CEE de m*

20 sujets de 21 à 40 (sur un total de 168)
  • Auteur
    Messages
  • #26920
    Shaaa
    @shaaa

    http://www.canal-u.tv/video/universite_paris_diderot/13min_le_volontariat_super_benevolat_ou_sous_emploi_maud_simonet.12438

    On en avait parlé un peu avant (#120 et des brouettes) mais voila une conférence de Maud Simonet sur la question du bénévolat et du volontariat en 13 minutes. Plutôt efficaces… :-D

    Allez… tous pour le volontariat ! Ou on peut revenir au “Livre noir de l’animation socioculturelle“.

    #26999
    crevette76
    Administrateur
    @crevette76

    Petit rappel pour EvaLutine

    Code du travail Les personnes titulaires d’un CEE ne sont pas soumises aux dispositions du :

    chapitre Ier du titre IV du livre Ier (Salaire minimum de croissance)
    chapitre II du titre IV du livre Ier (Heures supplémentaires – Prime de transport – Conversion de certains avantages en nature),
    chapitre II du titre Ier du livre II (Durée du travail),
    chapitre III du titre Ier du livre II (Travail de nuit),
    chapitre préliminaire du titre II du livre II (Repos quotidien),
    chapitre Ier du titre II du livre II (Repos hebdomadaire).
    source cemea

    #27652
    balthazaar
    @balthazaar

    Les enfants qu’on décrit? Non tu inventes.
    J’ai rappelé que des municipalités et associations font leur beurre sur le dos des politiques dites sociales qui emmènent les enfants loin des centre-villes pendant les vacances. Est-ce si loin de la situation que tu décris?


    @Makh

    Le fonctionnement n’a rien à voir non plus avec celui que vous décrivez, l’enfant n’est que très peu contraint, de même que l’adulte
    Chez toi, peut-être. Au-delà de tes exemples personnels il y a aussi des expériences comme celle-ci :
    http://ife.ens-lyon.fr/sciences21/ressources/film-enseignants-animateurs/enseignant-animateur-faire-des-sciences-qu-est-ce-que-ca-nous-demande
    Shaaa vient de la citer dans un autre sujet.

    Pas d’enfant contraint? Pas de mise en rang? Ecoute la vidéo, tout va dans le sens d’une mise au travail des enfants. Ce n’est pas une invention de ma part, les personnes parlent bien de combattre l’oisiveté, d’empêcher les enfants de détourner des outils, ou faire dévier une séance.
    Et pour avoir travaillé avec des personnes d’une grosse association d’animation, c’est bien ce genre d’expérience qu’ils mettent en avant et qu’ils tentent de multiplier.

    qu’aucun argument ne vient étoffer cette généralité dramatique et fallacieuse que vous prenez plaisir à marteler en long, en large et en travers sur tous les sujets de ce forum
    Non c’est faux, il y a beaucoup d’arguments et d’explications. Si ça ne t’as pas touché, c’est que nous n’avons pas mis les bons arguments pour toi, mais ça, dans le fond, moi j’en ai pas grand chose à faire.
    Ta contradiction est intéressante si elle est mesurée, à moi ça me permet de réfléchir et de mieux construire mes idées. Si ça ne te sert à rien, ne t’acharne pas, je pense qu’on peut aussi faire sans toi.

    #27712
    Makh
    @makh

    Perso je ne travaille depuis longtemps quasiment plus que pour des CE/CIE historiques ou pour des municipalités, le public que nous accueillons n’a strictement rien à voir avec celui que vous décrivez, il est même, dans le cas des séjours organisés par les collectivités, bien plus défavorisé que les gamins de bourges qu’on va retrouver dans les campings ou autres assoc’ de merde.
    Le fonctionnement n’a rien à voir non plus avec celui que vous décrivez, l’enfant n’est que très peu contraint, de même que l’adulte, il est, pour la quasi totalité, même bien plus libre qu’il ne peut l’être le reste de l’année, avec ses parents. Si j’ai un reproche à nous faire c’est plutôt de leur laisser entrevoir trop de libertés dans ce fugace passage inscrit dans un système qui, lui, va l’oppresser toute sa vie.

    Bref encore et toujours la même réponse aux mêmes invectives, aucune nuance dans les propos, une méconnaissance flagrante de certains types de séjours, d’organisateurs, et un amalgame assez étrange qui procède certainement d’une expérience mal digérée. A tout le moins c’est la seule conclusion qu’on peut faire tant qu’aucun argument ne vient étoffer cette généralité dramatique et fallacieuse que vous prenez plaisir à marteler en long, en large et en travers sur tous les sujets de ce forum.

    Quant aux motivations, les miennes ou celles des gens avec qui je bosse elles sont diverses et variées, mais nous en parlons sans pudeur, et chacun les affine ou les découvre, les assume et les verbalise. Ça fait bien longtemps que je n’ai plus entendu d’animateur me dire qu’il était là par pur altruisme.

    #27725
    moilapa
    @moilapa

    en effet, tout comme celle de Moilapa
    Sauf que je ne parle de mon expérience personnelle ici,
    ce qui n’aurait pas d’intérêt. Comme ton
    histoire sur un camping…

    Sinon : les CE qui organisent leur propre séjour ne sont
    qu’une goutte d’eau.

    Voilà ce qui a un intérêt :

    Les fédé de l’éducation populaire qui demandent
    à pouvoir bénéficier du CICE !!!!!!
    La nouvelle la plus drôle de ce milieu depuis
    des années : ces vendeurs de séjours qui
    se sont battus pendant des décennies pour
    qu’on ne les traite pas comme des entreprises
    et qui là demande à être traités comme des
    entreprises !!!
    A bénéficier d’un système qui permet d’augmenter
    les profits (la compétitivité) des entreprises !!!
    Dans des boîtes qui se prétendent “à but
    non lucratif” !!!!

    Soit bénéficier à la fois du CEE et du CICE !!!

    Mais alors… l’apparition surprise dernièrement de ce mot
    “entreprise” dans la bouche de certains grands
    patrons du secteur… ne serait pas fortuite ??? Comme
    je suis surpris…

    Se pourrait-il alors que… le tant haï Telligo,
    chantre du fric pour tous les nobles travailleurs
    du sociocul… parce que société ayant pour but
    de gagner de l’argent… ne serait tant décrié
    par tous ces idiots que parce qu’il représente
    l’aveux de ce que sont ces pseudos associations,
    ces boîtes à faire du fric… Que le passage d’asso
    à entreprise était une trahison, l’aveux de
    ce formidable foutage de gueule qu’est
    l’ensemble de cette animation sociocul…

    vive le fric ! Vive les vendeurs de colo !

    #27763
    balthazaar
    @balthazaar

    Il ne faut pas exagérer non plus. Si la concurrence n’est pas débridée, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de concurrence. La concurrence est probablement bridée par la possibilité des collectivités territoriales notamment de participer soit à l’organisation directe de séjours, soit au financement de séjours organisés par des associations. Le système de décision des mairies est assez lourdingue, pas si évident à contrôler, pas toujours maitrisé par les personnes qui sont aux points de décision.

    En tout cas il laisse une vague possibilité pour qu’une décision ne soit pas uniquement économique.
    Ceci dit ça a tendance à s’effacer, derrière la rationalisation des choix budgétaires.
    Sans compter que les décisions motivées par des idées ne sont pas pour autant bonnes.

    Les CE, ou tout autre organisateur vertueux, s’ils existent c’est très bien. Ça ne doit pas nous empêcher de penser les défauts structurels du secteur de l’animation.
    Il y a un discours qui dit qu’il faut aider des pauvres… pourquoi aurait-on tort de révéler son hypocrisie?

    Les animateurs, tous tordus… Effectivement de but en blanc ça paraît gros.

    C’est troublant parce que dans l’animation en général on fait deux catégories d’adultes, selon comment ils gèrent le comportement des enfants :
    -l’autoritaire brutal (= autorité par la force)
    -le pédagogue (= autorité par la connaissance) (ce qui inclut la manipulation)

    Aujourd’hui l’autoritaire brutal et le pédagogue se donnent tous les deux pour mission de mettre les enfants en rang. La différence c’est que l’autoritaire brutal donne des coups tandis que le pédagogue explique gentiment à l’enfant que s’il ne se met pas en rang, il sera abandonné et il mourra.

    Finalement, qui est le plus tordu… est-ce que c’est vraiment celui qui refuse de mettre les enfants en rang? Est-ce que c’est celui qui leur tape dessus pour “les protéger”? Est-ce que c’est celui qui leur fait croire qu’ils vont mourir alors qu’il n’en sait rien?

    #27807
    Anfodico
    @anfodico

    crevette76 a écrit :
    ton expérience personnelle en camping reste une expérience personnelle.

    en effet, tout comme celle de Moilapa… D’où l’utilité d’avoir les deux sons de cloche, pour voir que tout n’est pas blanc d’un côté et noir de l’autre.

    Et le fait que tu ne réponds ni sur la structure pour qui tu encadres ni surtout sur le sens que tu donnerais à cette idée “d’éducation” (d”intérêt pédagogique” dont serait dénué le camping et dont serait alors doué la colo !!!) montre combien tout cela est du vent : tu prétends à cette réflexion sur le sens, mais cela t’est totalement inabordable

    J’ai prétendu ça moi ?
    J’ai juste dit que je ne suis pas d’accord avec toi pour mettre tous les organisateurs d’ACM dans le même panier, et surtout dans le panier de la concurrence débridée.

    J’aimerai bien voir où j’aurai bien pû faire un classement entre animateur de colo, d’accueil de loisirs, de camping, du club Med ou de Disneyland, tiens !
    C’est toi qui passe ton temps à rabaisser ceux que tu insultes juste parce-qu’ils font de la colo… Pas moi.

    Quant à mes employeurs dans ce domaine, ils ont été très variés, mais principalement des comité d’entreprise si je prend en considération ceux où je suis revenu, et en particulier un de ces très gros CE en ce qui concerne mon expérience professionnelle côté organisateur.

    Et j’ai vu dans ces structures bien plus de respect du salarié que n’importe où ailleurs, par exemple en terme de formation (DIF accessible aux animateurs en CEE), de rémunération (jours de repos payés, salaire mensuel supérieur au SMIC mensuel), de taux d’encadrement (30 à 60 % au-dessus des seuils légaux bien souvent) ou de “pérénisation” (convention collective imposant de ré-embaucher les saisonniers d’année en année, avec représentants syndicaux dédiés).

    Bref, je ne prétends certainement pas que les CE sont des organismes parfaits ou qui respectent toujours la loi.
    Mais je me garderai bien de dire qu’ils sont pire qu’un camping, un tour opérateur, une mairie ou que sais-je encore… et contrairement à toi, je n’insulte pas toute personne qui exprime son désaccord avec moi, même quand je la trouve dangereuse (ta façon de sous-entendre que les animateurs sont majoritairement des tordus, peut-être des pédophiles ou des gourous, ça me paraît être un discours de haine des plus dangereux, par exemple).

    Sans parler de ta défiance envers ceux qui animent sans la présence des parents… Comme si en camping ou n’importe où ailleurs, c’était une chose majoritaire de faire de l’animation pour la famille.

    Bref, nous ne sommes sans doute pas d’accord sur grand-chose.
    Je ne vois pas l’utilité d’épiloguer plus longuement sur ça.
    Tes opinions sont aussi claires qu’extrêmes.

    #27818
    moilapa
    @moilapa

    Ce que tu ne comprends pas, Andofico, c’est
    que je ne fais pas l’apologie du camping. Je te
    réponds ici sur le côté dédaigneux qu’on retrouve
    chez les animateurs de colo (toi ici mais tout autre couillon
    partout ailleurs dans le sociocul)
    qui ont l’impression que leur travail aurait plus
    de sens que celui en centre de loisirs ou tout autre
    structure où travaillent des animateurs.
    Je te réponds juste qu’il s’agit de produits commerciaux
    dans un cas comme dans l’autre, de produits
    de consommation.
    De marché concurrentiel. Et le fait que
    tu ne réponds ni sur la structure pour qui
    tu encadres ni surtout sur le sens que tu
    donnerais à cette idée “d’éducation”
    (d”intérêt pédagogique” dont serait dénué
    le camping et dont serait alors doué la colo !!!)
    montre combien tout cela est du vent : tu prétends à
    cette réflexion sur le sens, mais cela t’est
    totalement inabordable : comme c’est le cas
    de l’immense majorité des crétins qui ont
    ces mots dans la bouche pour prétendre combien
    il serait glorieux de travailler sur ces usines
    à faire des décérébrés des enfants que sont
    les colos.
    Donc : s’agissant de cet “intérêt pédagogique” :
    avant même de discuter de sa réalité : quant
    est-il de son sens ???? dans le cadre de ce
    qui devrait être loisirs ????

    Sur ton exemple personnel s’agissant de ton
    expérience en camping : il ne démontre rien
    que ta fragilité, ta capacité à refuser d’obéir
    aux ordres donnés, fussent-ils totalement
    à l’Ouest.
    Bien entendu qu’il y a des gens méprisables dans
    “l’univers des campings” et des gens fragiles
    comme toi que l’on va engager comme animateur et
    à qui on va demander de faire du ménage :
    la question n’est pas dans cet exemple dérisoire :
    il est dans la différenciation de traitement :
    d’un côté un système qui vit sur l’enculage
    de masse des jeunes érigés en doctrine humaniste (!!!)
    et de l’autre le monde du travail avec tout ce
    qu’il peut avoir de bon ou de mauvais pour
    l’individu : avec un minimum de règles qui
    permettront éventuellement au salarié de faire
    valoir ses droits : ce qui n’est pas possible dans
    le cas de la colo, du CEE, quand il s’agit de
    se débarrasser institutionnellement de ces
    principaux droits, ces principaux garde-fous.

    Bref, Moilapa tu penses que les adultes qui aiment travailler en colo sont des pervers qui ont pour seul but de manipuler des enfants et d’assouvir des pulsions tordues et machiavéliques…
    Non : je dis que la colo est le type d’accueil le plus
    potentiellement dangereux pour l’enfant.
    Et je dis qu’il faudrait se poser la question du
    pourquoi quelqu’un qui travaille le reste de l’année,
    n’a pas besoin donc de travailler durant ses
    vacances, ressent le besoin d’être au contact
    d’enfants gratuitement : si il n’envisage pas
    cela comme un travail, un métier, qu’Est-ce
    qui fait ce besoin ? Quelle jouissance chacune
    de ces personnes tire-elle de cette situation
    de l’enfant “hors la famille” ?
    Ces personnes qui vont alors se réfugier
    derrière un “pour le bonheur des enfants”
    auquel seuls les idiots sont priés de croire…

    Sinon :

    Avant le prix des séjours, avant les peurs
    des parents… il y a une nouvelle donne :
    la nouvelle position de l’enfant dans la famille :
    d’où le fait que majoritairement les mômes
    rejettent bien entendu cette idée de colo.
    Les enfants ne veulent pas aller en colo et
    ils ont aujourd’hui la possibilité de s’exprimer !
    (c’est la différence avec “hier” et cette
    “glorieuse” période des colos de masse…

    D’où alors peut être une donnée pour les
    familles “riches” : peut être plus traditionnelles
    et donc où l’enfant reste infans ?
    Il serait intéressant de voir ce qu’il se passe
    chez ces “traditionnalistes de la colo” :
    les scouts et autres organisations de même
    acabit…

    Sur la question du droit au chapitre des
    enfants : d’où alors la nécessité de proposer des
    séjours deltaplane-kayak-quad pour répondre
    par la frénésie consommatrice, qu’il est
    facile alors de voir comme la réponse au
    pulsionnel de ces enfants (c’est d’ailleurs
    ce que reprochent les andouilles aux campings,
    lieux de loisirs frénétiques où il ne pourrait
    y avoir de sens, de culture, de “matière”…
    Où l’on serait du côté de l’émotion, du
    plaisir “facile” : vieille rengaine puante
    s’agissant de décrire le “loisir du peuple”…
    Et que l’on a abandonné s’agissant des adultes
    depuis quelques décennies, quand les
    enfants (en tout cas les moins riches)
    eux ont encore droit à ce paternalisme
    bienveillant puant…

    Ce discours sur le pulsionnel (façon Anfodico,
    même si il n’a pas la capacité de le formaliser)
    est un discours où morale et politique se
    rejoignent, curés et gauchistes : le mal
    étant le plaisir !!! ce plaisir qu’il faudrait
    mettre à distance, parce que pour les uns
    ça détournerait la classe ouvrière de la
    nécessité de lutte, pour l’autre parce que
    le loisir pour les pauvres est un cadre dangereux,
    et où d’autres encore parleraient de sublimer
    ce plaisir “premier” par un plaisir d’apprendre,
    de “s’enrichir” “noblement” !!! toute la pensée
    éducative du sociocul !!!! , via notamment
    ici les crétins qui comparent les activités
    de colo “nobles” (celles qu’ils proposent évidemment)
    des activités cacas : les activités funs que ces
    mêmes entreprises commerciales mettent en avant
    pour vendre leurs produits “colo”.

    Aujourd’hui, on ne vend pas un séjour aux
    familles rentables si il n’y a pas dedans
    une journée de quad, de descente de rivière,…
    Et sur les usines à touristes, l’été, entre
    un groupe envoyés par un ce et un autre
    envoyé par un camping, on trouve les
    gamins d’une colo.

    Sur cette idéologie de “donner une chance
    aux enfants les moins bien lotis” vis à vis
    d’un système scolaire inégalitaire : cher à
    l’éducation populaire, à toute son histoire :
    mais pourquoi aller faire les mômes dans leurs
    maigres loisirs !! leurs maigres vacances !!!
    Pourquoi investir le champ des loisirs plutôt
    que celui de la scolarité !!!!!
    Donnant ainsi lieu à une “double peine” :
    non seulement le système scolaire favorise
    les enfants des familles “riches”, mais en
    plus les loisirs favorisent aussi ces mêmes
    enfants, les “pauvres” devant alors se coltiner
    au lieu de loisirs les idées de ceux qui savent
    mieux à leur place ce que doivent être leurs
    loisirs !!!!

    Et si tu n’avais qu’à faire une seule réponse
    (en partant du postulat idiot que tu en sois
    capable) : comment comprendre cette insistence
    des fédé de l’éducation populaire à profiter
    du CICE !!!!!!

    #27822
    crevette76
    Administrateur
    @crevette76

    ton expérience personnelle en camping reste une expérience personnelle ; comme dans tous les milieux il y a des employeurs respectueux et des employeurs qui vont abuser des salariés.

    La question cruciale est : le salarié se sentira-t-il légitime à faire valoir ses droits lorsqu’il tombera sur un employeur qui abuse de sa position ?
    Bien évidemment, cela dépendra du salarié, de sa situation et de son vécu, mais… un jeune qui n’a connu que le CEE sera-t-il mieux ou moins bien armé qu’un jeune ayant travaillé sous vrai contrat (CDD ou CDI) dans un tel cas ?
    Pour moi la réponse est vite trouvée… et je suis persuadée que ça en arrange plus d’un parmi les organisateurs divers et variés. :roll:

    #27824
    ludou
    @ludou

    ceux qui se font avoir en colo ont des chances de se faire avoir en camping aussi (au niveau salaire). Le jour où il y aura des courageux pour refuser des emplois et envoyer massivement des lettres de non-motivation (ou plus simplement : négocier les conditions de travail et le salaire), ça sera différent.

    Bref, Moilapa tu penses que les adultes qui aiment travailler en colo sont des pervers qui ont pour seul but de manipuler des enfants et d’assouvir des pulsions tordues et machiavéliques…

    y’en a quand même un bon paquet (après, je les connais pas tous hein)

    #27826
    Anfodico
    @anfodico

    Bref, Moilapa tu penses que les adultes qui aiment travailler en colo sont des pervers qui ont pour seul but de manipuler des enfants et d’assouvir des pulsions tordues et machiavéliques…

    Quant au camping qui respecteraient les salariés en les payant à leur juste valeur, c’est pas franchement ce que mon expérience personnelle m’a amenée à constater : entre le non paiement des frais de déplacement (tout le monde ne vit pas à côté d’un camping en pleine zone touristique), la facturation de l’hébergement (souvent collectif), les missions débordant du cadre du contrat (parce-que là, faut bien laver les douches ou tenir l’accueil, même si t’es sensé animer la garderie ou faire la plonge au snack) et le non paiement des heures supplémentaires (parce-que bon, on est dans le monde du tourisme saisonnier hein, c’est comme ça partout), ben j’ai pas trouvé ça très brillant.

    Personnellement, en ayant travaillé en camping et en colo sur le même été, je suis reparti avec plus d’argent en poche en colo (ben oui, j’ai pas eu à payer mon transport, mon logement ou ma bouffe).
    Il est vrai que j’ai plus travaillé sur la colo (en nombre d’heures) mais j’ai travaillé bien plus que ce qui m’avait été annoncé au camping (au moins, à la colo je savais où j’allais).
    Du coup, j’me demande bien où est le curseur du respect, entre le côté qui annonce la couleur et le côté qui tire sur la corde sans avoir prévenu avant.

    Cela dit, le travail était intéressant en camping, et le relationnel avec les clients était enrichissant (surtout dans une petite structure).

    #27845
    moilapa
    @moilapa

    Ce qu’il y a le plus à vomir dans les colos
    est ailleurs.

    Ce glissement d’une forme populaire de
    vacances vers un objet de consommation
    de luxe, dit bien plus qu’une simple réalité
    économique (qui existe depuis que l’homme
    sait compter : certains ont les moyens de,
    d’autres non) et n’est pas propre au marché
    des colos.
    (C’est juste là difficile à reconnaître pour les
    andouilles qui voudraient se persuader d’être
    des “gens de cœur qui donnent d’eux-mêmes”,
    pantins d’une logique commerciale cohérente…
    Ceux qui se font jouir en se déclamant altruistes…)
    C’est juste que c’est un “milieu” qui s’est
    cru historiquement mère théréza, au service
    bienveillant du peuple… quand l’histoire
    des colos n’a jamais que manipulation des
    masses.

    Ce qu’il y a de bien plus détestable dans ce
    que sont devenues ce que l’on appelait jadis
    les colos, c’est le retour de cette logique
    là :
    – le loisirs des enfants riches : divertissement,
    sous la forme consommatrice ostentatoire
    ou de l’enrichissement culturel de la personne.
    – le loisirs des enfants pauvres : l’éducation !
    L’enfant pauvre en état de loisir se doit
    non pas de se divertir, mais d’être éduquer.
    Ou plus exactement rééduquer (puisqu’il
    s’agit de combattre l’influence du milieu
    familial et social : exactement le discours
    de Makh ici !!!)

    E c’est exactement le discours dominant encore
    aujourd’hui dans l’animation sociocul, dont
    on a de parfaits exemples ici : comme cet
    idiot d’anfodico qui vomit le camping pour ce
    qu’il aurait de pulsionnelle (de loisirs !!!
    de divertissement !!! Bou ! C’est caca !!
    de populaire en vérité, le modèle étant
    à l’opposé, ceux que l’on prétend combattre :
    ces fameux nantis…)
    de la noble colo où l’on éduque ces bons
    enfants du peuple… comme c’est noble…
    ça me ferait presque pleurer du fion…
    Les deux idées se rejoignent pour dire que
    le peuple ne peut être oisif !!!!!!!

    D’où deux définitions du loisir :
    le divertissement et la culture pour les favorisés.
    L’éducation pour les pauvres.
    Le loisir, la culture n’étant plus émancipateurs
    mais outil de contrôle !!!

    Il n’y a qu’à écouter les discours de ceux qui
    “pensent” ces séjours différents, notamment
    du côté des mairies, et du véritable mépris
    que l’on y a pour ces masses qui ont forcément
    besoin d’être éduquées…
    Comparer les choix des mots utilisés par
    les uns et les autres…
    Par exemple ici par tous les connards qui
    n’ont de cesse de s’enivrer de “pédagogie”,
    “éducation”, et autres… et les brochures et
    sites internet qui draguent les parents solvables !!!!
    Qu’il faut arracher au concurrent…

    Ce n’est plus là le discours des “élites”
    effrayées que le loisir ne soit plus leur apanage,
    sur ce peuple menaçant, forcément du côté
    des pulsions et pour qui le loisir ne pourrait
    être que désordre et débordements pulsionnels…
    c’est le discours de “la gauche”, via toute
    l’histoire de cette fameuse éducation populaire,
    pour qui le loisir se doit d’être productif !!!
    doir enrichir “sainement” ce bon peuple…
    Là aussi les discours se rejoignent…

    Il y a un discours pour les colloques et les
    rencontres en mairie, et il y a le discours
    qui permet de gagner de la part de marché,
    dans la réalité de ce que sont les colo’.

    Sinon, Anfodico dit :

    Tu ne peux ignorer l’aspect extrêmement commercial et
    dénué de tout intérêt pédagogique réel de la majorité de ces structures

    Je ne peux pas ignorer ?????
    Ignorer quoi ? La connerie érigée en tant que
    règle dans l’animation sociocul, et plus
    particulièrement dans les colos ? Les nuées
    d’abrutis incapables d’aligner deux idées et
    qui prétendent éduquer les foules ??? Et sous
    le couvert de projets écrits complètements
    idiots que de toute façon les crétins censés
    les mettre en place ne peuvent comprendre ?????
    Qu’Est-ce qui ferait ce “plus” pédagogique”
    de la colo ???? Parce que là, je vois vraiment
    pas… surtout à chaque fois que je sors d’une
    discussion avec l’un des animateurs colo…
    Qu’Est-ce qui pourrait bien être ce “plus” ???

    Mais avant : si tu commençais par m’expliquer le sens
    de ce “pédagogique” dans le cadre des loisirs
    des enfants ???? Ou il va falloir redéfinir le
    sens des mots, ou tu vas devoir associer
    d’autres mots ensemble, qui eux pourraient avoir
    un lien : pédagogie et école d’été loin des
    parents, éducation et pseudo pédagogues
    pas fichus d’aligner deux idées…

    En deux mots : avant de parler de “pédagogie”…
    et si essayais déjà de parler de sens, de
    cohérence ???

    Et puisqu’il s’agit de comparer, peux-tu
    m’expliquer en quoi il y aurait plus de “richesse”
    dans ton travail en colo que le mien en camping…
    Avec, pour t’aider, ce qui pourrait définir
    mon métier d’animateur en camping dans le cadre
    des loisirs des personnes à qui j’ai affaire :
    Etre prétexte pour que les gens se rencontrent.
    Et s’agissant du sous groupe enfants :
    mettre en place des situations qui peuvent
    permettre le jeu entre enfants.
    C’est tout !!! Pas besoin d’écrits sacrés pour
    guider mon travail sain !!

    Pourrais-tu maintenant, me dire en quoi
    ton travail serait plus porteur de sens dans
    le cadre des loisirs ????

    Si dans le cadre de l’école ou de la famille
    je peux admettre (bien que) que l’on ne demande
    pas son avis à un enfant qu’en aux manipulations
    et formatages obligés qu’il va subir… qu’en est-il de cette “logique”
    dans le cadre de ses loisirs ????
    Comment s’exprime cette logique d’éducation
    dans tes loisirs à toi ? (à moins que ces belles
    idées ne soient bonnes que pour ces connards de mômes ?)

    Sinon : faut-il qu’il y ait volonté éducative pour qu’il
    y ait éducation ? Ou plus généralement
    apprentissages ? (du vivre ensemble…)

    Et si, dans le cas du “non”(et ceux qui
    répondent “oui” sont des idiots)… si l’on arrive
    au même “résultat” qu’il y ait volonté éducative
    ou non… quel est l’intérêt de cette volonté
    éducative ????? Quand la très grande majorité
    de ce que l’on sait, de ce que l’on apprend,
    et donc de ce que l’on est, ne l’est pas par le
    biais de l’éducation ?????

    Et surtout, surtout : quand la seule chose à éduquer ici
    ce n’est pas l’Autre mais soi !!!!!!
    N’Est-ce pas ça qui vous condamne à rester
    des idiots, des imbéciles persuadés
    de devoir éduquer les autres…

    tiens, pour le plaisir : je rajoute un exemple
    concret de plus pour dire combien cette
    éducation populaire est majoritairement faite
    d’abrutis : la même personne :
    “il faut répondre aux besoins des enfants”.
    et
    “Ici, il est interdit de prendre des enfants
    dans les bras”.

    Toi, tu circules loin de moi où je vais te faire du mal.

    #27877
    balthazaar
    @balthazaar

    En effet. On ne contrôle pas qui part faire une formation bafa ni qui part en colo.

    Je me dis qu’en conseil municipal quand on cherche comment réintégrer des gens désœuvrés dans un circuit d’emploi, on n’a pas 36 solutions. S’en remettre à des associations qui prétendent faire du social est très courant. Et il se trouve que celles-ci proposent justement de l’intégration au monde du travail.

    Ce n’est pas pour ça que ça marche, évidemment.

    #27883
    moilapa
    @moilapa

    Non ; je ne le crois pas.
    Déjà parce qu’il faudrait de la masse pour
    être intéressant (et si il y a encore masse
    pour les enfants, le nombre d’animateurs est
    forcément moindre au niveau d’une ville,
    pas forcément de la ville mais des alentours,
    bafa oblige)
    et surtout parce que la population qui
    passe le Bafa n’est pas la même que celle qui peut
    poser problème à la politique d’une municipalité.
    Classe moyenne d’un côté, et “gamins de mon
    quartier” de l’autre.
    Cet autre population peut se retrouver sans
    doute sur les structures “intra muros” ,
    notamment autour de “la question de la rue”.
    Avec cette autre logique pour le moins discutable :
    “les grands frères” plutôt que “celui qui
    n’est pas du quartier”, voir pire “celle qui
    n’est pas du quartier”.
    Ceux que j’entends appeler “les vendus” quand
    il y a accrochage avec des groupes de jeunes…
    (“vendus étant un terme très générique qui
    peut être utilisé aussi avec les vigiles du
    métro, le conducteur du bus, le surveillant
    du collège…) pourvu que son faciès puisse
    être pensé “du quartier”…

    #27885
    balthazaar
    @balthazaar

    Je crois même que les gens qui décident d’envoyer les enfants loin des centre-villes pendant les vacances font d’une pierre deux coups :
    -ils envoient les enfants au loin
    -ils envoient aussi les jeunes adultes sans travail au loin pour qu’ils s’occupent des enfants

    Quelle aubaine! Pouvoir envoyer au loin les gens sans travail…

    #27888
    moilapa
    @moilapa

    “Boîte à fric”
    Mais c’est précisément ce dont il s’agit ici !! De commerce, de business, de faire de l’argent.
    Camping ou colo, ce sont deux formules de tourisme, deux types de produits commerciaux.
    Sauf que l’un ne prétend pas à la sainteté, assume sa réalité bisness. Quand du côté colo, on voudrait faire croire
    que l’on est “dans le social”, quand il ne s’agit que d’un marché concurenciel où il faut prendre de la part de marché aux concurents, vendre à tout prix le produit commercial “colo”.
    Sans parler du côté à dégueuler qui consiste à “parler de
    sociale” en usant d’un système économique fondé
    sur l’enculage de masse du jeune travailleur naïf…
    On peut reprocher beaucoup de choses à
    ces campings où vont se reposer les travailleurs…
    mais il y a une chose que la colo ne peut
    lui revendiquer : le fait d’avoir un minimum de
    respect pour les travailleurs en les payant
    pour le travaille effectué : ce qu’une
    colo ne peut pas faire !!!

    Pour les abrutis qui ne voient pas en quoi une colo
    est potentiellement dangereuse pour un enfant,
    source pour les adultes de la mise en place
    festive de toutes sortes de fantasmes et
    pulsions… ce sont les familles qui en parlent le mieux…

    Les enquêtes qualitatives et les sondages sur les motivations des parents qui envoient ou, au contraire, n’envoient plus leurs enfants en colonies de vacances, insistent sur la peur qu’ils éprouvent pour la sécurité morale de leurs enfants jusqu’à l’adolescence et pour leur sécurité physique par la suite, lorsqu’ils les savent sur la route ou qu’ils pratiquent des activités à risque.

    Pour les familles solvables, le principal obstacle au départ tiendrait à la crainte que l’enfant soit mis en danger à un âge où il ne peut ni se défendre ni décider raisonnablement par lui-même

    Matk : Je suis pour que les enfants puissent partir en vacances entre eux
    .. bla, bla, bla…
    Encore une fois, tu parles du bénéfice que tu prétends apporter aux enfants (et encore du mère thérésa) mais tu ne parles pas de la jouissance
    que tu tires de cette mise à disposition d’enfants livrés “corps et âmes”, dans cette situation d’extrème fragilisation, la colo…

    Quelle jouissance un animateur de colo (directeur) peut-il tirer de l’absence des parents ? De cette situation où l’animateur prend de fait
    la place des parents (du point de vue émotionnelle, organisationnelle, sécurisation) en étant tout à la fois : juge, bourreau…
    Dans ce huis-clos où rien n’empêche l’expression de toutes les pulsions imaginables : puissance, domination, sexualité…

    « Le comité central d’entreprise de la SNCF a fait une grande enquête auprès des parents des cheminots pour savoir pourquoi ils n’envoient pas leurs enfants en colos. La réponse est simple : parce qu’on n’a pas confiance. Je ne l’envoie en colonie que lorsqu’il a l’âge de se défendre et d’appeler les parents au téléphone en cas de problème. Les craintes sont liées à la pédophilie. Mais, comme en témoignent les travaux de M. Guillaume Maché sur la rupture du lien affectif, la difficulté du départ tient aux réticences des familles à lâcher leurs enfants qui sont choyés et dont elles ne veulent pas se séparer. »

    Anfodico Je ne crois pas que le secours populaire organise beaucoup de séjours en direct… Il négocie plutôt des places chez des partenaires (y compris Telligo !).
    Je te parle pas des séjours de plusieurs jours
    mais sur des sorties-journées encadrées par
    de vrais bénévoles…

    Par contre, une mairie, un comité d’entreprise, un centre socioculturel municipal, ça ne me semble pas franchement être des boîtes à fric, si ?
    Ça ne me semble pas non plus être des structures qui proposent des séjours à des prix hallucinants.
    Et, si on peux regretter que leur public soit limité (géographiquement, à une entreprise, …), on peut difficilement les accuser de rentrer dans une démarche marchande et concurrentielle.

    Voir plus loin dessous en quoi ce que tu dis est à l’Ouest…
    Pour qui tu travailles ?…
    Que l’on puisse juger “sur pied” de l’adéquation de tes belles paroles avec les faits de cet organisateur…

    Pour ce qui est des mairies : (29 % seulement des organisateurs de colo sont des collectivités territoriales)…

    Les CE :
    “Les comités d’entreprise ne sont plus qu’une centaine à organiser eux-mêmes des colonies de vacances”
    je ne les compte pas parmi les “vendeurs de séjours” : ils ont un public captif. Et si ce public ne souhaite plus utiliser le service
    “colo”, cela ne remet pas en cause l’existence du CE : l’argent est là, de fait : il n’est pas à gagner. le CE n’a pas à chercher à gagner de l’argent, mais à utiliser l’argent existant
    pour les bénéficaires.Ce qui n’empêche pas là aussi, bien entendu, que certains en profitent pour s’en foutre plein les poches : le détournement
    de fond étant un sport indisossciable des ce.
    La plupart des comités des grandes entreprises qui organisaient traditionnellement des séjours passent désormais des conventions ou des appels d’offres pour l’achat de séjours clés en main, auprès de grandes associations spécialisées ou de prestataires ”

    Les grandes entreprises qui n’ont pas acquis de centres ou celles qui, comme La Poste, ont cédé leur patrimoine, continuent à acheter des séjours auprès des organisateurs pour proposer à leurs salariés des tarifs négociés, dont une partie reste prise en charge par le comité. Il convient de remarquer que cette évolution n’est pas forcément défavorable à la progression des départs en vacances collectives des enfants des salariés de l’entreprise.

    L’implantation d’acteurs commerciaux dans les départements riches, avec le soutien des collectivités locales, n’est pas due au hasard. Les publics fréquentant ces séjours sont très ciblés. Les séjours sont proposés à des tarifs élevés qui excluent les enfants des milieux modestes et des classes moyennes.

    À la différence des autres financeurs sociaux, les comités d’entreprise aident les départs en colonies sans appliquer de critères sociaux restrictifs et favorisent de ce fait les départs des enfants de cadres et de professions intermédiaires dont les parents, selon un rapport du Conseil national du tourisme de 2004, « ont déjà un revenu suffisant pour partir en vacances par leurs propres moyens ».
    Ces familles sont largement solvables et exigeantes sur la qualité et l’attractivité commerciale des séjours. Pour satisfaire leurs demandes, les comités d’entreprise incitent les organisateurs qu’ils sollicitent à proposer des séjours de plus en plus thématiques, sportifs et ludiques et à monter en gamme. Auparavant, la position prépondérante prise par les comités d’entreprise sur le marché des séjours collectifs de vacances avait préservé la forme associative des organisateurs. En outre, cela avait sans doute facilité leur adaptation à l’évolution des années 1980 et 1990, car les achats groupés se faisaient encore de gré à gré avec les associations habituellement partenaires des comités.
    M. Patrick Drouet, évoquant l’achat de classes de mer et de colonies de vacances sur appel d’offres, explique que l’on est passé « d’une politique de négociation de gré à gré avec un maire de commune ou un responsable de comité d’entreprise à une politique de l’appel d’offres favorisant les moins-disant. La mairie de Paris est un gros acheteur de classes de découvertes et de colonies de vacances. Or, en 2011, elle arrive à acheter moins cher ses classes et ses séjours alors que la SNCF, l’alimentation et les coûts salariaux n’ont pas baissé.
    Ces procédures de marché font le jeu de quelques grands opérateurs à but lucratif, soucieux de la rentabilité de leurs investissements, qui ont établi une stratégie pour « écrémer » la partie la plus rentable du secteur des colos par une offre commerciale agressive, assise sur des réserves de trésorerie. Ils tentent de s’imposer sur le marché en cassant les prix et en jouant sur la disparition programmée de l’offre associative, dans l’espoir qu’une reconcentration à venir du secteur leur permettra, à terme, de dégager des marges commerciales.

    Les services de la DJEPVA constatent que la fragilisation des opérateurs associatifs, dans leurs activités d’organisateurs de vacances collectives, favorise leur remplacement par des opérateurs privés qui étaient auparavant très peu présents dans ce secteur d’activité. Désormais, ils sont considérés par l’Union européenne comme des acteurs économiques au même titre que les associations, dans un champ d’activité commun relevant du secteur concurrentiel, bien que les uns aient un but lucratif et pas les autres

    Je crois vraiment que la colo en tant que mode de garde massif, est voué à disparaître (de même que les assoc’ du secteur incapables de
    créer un business-modèle viable) (c’est déjà largement en cours :)
    En se professionnalisant, le marché se précise :
    Vont rester deux produits bien distincts : le produit de luxe accessible à une infime minorité de famille (ce qui est déjà le cas et l’enjeu
    des batailles du marché, avec comme référence vers laquelle tous lorgne : la stratégie Telligo !!) et le déplacement temporaire de populations
    gênantes (qui là est plus du domaine des mairies ; avec l’idée qu’une mairie de fait jamais rien qui ne puisse lui apporter bénéfice)
    Soit ici, le parcage d’été des “populations à risque”, dont il ne reste plus qu’à imaginer le pendant pour les adultes.
    Avec comme chien-chien du “pouvoir”, ces formidables animateurs…
    La question des enfants déshérités qui grâce aux colos pourraient partir en vacances : outre la question de la fragilité du “système Caf”, c’est
    une population détestable pour l’image de marque d’un vendeur qui veut toucher la population de “l’autre marché”. Et que les assoc’, sans le dire,
    éliminent peu à peu de leurs séjours : p’as bon du tout pour l’image de marque…

    De même, selon Mme Amsellem-Mainguy la fréquentation des colonies du mois d’août apparaît désormais risquée pour les parents parce que leurs enfants se trouveraient confrontés à de nombreux jeunes en situation personnelle difficile : « Au mois d’août, la fermeture des centres sociaux et d’une partie des foyers de jeunes conduit à envoyer les résidents en colos… Les jeunes d’un foyer sont envoyés par deux ou trois dans une colo qui en accueille d’autres, issus d’un autre foyer…. En résultent des problèmes de mixité sociale dans certains accueils collectifs ou certaines régions parce que les jeunes qui y vont sont les plus difficiles… Ils sont parfois 15 issus de foyers sur une colo de 40… »

    En simplifiant, on pourrait conclure, au vu des études concordantes publiées par l’OVLEJ, l’association Jeunesse au plein air (JPA) et l’UNAT entre 2005 et 2012, que le secteur économique des séjours collectifs de mineurs a répondu à la baisse de fréquentation et de durée des séjours de vacances en accentuant leur spécialisation, au point que ce secteur apparaisse désormais en voie de segmentation en trois catégories :

    – 1° des centres de loisirs pour les 6-12 ans pour les enfants des classes populaire et moyenne des milieux urbains ;

    – 2° des colonies de vacances d’été pour les plus pauvres de tous âges, qui ne partent pas en vacances familiales ;

    – 3° des courts séjours d’une à deux semaines pour les 13-16 ans issus de milieux favorisés qui n’ont pas restreint leurs dépenses de vacances ou issus de familles qui disposent encore d’aides au départ de la part de leur employeur.

    Constatant que cette segmentation des accueils était étroitement corrélée à la désaffection des séjours de vacances de plus d’une semaine, qui réunissaient auparavant les jeunes de classes d’âge et de classes sociales désormais séparées, la mission d’information a recherché les causes de cette désaffection.

    Dès lors, on comprend aisément que les parents qui en ont les moyens prennent des garanties pour éviter que leurs enfants se retrouvent dans ces situations et que la moindre allusion défavorable ou la moindre rumeur puisse dissuader un départ. Sans un net infléchissement de la fréquentation des séjours par un retour en colos des enfants de la classe moyenne, seuls survivront à la crise actuelle du secteur les séjours de proximité, les séjours spécialisés pour les publics entièrement pris en charge ou les séjours dont la fréquentation sociale est garantie par la nature des activités, la réputation de l’organisateur et le prix du séjour.

    Pour ce qui serait de la difficulté de ces pauvres vendeurs du secteur des colos … Déjà quelques chiffres :

    “10 % des organisateurs sont à l’origine de la moitié des 68 700 séjours déclarés. Parmi eux, 1 100 organisateurs planifient chaque année entre onze et cinquante séjours, ce qui correspond à une activité soutenue susceptible de mobiliser quelques salariés permanents sur l’année. 130 organisateurs assurent plus de cinquante séjours, soit 14 000 séjours au total

    La moitié des colos reviennent aux gros, dont voici un exemple au hazar :
    UCPA : 154 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel
    (j’aurais pus en prendre bien d’autres, comme Léo Lagrange…)

    Les sociétés commerciales ne représentent que 7°:° de l’offre “colo”

    Les associations organisatrices de séjours s’engagent dans une politique commerciale qui leur permet de s’affranchir en partie du soutien financier de l’État et des collectivités territoriales. Elles reprennent les techniques commerciales du secteur du tourisme. Elles captent et fidélisent une demande familiale de séjours sans déployer de réseau commercial propre, en éditant des catalogues qui vantent les activités pratiquées pendant les séjours tout autant que le cadre touristique qui les accueille.

    Cette adaptation consumériste de l’offre de séjours a permis aux associations de compenser, sur l’année, la baisse d’activité des centres de vacances d’été. La plupart des associations apparues dans les années 1930 ont poursuivi leurs activités jusqu’à aujourd’hui. Les effets des crises économiques successives à partir de 1973, sans être négligeables sur la fréquentation des colos, ont surtout atteint celles organisées par les comités des entreprises touchées par les restructurations industrielles, dans les secteurs du textile, des mines et de la sidérurgie.

    Evidemment, ceux qui ne seront pas s’adapter vont dispraître : mais c’est là logique : on est dans un marché concurentiel. C’est “la loi du marché”.
    La part du gateau diminu et il devient plus difficile de se goinfrer : la colo devenant financièrement inaccessible au plus grand nombre et
    les familles se méfiant (à raison !!!) de ce produit “colo”.
    Et évidemment que ces vendeurs ne sont pas des idiots : ils n’ont pas attendu pour diversifier leur gammes de produits (et se méfier d’un
    système basé sur les aides de la CAF, oh combien dangereux et fragile modèle économique) : si l’enfant en colo
    devient une denrée rare… où va cet enfant en état de vacances… Il va notamment avec ses parents en camping…
    D’où par exemple la stratégie de diversification par exemple de léo lagrange qui a son parc de villages vacances (qui ne sont que des campings en dure)
    , avec le club med cette fois comme Saint Modèle) Avec au passage, pour une même boîte, un même métier, un même travail, des animateurs quiu n’ont pas droit à un salaire (la colo) et les autres
    qui ont droit à minima au SMIC : le camping… Alors, est-ce quand une assoc’ vend de la colo, elle est gentille, et quand elle vend du séjour en
    camping, elle est méchante ?
    Vous êtes bien des idiots…

    Ces comparaisons de prix pourraient expliquer que, pour les familles qui doivent se résoudre à des arbitrages dans leurs projets de vacances, il soit plus économique de partir en vacances familiales que d’envoyer les enfants seuls dans une colonie de vacances. Le coût du séjour expliquerait que les enfants des ménages qui disposent de 1 000 à 2 000 euros nets par mois n’aient pas accès aux colonies de vacances. Le prix des séjours a d’ailleurs été désigné, lors des auditions conduites par la mission, comme la première cause de désaffection des séjours par la plupart des intervenants.

    Il est cependant apparu, au cours des débats, que cette hausse des prix pouvait être la conséquence récente d’une adaptation des organisateurs de séjours à de nouvelles conditions d’exercice de leurs activités. Ce n’est pas pour faire des bénéfices que ces organisateurs, pour la plupart sans but lucratif, relèvent les tarifs de leurs séjours. Ils y sont contraints par la segmentation du marché des séjours qui conduit à une montée en gamme de l’offre faite aux familles les plus aisées.

    Cette montée en gamme permet de dégager suffisamment de marge financière pour compenser, au moins en partie, la baisse de la fréquentation globale des séjours et couvrir les charges fixes de l’association organisatrice. Mais elle conduit à une spécialisation des organisateurs associatifs, les uns dans l’accueil de loisirs subventionné, les autres dans les séjours thématiques, et à une compétition commerciale de plus en plus rude entre ces derniers et les opérateurs commerciaux qui leur disputent la clientèle la plus solvable, qui est aussi la plus exigeante en matière de confort, de prestations et d’activités à la mode.

    Si les organisateurs de séjours de vacances se disputent les enfants des milieux aisés, c’est que ceux des milieux modestes désertent leurs séjours. Or, avant 1995, ces enfants y avaient accès. Serait-ce que le prix des séjours ait subitement augmenté à partir de 1995 ? Les facteurs de hausse des coûts avancés au cours des auditions, qu’il s’agisse des coûts d’encadrement ou des coûts d’entretien et de modernisation des centres de vacances, sont plus récents que la baisse de fréquentation. Ils ont pu accentuer cette baisse. Ils n’en sont pas à l’origine.

    Le repli des classes populaire et moyenne sur les séjours en centres de loisirs ou sur les vacances familiales serait moins dû, selon les organisateurs de séjours, à la hausse des prix qu’à la réorientation des aides sociales au départ en colonies. La diminution de ces aides directes et indirectes a augmenté le coût résiduel du séjour pour des familles qui n’ont plus les moyens d’envoyer leurs enfants en colonies sans une aide substantielle.

    Mai si les colos disparaissent, au delà de leur coup réservé aux plus riches et l’inadéquation avec l’attente des familles et des enfants
    (Parmi les grandes synthèses faites par l’OVLEJ, on trouve, dans son bulletin n° 15 d’avril 2005, les résultats d’une enquête comparative sur les perceptions et attentes des parents à l’égard des colonies de vacances, portant sur un échantillon représentatif des parents d’enfants âgés de 11 à 18 ans. La majorité des parents se déclare favorable aux colos. Parmi les objections au départ, les plus citées, par trois quarts des réponses, sont le refus de l’enfant, avant le prix des séjours et les craintes pour la sécurité des enfants ou le risque de mauvaises fréquentations.

    Serait-ce que les colos ne plaisent plus aux enfants ? Selon Mme Laurence Gilbert, membre du bureau du Syndicat national de l’éducation permanente, de la formation, de l’animation, de l’hébergement, du sport et du tourisme-Force ouvrière (SNEPAT-FO), les enfants sont en permanence immergés dans les structures collectives contraintes de l’école et des accueils périscolaires. Ils peuvent être désireux d’échapper à la discipline collective d’une colonie de vacances.

    : c’est pour une question de morale
    Parce que les vendeurs de séjours, quand ils auraient eu l’occasion de faire preuve de courage, pour ne pas trahir leurs beaux idéaux, on préféré
    sucer la queue du gouvernement d’alors (Chirac, Balladure, Sarko…)
    Plutôt que de refuser cette industrialisation des vacances des enfants, en étant aux côtés des animateurs-travailleurs… Ces vendeurs de séjours ont préféré
    le choix du profit, en baisant les animateurs-travailleurs via le CEE et ce système d’enculage de masse des jeunes travailleurs naïfs.
    Défendu par quelques animateurs plus vieux, eux, plus intéressés par l’assouvissement de pulsions en tous genres…

    Soit la création (l’institutionnalisation) du statut du travailleur précaire non salarié !!! Une logique industrielle jusqu’au boutiste : où le travailleur
    n’a même plus à être payé… Où tout est marchandise, jusqu’à l’humain.

    bien entendu que la colo est un produit de luxe : par la définition même de ce qu’est le luxe : accessible qu’à une minorité.
    Et ce prix élevé devient même une marque de garantie : celle que dans cette colo son enfant n’aura pas à cotoyer des “populations à risque”…
    Et ce business-plan est rentable, très rentable.
    Un lien (certes très long à lire) avec notamment des tableaux sur cette désafectation massive des colos :
    http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i1236.asp

    #27889
    moilapa
    @moilapa

    Déjà, un petit peu d’histoire tiré d’un RAPPORT D’INFORMATION

    À l’inverse, l’encadrement des colonies a cessé d’être bénévole dès les années 1930, lorsque les effectifs de colons ont dépassé les moyens des associations caritatives qui les organisaient. Les organisateurs ont recruté du personnel de service qui n’était pas formé à cette tâche et diminué les taux d’encadrement, un surveillant prenant en charge 30 à 40 enfants. L’État est intervenu à l’initiative notamment de Gisèle de Failly, pionnière de l’éducation active, pour autoriser le recrutement de jeunes moniteurs, en suivant le modèle proposé par le scoutisme et pour réglementer l’organisation et le taux d’encadrement des séjours.

    Lorsque le ministère de l’éducation nationale a lancé, à la Libération, sa politique de départ massif en colonies, les animateurs formés aux méthodes nouvelles ne pouvaient suffire à encadrer les centaines de milliers d’enfants réunis dans les centres en été. Le ministère a dû mobiliser le corps des instituteurs et prévoir l’indemnisation de leurs fonctions de moniteurs et de directeur de colonies, exercées pendant les congés scolaires. Le principe de cette indemnisation a été étendu en 1955 à tous les moniteurs et directeurs occasionnels recrutés par les associations qui organisaient les séjours.

    Du point de vue de la législation fiscale et sociale, cette indemnité n’était pas considérée comme un salaire. La réglementation des colonies de vacances a ainsi établi un régime intermédiaire entre le salariat et le bénévolat. Ce régime, qui perdure, a été fragilisé par le développement des accueils de loisirs, qui mêlent des employés permanents et occasionnels de statuts très divers. Le principe de cette indemnisation a été remis en cause en 1988 par les partenaires sociaux, lorsqu’ils ont conclu une convention collective nationale de l’animation socioculturelle.

    L’annexe II de cette convention a redéfini les conditions d’emploi et d’indemnisation du personnel pédagogique employé occasionnellement dans les centres de vacances et de loisirs. En étendant la convention collective aux animateurs et aux directeurs des centres d’accueil de mineurs, les partenaires sociaux ont éloigné leur statut du bénévolat et l’ont rapproché du salariat et donc du droit commun du travail.

    Pour tenir compte de la spécificité de ces emplois, qui exigent la présence continue des personnels auprès des mineurs qu’ils encadrent et s’accommodent d’une faible rémunération, l’annexe II de la convention a maintenu une rémunération faible. Mais elle a implicitement changé la nature de l’indemnité versée, devenue un salaire au forfait.

    Ce mode de rémunération, dérogatoire au droit commun du travail, et l’absence de temps de repos pendant la journée et la nuit d’activité, confirmée par l’annexe II, ont été contestés par l’inspection du travail et par les représentants syndicaux d’animateurs qui, rompant avec la conception de l’encadrement de colonies de vacances qui assimilait animation et volontariat, se sont portés en justice pour obtenir l’application, à leur situation, des règles communes du droit du travail, en matière de rémunération et de temps de travail et de temps de repos.

    M. Gilles Mondon, secrétaire général de l’UNSA Rhône-Alpes, ainsi que plusieurs autres intervenants, ont rappelé que les fonctions d’animateurs, exercées sans interruption ni repos, étaient très éprouvantes : « On a tous connu des animateurs revenant lessivés de 15 jours de vacances, le retour en voiture étant alors déconseillé. » Auparavant, ces conditions de travail conduisaient les organisateurs à recruter davantage d’animateurs qu’exigé par les seuils réglementaires. La hausse des coûts a eu raison de cette coutume.

    Mme Laurence Gilbert, membre du bureau du SNEPAT-FO, a souligné que, dans les conditions économiques actuelles, étant donné le taux de chômage des jeunes, « les animateurs sont tellement à court d’argent comme beaucoup de gens qu’ils sont capables de prendre n’importe quoi, à n’importe quel prix et dans n’importe quelle condition, y compris de ne pas dormir la nuit, il faut repenser tout cela ». Les organisations syndicales ont rappelé que les animateurs ne devaient pas être utilisés de façon abusive comme une main-d’œuvre bon marché et corvéable à merci pendant le temps du séjour.

    Le souhait légitime des représentants syndicaux des animateurs occasionnels des centres de vacances et de loisirs de professionnaliser leur statut et de leur offrir des postes et des conditions de travail répondant aux normes du droit commun du salariat a ouvert un conflit juridique et jurisprudentiel qui dure depuis 20 ans. Les réglementations successivement posées, par voie conventionnelle, légale ou réglementaire, pour améliorer le statut de ces personnels, tout en tenant compte de la spécificité des accueils de loisirs avec hébergement, ont été déférées devant les juridictions nationales ou européennes pour en accuser le caractère dérogatoire aux principes généraux du droit du travail.

    Selon M. Didier Jacquemain : « L’annexe II faisait un lien entre la durée du temps de travail mentionnée dans la convention collective et un équivalent des deux heures de travail effectif correspondant à la grille de rémunération de la convention. Comme les animateurs travaillent largement plus de deux heures en réalité, il a été facile de démontrer que cette correspondance ne tenait pas. »

    La rémunération forfaitaire d’une journée d’activité par un salaire correspond à deux heures de travail effectif. Or, pendant cette journée, le personnel pédagogique n’est pas seulement présent sur place, il est astreint à participer aux activités comme aux repas. Lorsque les mineurs accueillis sont hébergés, le personnel est supposé exercer sur eux une surveillance continue sans temps de repos. Rémunérer ces longues journées par un salaire équivalent à deux heures de travail effectif ne pouvait qu’être jugé illicite.

    La contestation a d’abord été portée devant la juridiction civile française. La chambre sociale de la Cour de cassation s’est prononcée en défaveur de la dérogation conventionnelle sur la rémunération forfaitaire des emplois occasionnels des centres de vacances et de loisirs. Renversant le régime administratif qui prévalait depuis 1955, la Cour a estimé, dans sa décision du 25 mai 1994, Association de gestion des centres de loisirs d’Arnage, que l’indemnisation forfaitaire de la journée d’activité d’un animateur par le paiement de l’équivalent de deux heures de travail effectif était illicite.

    Le forfait n’est que présomptif et un animateur qui estime avoir accompli plus de deux heures de travail effectif au cours de sa journée de présence a droit au paiement des heures « qu’il justifie avoir effectuées ». La Cour a ajouté en 1996 que « le caractère occasionnel de l’activité d’un salarié ne modifie pas la nature salariale des sommes », tout en concédant, en 1997, que le forfait d’indemnisation pouvait introduire une présomption irréfragable à condition que cette présomption ait été expressément mentionnée dans le contrat de travail de l’animateur.

    Le régime de la convention collective est ensuite apparu contraire à la définition légale du temps de travail posée par la loi n° 98-461 du 13 juin 1998 d’orientation et d’incitation relative à la réduction du temps de travail. Selon l’article L. 212-4 du code du travail, « la durée du travail effectif est le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l’employeur et doit se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer librement à ses occupations personnelles ».

    Enfin, le régime a été fragilisé par la jurisprudence de la Cour de justice des Communautés européennes qui s’est prononcée, le 9 septembre 2003, sur les temps de repos devant être accordés aux salariés astreints à des gardes. L’absence de temps de repos minimum et de compensation des temps de garde, dans le statut des employés occasionnels des centres de loisirs et de vacances, ne pouvait qu’être jugée contraire aux règles du temps de travail posées par la directive européenne n° 93/104/CE du 23 novembre 1993. En outre, la Cour a établi que les heures passées en temps de garde devaient être considérées comme du temps de travail effectif dans leur intégralité et ne pouvaient donc compter, même pour partie, comme un temps de repos. Enfin, s’agissant de l’indemnisation de ces heures, la Cour a imposé qu’elles soient toutes rémunérées, fût-ce à un taux horaire conventionnel dérogatoire.

    Cette triple remise en cause de la convention collective de l’animation a conduit le Gouvernement à rechercher une solution juridique qui mette les organisateurs d’accueils collectifs de mineurs à l’abri d’une requalification, par l’inspection du travail, des contrats d’emploi occasionnel passés avec les animateurs et les directeurs des centres et qui les mette aussi à l’abri de recours en justice pour le paiement des heures de travail effectuées au-delà des forfaits conventionnels.

    Le Gouvernement a d’abord demandé l’avis du Conseil économique et social. L’avis adopté le 28 juin 2000 fait état de divisions au sein du Conseil. Ce dernier reconnaît que le recours occasionnel à des non-professionnels, pour animer et encadrer les accueils de mineurs, est à la fois souhaitable, pour permettre à des centaines de milliers de jeunes de s’investir dans une expérience unique de socialisation et de prise de responsabilité, et indispensable, compte tenu de la saisonnalité de l’activité des centres. Mais il conteste que ces emplois occasionnels puissent échapper aux droits sociaux communs et au code du travail.

    À la majorité, les membres du Conseil considèrent « qu’il n’y a pas lieu de créer une catégorie intermédiaire entre bénévoles et salariés dans la branche qui conduirait à instaurer des mesures dérogatoires au code du travail et à la réglementation sociale en général ». Cette position, soutenue par les représentants des syndicats de salariés, a été contestée par ceux des associations et des employeurs, qui ont soutenu un autre texte proposant un volontariat social pour l’animation occasionnelle des accueils de mineurs.

    Un rapport d’information de notre ancien collègue Philippe Vuilque, sur les métiers de l’animation, déposé sur le bureau de l’Assemblée le 29 mars 2000, expose les problèmes que pose l’application du droit du travail aux personnels occasionnels de l’animation. Il évoque l’instauration d’un nouveau statut spécifique, celui de « jeunes animateurs volontaires stagiaires » ou JAVOS qui se substituerait en partie à l’annexe II de la convention collective de 1988.

    M. Vuilque invite cependant le législateur à ne pas s’en tenir à ce statut : « Le système issu de l’annexe II a vécu, plus personne ne le défend. Pour autant, il n’est pas envisageable de s’en tenir, pour le remplacer, au mécanisme JAVOS. » Il invite aussi les partenaires sociaux à renégocier la convention collective pour substituer au mode de rémunération forfaitaire un système d’équivalence entre le temps de travail effectif et le nombre d’heures indemnisées.

    Ce n’est qu’en 2005 que le Gouvernement, faute d’accord collectif sur une nouvelle convention, s’est finalement résolu à proposer un nouveau statut de l’animation occasionnelle. Écartant l’application d’un volontariat aux emplois occasionnels des centres d’accueil de mineurs, la loi n° 2006-586 du 23 mai 2006 relative au volontariat associatif et à l’engagement éducatif crée un nouveau contrat inspiré du statut des éducateurs et des aides familiaux.

    Ce contrat d’engagement éducatif, tout en poursuivant dans la voie ouverte par la convention collective, vers une professionnalisation et une intégration des emplois occasionnels de l’animation dans le droit du travail, devait éviter que l’application stricte des règles générales de ce droit n’entraîne un renchérissement du prix des séjours de vacances et des accueils de loisirs, préjudiciable non seulement à leur fréquentation mais aussi à leur mixité sociale.

    Ce contrat devait aussi accorder une reconnaissance légale à la notion d’engagement éducatif au service des mineurs, dans le cadre d’un projet pédagogique. Cette reconnaissance était susceptible de justifier juridiquement les dérogations aux principes généraux du droit du travail, par une sujétion consentie par le salarié en contrepartie d’une œuvre d’intérêt général. En quelque sorte, il s’agissait de reconnaître une forme de dévouement généreux, distincte à la fois de la sujétion et de l’indemnisation salariales.

    La loi de 2006 a introduit, dans le code du travail, un article L. 774-2. Cet article a été déplacé par une ordonnance de codification de 2007 dans le code de l’action sociale et des familles et divisé par les articles L. 432-1 à L. 432-4. Il prévoit que les personnels pédagogiques des centres reçoivent un salaire minimum journalier, fixé par décret par référence au SMIC, dans la limite de 80 jours par an. Il prévoit aussi que la durée du travail de ces emplois occasionnels est fixée par une convention ou un accord de branche étendu et, qu’à défaut, le salarié bénéficie d’un repos hebdomadaire de 24 heures consécutives. Il renvoie à un décret les modalités de décompte du temps de travail et de vérification de l’application de ces dispositions par l’inspection du travail.

    Le décret d’application n° 2006-950 du 28 juillet 2006 a été attaqué devant le Conseil d’État par un syndicat représentant des animateurs de l’Isère, l’Union syndicale solidaires Isère. Le requérant demandait que les heures de travail effectif soient rémunérées au SMIC et que le titulaire d’un contrat d’engagement éducatif bénéficie d’un temps de repos quotidien de 11 heures, en application de la directive européenne du 4 novembre 2003.

    Dans sa décision du 2 octobre 2009, le Conseil a rejeté la plupart des demandes du requérant mais sursis à statuer sur le repos quotidien devant être accordé aux salariés sous contrat d’engagement éducatif, demandant à la Cour de justice de l’Union européenne de se prononcer sur l’application à ce contrat des garanties offertes par la directive sur le temps de travail.

    La Cour, dans son arrêt du 14 octobre 2010, a estimé que ces garanties devaient s’appliquer au contrat d’engagement éducatif et que seules des activités spécifiques de la fonction publique ou des services de protection civile pouvaient bénéficier d’exemption. Dès lors, les salariés sous contrat d’engagement éducatif dans les centres de vacances et de loisirs se sont vus reconnaître un droit à repos quotidien de 11 heures, susceptible toutefois d’être compensé par un repos hebdomadaire équivalent, afin de maintenir une surveillance permanente des mineurs hébergés pendant la nuit.

    L’argument selon lequel ces employés occasionnels pouvaient échapper au droit commun du temps de travail posé par la directive, parce qu’ils ne seraient pas salariés mais engagés volontaires, a été écarté par la Cour au motif que la notion de salarié est une notion autonome du droit européen, qui s’impose aux législations nationales et repose sur le constat objectif d’une subordination consentie en contrepartie d’une rémunération, quel que soit le nom donné à cette subordination conventionnelle.

    La décision de la Cour confirme l’intégration du contrat d’engagement éducatif dans le droit général du travail. Elle précise les conditions d’octroi et de compensation des temps de repos aux animateurs. Ces conditions posées ont beaucoup inquiété les associations organisatrices de séjours, qui ont craint de devoir doubler les équipes d’encadrement.

    Pour répondre à ces inquiétudes, le Gouvernement a mis en place, le 19 septembre 2011, un groupe de travail réunissant les représentants des ministères, des organisateurs associatifs et privés de séjour, des comités d’entreprise et des collectivités territoriales, sous la présidence de M. André Nutte, inspecteur général des affaires sociales honoraire.

    Avant même que ce groupe de travail ne rende ses conclusions, le contrat d’engagement éducatif a été modifié par un amendement parlementaire introduit dans la loi n° 2012-387 du 22 mars 2012 relative à la simplification du droit et à l’allégement des démarches administratives. À la place du repos hebdomadaire de 24 heures prévu par la loi de 2006, l’amendement accorde au titulaire, conformément à la jurisprudence, un repos quotidien de 11 heures consécutives mais prévoit que ce repos puisse être reporté dans des conditions fixées par décret. Le décret d’application du 26 avril 2012 module le report du temps de repos selon la durée du séjour et autorise son fractionnement par périodes de quatre heures.

    De l’aveu des organisateurs de séjours comme des organisations syndicales, avec ce dernier aménagement réglementaire, le contrat d’engagement éducatif est devenu un monstre juridique inapplicable, qui place les organisateurs de séjours et les animateurs dans une insécurité juridique qu’il avait pour but d’éliminer. Il a en outre des conséquences négatives sur l’ensemble du secteur de l’animation au point que son abrogation paraisse désormais inéluctable.

    Une étude, réalisée par le cabinet Agires, à la demande de l’UNSA Rhône-Alpes, permet de prendre la mesure de ces conséquences à l’échelle du territoire d’une région. L’étude met en évidence l’impact de la réglementation des temps de repos sur le coût des séjours. Les effectifs des animateurs doivent augmenter de 10 à 80 % selon que l’organisateur applique le repos compensateur quotidien et met en place des équipes doubles, l’une le jour et l’autre la nuit, le départ des animateurs et l’arrivée de veilleurs de nuit étant source de perturbation pour les jeunes hébergés.

    Selon Mme Elsa Régent-Pennuen, auteure du rapport d’Agires, « l’augmentation moyenne de la masse salariale est estimée à 20 % environ, se traduisant par une augmentation du coût des séjours de 7 à 45 %, selon le mode de repos compensateur choisi et la capacité des structures d’absorber le coût. Certaines disposent d’autres activités qui sont plus rentables et leur permettent de compenser le surcoût des séjours de vacances ».

    M. Jacques Pittion a expliqué que ce comité avait pris le parti, dès le mois d’avril 2012 et avant même la parution du décret, d’appliquer de manière stricte le droit du travail et d’anticiper sur les articles L. 432-2 et L. 432-4 du code de l’action sociale et des familles : « Nous rémunérons les moniteurs bien au-delà de 2,2 fois le SMIC journalier puisque nous les rémunérons 55 % de plus. 2,2 fois le SMIC journalier, cela fait 20,75 euros brut par jour, alors que nous les rémunérons 32,22 euros brut, au prix d’un effort financier. Nous leur accordons un repos compensateur pris pour partie sur site et pour partie à l’issue du séjour, conformément à la réglementation.

    « Nous avons même été au-delà puisque le droit du travail impose la prise différée d’un repos compensateur sans toutefois prévoir qu’il soit rémunéré. Le comité d’entreprise a estimé qu’il était normal de payer intégralement aux moniteurs le repos compensateur différé, au même tarif. La réforme du CEE qui a augmenté la rémunération des animateurs et nécessité 30 % d’embauches complémentaires dans nos centres de vacances d’été, pour compenser la prise de repos compensateur, a provoqué une hausse de 19,3 % de la masse salariale de l’encadrement de colonies de vacances, qui a été intégralement prise en charge sur les fonds propres du comité d’entreprise. Il n’y a pas eu d’augmentation des frais de séjour pour les familles. »

    La durée et l’organisation de certains séjours sont affectées par ce changement réglementaire. Des mini-camps, des séjours de moins de 24 jeunes, qui ne franchissent plus le seuil de rentabilité, relevé par l’augmentation des équipes d’encadrement, sont annulés. Des séjours de deux semaines passent de 14 à 13 jours, ceux d’une semaine à quatre nuits pour permettre un report du temps de repos en fin de séjour. Plus grave encore, les temps de repos, prescrits par le régime du contrat d’engagement éducatif et répartis par les organisateurs du séjour, ne sont pas respectés par les animateurs, qui s’en tiennent aux anciens usages coutumiers de leur fonction, selon lesquels les animateurs se doivent de rester au service des enfants jour et nuit, sans interruption.

    M. François Vercoutère témoigne que, sur le terrain, les temps de repos ne sont pas respectés : « Les directeurs de centre que j’ai appelés m’ont dit qu’ils ont continué à faire comme auparavant quand l’ambiance d’équipe fait que les choses fonctionnent bien, en espérant qu’il n’y ait pas d’accident et qu’aucun n’aille aux prud’hommes à la fin du séjour pour se plaindre de n’avoir pas eu ses heures de récupération. Le renchérissement du coût des heures à payer ou les suppléments d’embauche à faire ne sont pas admissibles. Certains directeurs ont recruté des emplois aidés, ce qui n’est pas mieux. »

    Le principal argument justifiant l’instauration de ces temps de repos est d’éviter qu’un excès de fatigue ne conduise les animateurs à manquer de vigilance, à mésestimer des risques ou bien à profiter des veilles nocturnes pour faire la fête et perdre de vue leurs responsabilités. M. Francis Gabriel, représentant de la CFDT au comité d’entreprise de l’Union française des centres de vacances (UFCV) explique : « Les 11 heures de repos ne peuvent pas être fractionnées, c’est inconcevable, elles ont été définies parce que c’était un besoin pour la sécurité des enfants comme des équipes d’animation. C’est ce qui permet d’oublier ce qui a fait la légende des colos. Les phases de déresponsabilisation ou de régression où l’on oublie qu’on est des adultes sont des conséquences directes du manque de repos. En outre, l’interdiction de travailler pendant les 4 jours de la fin du séjour n’a pas de sens pour un occasionnel qui a besoin d’argent. Le repos doit donc être donné sans être fractionné, afin d’assurer la sécurité des équipes comme des enfants. »

    La jurisprudence définit précisément le temps de repos d’un salarié qui doit quitter son lieu de travail pour vaquer à ses occupations. Comment quitter la nuit un centre de vacances installé en montagne ou en bord de mer pour rejoindre un domicile qui se trouve à l’autre bout du pays ? Si les animateurs restent sur place et qu’un incident survient, leur responsabilité peut être engagée, celle du directeur de centre et de l’organisateur aussi, alors qu’un grand nombre d’animateurs sont eux-mêmes mineurs.

    Des organisateurs de séjours, des directeurs de centres mettent en place des temps de repos conformes à la réglementation mais inapplicables en pratique et s’exposent à un recours devant les prud’hommes. Non seulement le nouveau régime du contrat d’engagement éducatif manque son but, puisque les temps de repos ne sont pas pris dans les colonies, mais il place les cadres dans une position de double insécurité juridique. À celle liée aux temps de repos pris sur place s’ajoute celle liée aux temps de repos pris à la fin du séjour.

    Selon M. René Bouillon : « les repos compensateurs qui permettent de faire tourner les équipes allongent la durée du contrat d’animation au-delà du séjour de vacances, ce qui empêche les animateurs d’enchaîner les séjours. Les jeunes y vont quand même en ne déclarant pas qu’ils sont encore en contrat. Deuxième illégalité, qui est une infraction pénale perturbante et inquiétante pour la qualité de nos séjours, le CEE étant un contrat de travail, un jeune en contrat à durée indéterminée ne peut pas le souscrire pendant ses congés payés, alors que c’était toléré par l’annexe II de la convention collective de 1988. »

    « Les fonctionnaires qui souhaitent s’engager dans une colonie de vacances obtiennent une autorisation de leurs supérieurs hiérarchiques. Les employeurs privés ne peuvent se permettre d’accorder ce genre d’autorisation. Les animateurs des centres sociaux ne peuvent plus participer à des séjours pendant les vacances. Cela nous inquiète en tant qu’organisateurs. Nous embauchons malgré nous des gens qui sont dans ce cas ; c’est un préjudice réel ».

    Le CEE a introduit des distorsions de concurrence entre les organisateurs de séjours. Selon Mme Elsa Régent-Pennuen : « la concurrence déloyale des organisateurs n’est pas marginale entre ceux qui appliquent la réglementation et ceux qui ne le font pas ».

    Un contrat d’engagement éducatif peut être conclu par une association comme par une collectivité territoriale ou une société commerciale, organisatrices d’un accueil collectif de mineurs. Il est parfois abusivement utilisé par des employeurs à but lucratif qui utilisent une main-d’œuvre occasionnelle devenue bon marché plutôt que des salariés permanents, puisque le contrat d’engagement éducatif bénéficie d’un régime forfaitaire de cotisations sociales qui exclut celles pour le chômage et la retraite.

    Pour éviter l’éviction des salariés sous contrat de droit commun par des salariés en CEE, l’article D. 432-1 du code de l’action sociale et des familles précise toutefois qu’un contrat d’engagement éducatif ne peut être conclu avec « les personnes physiques qui animent quotidiennement les accueils en période scolaire » ou celle qui « anime ou gère à temps plein ou à temps partiel » un accueil collectif de loisirs ou de vacances et qui « peut être amenée au titre de ses fonctions à assurer l’encadrement d’un accueil ou d’un stage destiné aux personnes engagées dans un cursus de formation ».

    L’affaire des temps de repos du contrat d’engagement éducatif a agi en 2012 comme un révélateur du malaise qui s’est emparé du secteur associatif des colonies de vacances, en raison de la désaffection des séjours de vacances. Il est cependant possible que la fréquentation des séjours se stabilise, que les organisateurs associatifs qui possèdent encore des centres de vacances parviennent à les mettre aux normes et à financer les surcoûts de l’encadrement des séjours sans relever leurs prix dans des proportions qui les rendraient définitivement prohibitifs. Pour autant, il est probable que la crise s’accentue, substituant à un modèle de séjours associatifs fréquenté par des enfants et des adolescents des classes moyennes, trois modèles alternatifs :

    – l’un réservé à la prise en charge caritative des vacances d’été des enfants pauvres et des jeunes de banlieue ;

    – l’autre fait de mini-camps de quelques nuits passées dans les environs de la commune de résidence et, plus souvent, dans le centre de loisirs ;

    – le troisième composé de séjours commerciaux de loisirs et de tourisme, réservés aux jeunes issus de milieux aisés et à la clientèle des comités d’entreprise.

    #27910
    balthazaar
    @balthazaar

    Donc tu souhaites que les animateurs qui ne font pas ce travail toute l’année soient moins bien traités que les autres? C’est clair que ça ne va pas être facile à assumer. Quoi que tu dis ça avec détermination, tu sais que tu as les grosses associations du pays avec toi, tu n’as pas grand chose à craindre.

    Une proportion assez importante continue ensuite. 80 % des animateurs qui ont un brevet ou diplôme professionnel ont débuté par le BAFA ( sources jeunesse et sports).
    Correction : une proportion très faible continue ensuite. Si les gens qui font une carrière dans les métiers de l’enfance ont souvent débuté par le BAFA, une majorité de gens qui passent le BAFA passent rapidement à autre chose.

    J’ai failli oublier les assos qui s’en mettent pleins les poches
    C’est à dire que tout le monde sait que cette phrase précise est fausse. Les associations ne s’en mettent pas plein les poches.

    En revanche il s’agit d’un marché, les vacances des enfants c’est même beaucoup plus qu’un marché, c’est un secteur économique énorme. Les chiffres rapportés par Shaaa plus haut parlent d’environ 130 000 animateurs salariés et environ 500 000 qui sont en CEE.

    Il y a des associations qui coulent. Il y a aussi des associations qui se créent.
    Chaque année, certaines mettent la clé sous la porte en liquidation judiciaire. Bien entendu cela fait que certaines personnes vont pointer au pole emploi.
    lol
    Bienvenue dans le monde de l’économie de marché. Seuls les plus batailleurs resteront. A la fin naturellement, deux ou trois gros requins se partageront le secteur.

    Des gens iront à pôle-emploi…! Dans mon secteur je vois des offres d’emploi de 10h par semaine payées en forfait journée ou en CEE à 30 euros/jour. On devrait pleurer parce que ces employeurs-là seront au chômage?

    #27912
    XXYYZZ
    @xxyyzz

    Hou la la beaucoup de choses dans ce sujet. :-o
    Il y a de quoi s’y perdre.

    Je vais essayer d’apporter mon grain de sel. :-D

    Animateur professionnel et occasionnel

    A mon sens un animateur professionnel travaille toute l’année dans l’animation. il en vit.
    Pour eux il est juste et normal qu’il soit rémunéré comme touts salariés.
    D’ailleurs dans les ACM organisés pat les municipalités ou associations para municipales de nombreux personnes salariés à l’année, travaillent en colos. Dans plusieurs communes de La Réunion, c’est le cas de l’immense majorité des directeurs.
    Ceci indépendamment du diplôme qu’ils ont.
    Ensuite i l y a les animateurs “occasionnels’ engagés uniquement pour l’ACM. Ces personnes ne vivent pas de l’animation. ce sont souvent des étudiants, des lycéens qui veulent se faire un peu d’argent de poche.
    Lorsque j’avais 18 ans j’ai fait cela car j’ai préféré les colos au travail des champs ou à la poste.

    Au risque de choquer certains je pense qu’il est logique que ces personnes aient un statut différents des autres. ils ne vivent pas de cela.
    d’un coup j’ai peur :lol:
    Donc le CEE doit exister je vous en prie ne me taper pas); mais être réserver aux ACM pendant les vacances scolaires.

    Certes il peux être amélioré, un exemple, parmi d’autres: il faut augmenter l’indemnité minimale des directeurs occasionnels.

    Sur les motivations des adultes;

    D’accord pour dire que l’acte gratuit n’existe pas ( ou très très rarement, mon coté bisounours).
    Lorsque j’entends un homme politique prétendre qu’il se présente à une élection pour servir la population ou parce que ses amis lui ont demandé, cela me fait rire doucement. je pense qu’il faut être naïf pour le croire.
    Pour les animateurs occasionnels certains pour se faire un peu d’argent de poche, d’autres pour rencontrer une personne du sexe opposé, d’autres pour être dans une bonne ambiance, d’autres pour avoir un certain pouvoir; j’en oublie certainement.
    Mais cela n’empêche pas la plupart de faire du bon boulot sur le terrain.
    Une proportion assez importante continue ensuite. 80 % des animateurs qui ont un brevet ou diplôme professionnel ont débuté par le BAFA ( sources jeunesse et sports).

    Ensuite la qualité des colos

    D’abord il est faux de dire qu’elles sont réservées aux privilégiés.
    La classe la plus absente est la classe moyenne.ceci à cause des coùts Les parents qui ont les moyens peuvent envoyer leurs enfants . Ceux qui en ont très peu ont des aides de la part des organismes sociaux.
    Il y a 2 ou 3 ans un député avait proposé une aide de 200 € pour les colos réservée aux classes moyennes. Quelle levée de boucliers contre lui. :cry:

    je pense que ce type de garderie
    enfants est l’un des plus dangereux qui soit
    pour les mômes !
    Voir le post “colo et secte”
    Les colos sont une aberration qui ne devrait
    plus exister :

    J’en ai entendu des conneries dans ma vie; mais je crois que celle la bats des records.
    On se croirait revenu dans les années 50.

    Pour certains enfants cela permets de se faire des amis, des camarades, d’acquérir une certaine autonomie, d’apprendre à respecter les autres, de découvrir des activités qui ne peuvent pas pratiquer chez eux, parfois c’est la qu’à lieu le premier baiser.
    Dans la majorité des cas les enfants ressortent enchantés de leurs séjours; à part quelques exemptions bien sur.
    Mais certains pseudos intellos, préfèrent” se boucher les yeux” pour satisfairent leurs égos.

    Bien entendu cela

    J’ai failli oublier les assos qui s’en mettent pleins les poches

    Voila encore une idée reçue qui ne collent pas avec la majorité des associations;

    Chaque année, certaines mettent la clé sous la porte en liquidation judiciaire. Bien entendu cela fait que certaines personnes vont pointer au pole emploi. Mais bof! moins d’ enfants en danger ! :jump2:

    Allez bye pour ce soir.

    #27913
    balthazaar
    @balthazaar

    @Anfodico
    Et j’aimerais bien savoir si “traiter les gens comme n’importe quel salarié” ça signifie arrêter de vivre un séjour complet avec les enfants au bénéfice d’une succession entre plusieurs équipes d’animateurs, ou si d’autres idées existent.
    Alors, vite fait, plutôt ok avec moilapa sur la disparition des colos. J’avais participé à la description des aspects troublants ou même quasi-sectaires des colos.
    Je suis plus réservé car je sais aussi que des séjours, des nuitées… peuvent être organisés avec les familles ou avec les enfants, les ados. Bref ce n’est pas parce que le mode de séjour majoritaire aujourd’hui m’apparaît mauvais que je voudrais enterrer toute forme de départ pour toujours.

    Arrêter de vivre un séjour complet avec les enfants, oui biensûr. Mais il ne faut pas focaliser sur cette idée car elle est très fausse. Actuellement en séjour les enfants sont déjà encadrés par plusieurs personnes. C’est le contraire qui serait plus inquiétant. La présence pédagogique continue n’est pas réelle aujourd’hui, les enfants vont déjà d’un animateur à l’autre pendant toute la journée.

    Il reste aussi ce besoin de se retrouver sans les parents, sans adulte, pour pouvoir déconner, faire des choses secrètes à leurs yeux. Ok. Je ne suis pas convaincu que la colo soit la première place pour ça. Le camping, oui, c’est pas mal (histoire de prendre un peu le contrepied…) Ou même simplement passer du temps chez des proches ou des amis.
    La famille, c’est important.


    @moilapa

    Les colos ne sont plus que produits de
    consommation. Très majoritairement pour les
    enfants de privilégiés.

    Quand elles sont un produit de consommation, c’est possible. En revanche j’ai connu des organisateurs qui font leur beurre sur le dos des politiques dites sociales, les démarches qui visent à envoyer les jeunes loin des centre-villes pendant les vacances. Les entreprises de vacances d’enfants et les politiques s’y retrouvent. Les animateurs et les enfants non, car humainement on ne gagne rien à concentrer la misère, même à 100m d’une plage.


    @Anfodico

    Par contre, une mairie, un comité d’entreprise, un centre socioculturel municipal, ça ne me semble pas franchement être des boîtes à fric, si ?
    Qu’importe, l’effet est bien là. Ils parviennent à se comporter comme des employeurs qui profitent des jeunes employés.

    on peut difficilement les accuser de rentrer dans une démarche marchande et concurrentielle.
    Pas de concurrence car dans un lieu donné il n’y a qu’un seul centre de loisirs à la fois. Concurrence car il y a des marchés publics, des dépenses à rationaliser et donc des candidats à mettre en concurrence pour prendre le moins-disant.
    Maintenant dans les mairies on peut commencer un entretien par “quelles sont vos prétentions salariales?”

20 sujets de 21 à 40 (sur un total de 168)
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.
2
0
color
https://www.planetanim.fr/wp-content/themes/blake/
https://www.planetanim.fr//
#febf42
style1
paged
Chargement en cours
/home/www/planetanim/wordpress/
#
on
none
loading
#
Trier la galerie
https://www.planetanim.fr/wp-content/themes/blake
on
yes
yes
off
off
off