple, on n’apprend pas aux hommes à se battre en cours magistral…

    L’animation est une branche très importante de l’éducation populaire : par ce qui est mis en place dans les Accueils Collectifs de Mineurs, nous donnons des objectifs d’émancipation de l’individu, d’apprentissage de la vie en collectivité et du respect de chacun.
    Même ça j’ai envie de dire que je ne suis pas d’accord.
    Par exemple en écrivant comme moilapa que ce n’est pas à vous de fixer les objectifs de vos clients (ok ok, moilapa ne le dit pas comme ça) :-D
    Ou encore en écrivant qu’en collectivité nous n’apprenons pas le respect de chacun mais le respect des hiérarchies.
    Le respect « de chacun » laisse penser qu’il y a une notion d’égalité.
    Or il n’en est rien, les collectivités sont plutôt (selon moi) le principal lieu où on apprend à respecter les hiérarchies. Cela arrive essentiellement dans les écoles, mais aussi dans les accueils collectifs de mineurs.

    L’éducation populaire a vocation à lutter contre les déterminismes liés au milieu social, culturel et même géographique, de l’endroit où l’on vit. Elle prône l’égalité de tous et permet à chacun de trouver sa place, tout en acceptant celle des autres.
    Là encore, pour moi qui considère que l’éducation populaire est une méthode, elle ne prône rien du tout. Ou plutôt elle prône uniquement ce que les participants ont envie de prôner.

    Notre projet est parti du constat que les séjours de vacances sont trop souvent l’objet d’une logique purement commerciale.
    Je suis vraiment impatient de voir comment vous arrivez à conjuguer ça avec le fait de salarier les animateurs décemment.

    Je pourrais commenter d’autres phrases de votre projet mais je me répéterais.

    Le côté démocratique de votre organisation me semble intéressant, pourriez-vous le développer davantage sur votre site web? En expliquant par exemple la place des clients des séjours, sont-ils membres de l’association? quels sont leurs pouvoirs de décision? vos statuts explicitent-ils des protections contre la mercantilisation des relations?

    Petite chose surprenante : vous ne parlez nulle part des parents ou des familles. Un choix conscient?

    #31311
    moilapa
    @moilapa

    Salut…

    Première petite question : pourquoi penser
    « éducation » pour le loisir, le temps libre de
    l’enfant ?

    Si il y a réellement là « temps libéré », c’est
    bien par rapport à ce temps « non libéré »
    qui dans le cas de l’enfant est « son métier »
    d’écolier… donc ce temps éducatif qu’est
    sa vie à l’école…

    Si ce temps libéré est alors un temps
    pour l’enfant pour souffler vis à vis de
    « l’obligation d’éducation » (à l’école
    mais aussi sans doute dans la famille…)
    pourquoi alors encore de l’éducation dans ce temps ?
    Pourquoi ce qui ressemble à de l’acharnement ?

    « Repenser l’éducation populaire », cela ne
    commencerait pas par abandonner cette
    idée d’éducation, cette idée quelque part
    qu’il faudrait « maîtriser » les enfants, les
    rapports des enfants entre eux ? Cette nécessité
    qu’il y aurait à l’intervention de l’adulte ?

    Ou comment essayer de se débarrasser de cette logique
    de non confiance en l’enfant, en l’entre-enfants,
    en ces capacités à s’organiser, inventer,
    trouver des solutions…
    Merci de votre réponse…

    #18377
    creetacolo
    @creetacolo
    #31314
    creetacolo
    @creetacolo

    Bonjour à tous !

    nous souhaitons vous présenter notre nouveau projet « creetacolo ».
    Notre idée? Repenser les séjours de vacances pour donner une nouvelle dynamique à l’éducation populaire.
    On souhaite faire participer les jeunes à la création de leurs vacances, mais aussi revaloriser la place de l’animateur et son statut…

    Nous aimerions avoir votre avis sur le projet, et si vous vous reconnaissez dans nos valeurs,
    nous vous invitons à consulter notre page Facebook, creetacolo
    ou notre site internet creetacolo !!

    On attend vos réponses !

    L’équipe de cree ta colo

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