(in)utilité de l’animation

5 sujets de 1 à 5 (sur un total de 5)
  • Auteur
    Messages
  • #19796
    ludou
    @ludou

    moilapa a écrit :
    Sinon :
    Peut-être parce qu’on en est devenus incapables pour la plupart d’entre nous.

    Je ne le crois pas (tout au plus Est-ce ce que l’on (« on » restant à déterminer)
    voudrait nous faire croire.

    « on », c’est l’ensemble des animateurs pris au milieu de « dispositifs » (politiques, éducatifs, touristiques…). Et l’incapacité, ce n’est pas de vivre soi-même (encore que, des fois…), mais incapables de garder une simple place de facilitateur, de soutien technique, financier pour les différents « publics ». Je me sens alors investi d’un rôle important de faire pour les autres. Derrière la classique idée d’avoir un rôle social valorisé (et donc de se sentir légitime vis-à-vis d’une hiérarchie ou de commanditaires), je pensais à autre chose. Peut-être ce que tu dis à propos du « métier » d’animateur en lui-même, créé de toute pièce bien récemment dans notre histoire.

    C’est ce côté un peu artificiel du métier qui me gênait déjà lorsqu’on parlait du CEE. Avec toujours cette impression que la professionnalisation d’une fonction (donc le passage d’une fonction sociale à un rôle social professionnalisé) amène son lot d’ennuis (juridiques, financiers) et d’erreurs (volonté éducative, structuration des filières, harmonisation des pratiques et créations de protocoles…).

    Mais j’ai peur de retomber ici dans des travers naturalistes et de vouloir recentrer le travail sur les besoins primaires terrestres de l’homme… :roll:

    #19802
    moilapa
    @moilapa

    Sinon :
    Peut-être parce qu’on en est devenus incapables pour la plupart d’entre nous.

    Je ne le crois pas (tout au plus Est-ce ce que l’on (« on » restant à déterminer)
    voudrait nous faire croire.
    Mais ça rejoint ta réflexion sur cette « animation professionnelle »
    qui n’existe pas : ce qui est au cœur de ce métier ne pouvant entrer
    dans le champ de formations, de critères pouvant
    définir un professionnalisme…
    Qui pourrait croire ici, à part un idiot, que ces jeunes ne
    sont pas capables de faire la fête sans des adultes !!!
    C’est juste totalement stupide et orienté.

    Je crois qu’il s’agit, vis à vis de ta question, de créer
    des métiers qui n’existaient pas (où que l’on redéfinie) Et dont le besoin est créé
    en même temps que l’on crée le métier.
    Parce qu’effectivement « on » a pas besoin de ces gugusses
    pour faire la fête.

    C’est d’ailleurs la spécificité de ce « métier’ animateurs :
    des gens dont on a pas besoin.

    Dans le cas du post dont tu parles, la question me semble
    plus tourner autour non pas de ce que ces jeunes ne seraient pas
    capables, aurait besoin de (il faut être naïf pour prendre pour
    « argent compant » ce qu’ raconte, que de la question de cette femme.
    D’un problème « classique » de l’animation sociocul
    (que j’appelerai pompeusement « échelle de captivité du public », pour faire un clin
    d’œil à l’outil de Hart…)

    Plus ce « degré de captivité du public » est élevé,
    plus c’est facile pour « l’agent animant » (de jouir
    d’un pouvoir, évidemment comme presque toujours
    la réelle question)

    Avec comme dernier degré : la prison, l’unité psychiatrique fermée,
    la secte, la colo, la famille…
    Le degré au dessous : le centre de loisirs, l’école (je ne mets pas l’école
    maternelle dans le dernier degrés juste parce que l’enfant rentre chez lui
    à la fin de la journée)

    En dessous : l’usine,
    etc…

    Peu importe que dans ces différents lieux on
    prétende œuvrer à des buts radicalement différents (la punition,
    le soin, le loisir, l’éducation..)
    Et peu importe le nom que l’on donne à ces « agents » :
    gardiens, éducateurs, animateurs, soignants….

    Ce qui importe, c’est ce que l’organisation, la structure permettent
    de facilitation à cet agent de contrôler, de maîtriser, de jouir
    du public accueilli.

    Pour le cas d’animateurs, plus la structure et l’organisation
    permettent de « liberté de choix » au public, plus c’est difficile.
    Dans le cas de cette fille, le problème étant que ces jeunes aient
    la possibilité de ne rien à voir à foutre de ses idées à la con
    et volonté de gérer, de contrôler l’intimité de ces jeunes
    (la réalité du terrain montre qu’il s’agit à chaque fois d’une
    peur du regard de ce qui paient le travailleur ou d’une question
    de sensation d’être rejetée, de ne pas faire partie de,
    de ne pas être à sa place… bref aimé, désiré… (un autre grand
    classique chez ceux qui se prétendent animateurs)

    (l’âge et la fragilité du public ayant un impact sur la qualité
    de ce loisir à jouir de l’Autre)

    En ça, ‘vaut mieux effectivement une colo
    d’enfants qu’un internat d’ados…

    #19806
    moilapa
    @moilapa

    C’est un questionnement qui existe dans
    le champs de l’animation qui accueille les familles
    (campings, villages vacances….) (enfin, quand on
    se pose des questions)

    C’est (c’était) un des axes de réflexion à la CCAS notamment…

    Penser dans un ensemble qui fait se rencontrer des gens,
    l’animateur devenant le prétexte dont on sans doute de
    plus en plus besoin pour aller vers les autres dans ce type
    d’organisation de loisirs.

    Pour le cas du camping, où la réflexion est tourné vers
    l’idée de remplissage des « emplacements », des locations, , c’est tout
    bêtement que ce qui va faire revenir les familles c’est notamment
    les liens tissés avec d’autres familles, la volonté des enfants
    et ados de retrouver leurs copains…
    Mais cela sous-entend que l’on s’est questionné avant sur
    ce que ces gens sont venus chercher sur un camping,
    au delà des réponses trop évidentes (consommation de
    loisirs, d’animations, échappatoire du reste de l’année…)
    N’y aurait-il pas, par exemple, pour certains, le fantasme de
    « retrouver le village » ? De vivre une rupture avec « la vie de
    tous les jours », dans une ville anonyme de plus en plus
    inhumaine (avec par exemple la réflexion architecturale sur
    « la place du village », les lieux de rencontres….) Le luxe en camping
    étant l’opposé de ces mobil homes collés les uns contre
    les autres, alignés comme des maisons dans des « villes modernes »…
    bien avant le méga complexe aquatique ou le terrain de golf…
    et l’espace (le premier luxe ici)

    Sinon, ce qui pose question, c’est le nom même animateur :
    soit prétendre donner la vie (soit prétendre arriver là où il n’y avait
    rien, conquérant, supposé indispensable…)
    Or, l’animateur n’arrive jamais dans « un vide », quelque chose
    qui n’existe pas…
    Prétendre « apporter la vie », « créer la vie »…
    On n’est que le prétexte qui permet la mise en vie de
    quelque chose qui existe déjà, est déjà là. Ce qui fait de ce métier
    quelque chose d’en partie subtile (parce qu’animer du miss camping
    ou du karaoké, c’est à la portée du premier couillon venu)…

    La question pour un animateur, notamment sur un camping,
    c’est justement de se poser la question de la nécessité de sa présence
    (en tant qu’animateur et non comme personne) , la tendance par
    voir ce prototype d’animateur qui a besoin d’être central,
    de grouper les personnes autour de lui, de faire du bruit pour
    ameuter, à raison de « parler » à la sensibilité des gens, à la complexité
    du fait qu’ils soient uniques….

    L’idée c’est notamment de créer les situations de rencontres,
    et de penser ces rencontres comme un « point de départ ».
    Et puis un autre… Avec la conviction qu’entre ces temps, cela ne concerne plus
    l’animateur…

    L’étape « au dessus, pour un animateur, étant de savoir créer
    ces « temps de vie, de rencontre » sans y être physiquement … ,
    sans doute une des bonnes raisons pour un animateur de
    pouvoir avoir des prétentions financières au dessus « de la
    moyenne »…

    #19180
    ludou
    @ludou
    #19817
    ludou
    @ludou

    Depuis quelques temps, je me pose une question à propos de l’animation telle qu’on la regarde, telle qu’elle s’est organisée. Et notamment suite à ce genre de demandes…

    Je trouve quand même très bizarre cette idée d’animation, où certains pions de la société devraient organiser, animer la vie des autres. On en vient à des situations absurdes où des choses aussi simples qu’un moment de fête, de rencontre festive, devient quelque chose de complexe qui se « devrait » d’exister. Et pourquoi ceux qui veulent faire la fête ne le feraient pas en s’organisant eux-même (avec pourquoi pas l’aide de quelqu’un qui sait faire) ? Pourquoi on arrive pas à se contenter d’aider (ou de simplement donner les moyens) les personnes (adultes, enfants, c’est pareil) à organiser, réaliser leurs idées ?

    Peut-être parce qu’on en est devenus incapables pour la plupart d’entre nous. Peut-être aussi parce que notre mode de consommation s’est désormais clairement orienté vers l’ultra-spécialisation qui cloisonne les secteurs d’activité et que, tels des fourmis, nos temps de vie sont segmentés, confiés à des personnes « dont c’est le métier »…

    Mais autant ça peut s’entendre pour la chirurgie cardiaque, autant pour l’animation ça m’échappe un peu…

    De là à remettre en cause l’animation professionnelle en tant que métier, je n’oserais évidemment pas… :roll:

5 sujets de 1 à 5 (sur un total de 5)

Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.

0
0
color
https://www.planetanim.fr/wp-content/themes/blake/
https://www.planetanim.fr//
#febf42
style1
paged
Chargement en cours
/home/www/planetanim/wordpress/
#
on
none
loading
#
Trier la galerie
https://www.planetanim.fr/wp-content/themes/blake
on
yes
yes
off
off
off